Killjoy 2: Deliverance From Evil (2002)

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Killjoy 2: Deliverance From Evil

(2002)

 

People need to get more fun out of death.

 

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Le moins que l’on puisse dire c’est que Killjoy premier du nom n’était pas vraiment un chef d’œuvre impérissable. Malgré tout le film dû être suffisamment rentable pour que Charles Band en commande une suite, avec pour seule condition qu’elle soit aussi cheap que possible afin qu’il puisse en tirer un minuscule bénéfice, aussi insignifiant soit-il. Et ainsi Killjoy 2: Deliverance From Evil accomplit l’exploit d’être encore plus misérable et mal foutu que son prédécesseur, limite incompétent sur le plan technique et dépourvu du moindre scénario. En gros voilà du shot on video tourné à l’arrache dans la forêt avec un simple caméscope et une dizaine d’acteurs au total. Inutile d’incriminer Big City Records cette fois puisque c’est une autre compagnie qui a gérée l’affaire, Tempe Entertainment, elle aussi commanditée à l’époque pour fournir la Full Moon en petits direct-to-video de remplissage (Hell Asylum, Jigsaw, Witchouse 3).

 

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L’un des membres les plus importants de l’entreprise c’est J.R. Bookwalter, réalisateur du sympathique The Dead Next Door qui dépannait régulièrement Charles Band à l’époque sur tout un tas de postes. Ici on le retrouve sans surprise au générique en tant que producteur même si sa contribution à dû se limiter à bien peu de choses vu l’ampleur du projet. Il en confit les rennes à l’une de ses protégées, Tammi Sutton (elle jouait “crack whore” dans Horrorvision et fit de la figuration non crédité au générique de Spider-Man), qui va torcher le soi-disant script en deux jours avec l’aide d’un collègue et s’occuper de la réalisation, ce qui à l’écran ressemble plus à de l’improvisation qu’autre chose. Ces propos peuvent paraitre durs mais les responsables ont fourni bien moins d’efforts et d’idées que dans Killjoy 1, aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, et on trouvera difficilement un production plus paresseuse. A part peut-être un Camp Blood.

 

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L’intrigue se déplace du ghetto à la campagne en un point de départ similaire à celui de Ticks. Il est là aussi question de jeunes délinquants contraints de se mettre au vert dans le cadre d’un programme de réhabilitation, partant rénover un camp de vacances situé dans la forêt. Seulement cette fois la petite troupe n’atteindra jamais sa destination, son van tombant en panne en pleine nuit. Perdu, le groupe part à pieds en espérant trouver de l’aide et tombe sur une vieille bicoque apparemment inhabitée. La logique voudrait qu’ils s’y installent et découvrent un grimoire maléfique, mais ce n’est pas du tout ce qui se passe. A la place ils attendent à l’extérieur au cas où le propriétaire fasse son apparition, et lorsque l’un d’eux fini par entrer par effraction à cause du froid, il y trouve une redneck armée d’un fusil qui va lui tirer dessus ! Celle-ci est abattu en retour par le moniteur, un rien gangsta lui-même, et tout le monde s’enfuit.

 

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La bande va trouver refuge dans une autre maison isolée où réside une gentille sorcière vaudou qui va s’occuper du blessé, et si personne croit vraiment à la magie noire, l’un des personnages connait quand même l’histoire de Killjoy, qui est présenté comme un mauvais esprit. S’il est étrange de voir les faits être apparentés à une vieille légende urbaine comme si une bonne décade séparait les deux films, cela permet au moins d’expliquer comment le clown tueur fait son retour: l’un des voyous va l’invoquer en espérant qu’il puisse sauver son pote grâce ses pouvoirs. Manque de bol non seulement le garçon meurt, mais en plus le croquemitaine compte maintenant tuer tout e monde… Il faut quand même attendre la 38ème minute pour en arriver là, rien d’importance ne se déroulant entre temps, et on se retrouve aux limites de la provocation lorsque l’unique scène de sexe du film est coupée par une ellipse, ne montrant donc absolument rien.

 

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Mais comment être surpris alors que l’antagoniste n’a même pas droit à une introduction digne de se nom, un build up progressif jusqu’à sa révélation ? Le Killjoy original s’y était employé malgré ses faibles moyens. Ici le personnage débarque comme ça, tout bêtement, en marchant à la rencontre de sa première victime comme n’importe quel péquenaud. C’est l’énergique Trent Hagaa qui remplace Ángel Vargas dans le rôle, et au moins celui-ci semble déterminé à nous divertir. Il faut dire que le gaillard est une véritable roule libre dans la vraie vie, bien connu pour ses frasques puériles qui valent bien celles des mecs de Jackass, et son amour pour le cinéma indépendant lui a valu de participer à de nombreuses petites productions à faible budget, tant devant que derrière la caméra, notamment chez la Troma. Très dynamique, il n’hésite pas à en faire des caisses à la manière de son prédécesseur, bien aidé par un maquillage réussi.

 

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On y retrouve le costume improbable, la coiffure délirante et le visage grimé, encore plus maléfique qu’avant et trahissant sa nature démoniaque. Cependant si l’acteur fait ce qu’il peut, le voir déambuler comme ça dans la forêt, sans grands artifices, donne l’impression que Killjoy est aussi paumé que les autres protagonistes. Pensez ce que vous voulez du hangar vide du premier opus, au moins il servait au moins de repère secret et contenait pièges et accessoires. Le fait est qu’ici, le clown n’a même pas de véritables motivations pour commettre son massacre. Au moins en possédant Michael, il avait sa revanche à prendre sur des gangsters et tentait de séduire l’héroïne. Là il n’est plus qu’un Freddy Krueger du pauvre agissant directement dans la réalité, sans règles ni objectifs, et la plupart de ses crimes ne bénéficient pas de grands effets spéciaux, rendant tout ce spectacle bien ennuyeux.

 

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Il mime un égorgement qui se réalise sur la personne-cible et contrôle télépathiquement le bras d’un type armée d’un couteau, le forçant à se lacérer son propre visage. Quand une fille se cache dans une cabane de toilette, il retire son dentier à crocs pointus et l’y balance par un espace pour la dévorer vivante. Un meurtre créatif sur le papier mais loin d’être fun à l’écran puisqu’il faut se contenter de quelques bruitages et d’un gadget marrant. Finalement seul le meurtre de la pompe à eau vaut le coup d’œil puisque présentant quelque chose: un mec est projeté contre le système hydraulique, se retrouvant transpercé de tuyaux qui lui sortent du crâne et de la poitrine tandis que son sang coule du robinet de distribution quand Killjoy l’active. Rien de bien spectaculaire mais si le reste avait été de ce niveau, le film aurait rattrapé quelques uns de ses défauts et ne souffrirait pas d’une aussi mauvaise réputation. En l’état il faut vraiment chercher pour lui trouver la moindre valeur.

 

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Citons quand même cette scène amusante où la final girl s’empare d’un grimoire en récitant des sortilèges au pif dans l’espoir de bannir le démon, lequel baille et s’installe confortablement sur un canapé en attendant qu’elle termine. “Boring !” s’écrit-il, tandis que la jeune femme lui répond en tendant le majeur bien haut. Et quand subitement le moniteur qui avait flingué la redneck revient jouer les héros après avoir totalement disparu, le clown regarde sa liste de victime en se demandant qui il est. Les séquences situées en ville sont ponctuées d’une plaisante musique façon blaxploitation et le lancé de verre d’eau bénite à la face de l’antagoniste est tellement soudain et filmé platement qu’il en devient hilarant. Malheureusement tout cela n’intervient que dans les dernières minutes et on pourra trouver le temps long d’ici là, et ce même si la chose ne dure qu’1h12 une fois amputée du générique de fin.

 

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Mais bon, a quoi fallait-il s’attendre vu le contexte ? Shooté en huit ou neuf jours dans les bois voisins, le film est laborieux à tous les niveaux et il faudra déjà supporter les insupportables prises de sons directes qui sont parfois inaudibles en raison du vent ou de la circulation routière. La conclusion est tellement expédiée qu’elle semble avoir été inventée sur place par manque de temps et / ou d’argent (l’héroïne s’évanouie et, à son réveil, un flic sorti de nulle part lui tend un téléphone portable d’où appelle sa maman, les moniteurs la ramenant dare-dare au bercail). Killjoy 2: Deliverance From Evil est tout simplement chiant et nul, faisant même honte à son modèle bien qu’il soit appréciable d’y retrouver Debbie Rochon dans un rôle qui ne lui demande même pas de se déshabiller. Et ce n’est pas parce que le vilain à droit à son propre theme song au générique de fin que les choses sont pardonnées ! Bien évidemment, le succès ne fut pas vraiment au rendez-vous.

 

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Charles Band ressuscitera pourtant Killjoy huit ans plus tard à la surprise générale, toujours avec Trent Hagaa dans le rôle, pour un troisième opus pour le coup franchement réussi qui relança la franchise. Suivirent Killjoy Goes to Hell et Killjoy’s Psycho Circus, qui forment une sorte de mini trilogie abandonnant le côté hoodsploitation jusqu’ici revendiqué au profit d’un univers de série B plus coloré et généreux. Sans dire que cela vaut le coup de regarder Killjoy 2 pour en profiter, ceux qui en auront fait l’expérience se sentiront quand même récompensé par ce soudain changement. Du reste, permettez-moi de conclure avec une citation d’un utilisateur de l’IMDB qui, je pense, a le mérite d’être plus intéressante que le film lui-même: “Just remember; if a flaming homosexual clown with a huge black afro tries to bore you to death with gay jokes (and attempt to kill you at the same time), just throw some water at him. Case closed.

 

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