Bloody Murder 2: Closing Camp (2003)

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Bloody Murder 2: Closing Camp

(2003)

 

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Il n’y avait strictement rien dans Bloody Murder premier du nom qui puisse justifier l’existence d’une suite. Et pourtant, trois ans plus tard, nous y voilà. Exit Ralph E. Portillo, le réalisateur, parti continuer sa carrière vers d’autres horizons tout aussi fauchés, et pour le remplacer les producteurs embauchent un Rob Spera au CV un peu plus convaincant: Leprechaun 5, Witchcraft et quelques épisodes de la série Black Scorpion de Roger Corman. Ils engagent aussi Tiffany Shepis, pin-up bien connue du Z américain que l’on a pu voir chez la Troma et dans quelques titres un minimum connu des amateurs (Death Factory, Embrace the Darkness III, Scarecrow) histoire de donner un peu plus de cachet à leur film. En fait l’équipe comptait tellement sur elle pour vendre leur truc qu’ils la convainquirent de faire ses premières scènes déshabillées pour eux ! Et voilà qui marque bien le mot d’ordre de cette séquelle: se montrer plus graphique que le trop sage original qui n’avait pratiquement rien à montrer. Pas bien difficile en vérité puisque Bloody Murder 1 était si pauvre en contenu qu’il suffit d’une paire de seins et quelques effets gores pour le surpasser… Mais de l’aveu de Sheppis elle-même dans une interview, si ce nouvel opus est aussi nul que le précédent, le simple fait qu’il y apparaisse toute nue le rend forcément meilleur.

 

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Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas totalement vrai non plus puisque le premier volet soignait au moins son intrigue avec un vrai whodunit auquel se greffaient des flashbacks mensongers de la part des suspects et la légende d’un croquemitaine local venant semer le trouble sur l’identité du meurtrier. Bloody Murder 2 n’a rien de tout ça, se montrant beaucoup plus basique dans son déroulement et donc beaucoup plus ennuyeux. Si le mystère autour du coupable demeure et que la légende de Trevor Moorehouse est encore utilisée comme vraie / fausse piste, rien n’est franchement exploité et le déroulement des évènements ne dérive jamais des sentiers battus au point de n’avoir aucune identité, rien qui ne le démarque de ses innombrables concurrents. Même Bloody Murder 1 pouvait se targuer de pomper le masque de hockey de Jason et de coller une tronçonneuse dans les mains de son tueur pour lui donner de faux airs de Chevy Chase dans Christmas Vacation. Ainsi, le sexe et la violence – minimalistes au passage – ne rattrapent en aucun cas cette sensation de vide qui prend le spectateur à la vision de ce triste spectacle. Le scénariste, le même que la dernière fois, pensait sans doute que répéter les mêmes grandes lignes en moins élaborées suffirait amplement, ou alors il avait épuisé toutes ses idées la dernière fois…

 

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Il nous ramène au camp de vacance de Placid Pines cinq ans après le dernier massacre, où les choses ont repris leurs cours. Nous sommes à la fin de l’été et les enfants viennent juste de partir, les moniteurs se retrouvant avec quelques jours de tranquilité pour fermer l’établissement (d’où le sous-titre Closing Camp) et tout semble bien se passer hormis les cauchemars récurrent de l’héroïne, la petite sœur de Jason, l’un des survivants de la dernière fois qui se faisait massacrer à la tronçonneuse par Trevor dans le twist final. Le cadavre n’ayant jamais été retrouvé, elle n’a pas pu faire son deuil et l’imagine être prisonnier quelque part dans les bois tandis que son assassin rôde encore. Une situation qui met à mal sa vie amoureuse puisqu’elle se retrouve rarement d’humeur pour faire des galipettes, mais pile alors qu’elle décide d’aller de l’avant afin de sauver son couple, BAM ! Ses collègues commencent à disparaître les uns après les autres, tués par un agresseur masqué. S’agit-il du véritable Trevor ou de quelqu’un d’autre utilisant son costume pour quelques stupides raisons ? Un peu les deux puisque, une fois encore, Bloody Murder repompe les grandes lignes de Vendredi 13, avec un papa vengeur à la place de la maman timbré et une apparition surprise du boogeyman à la toute fin.

 

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C’est au moins l’occasion d’épaissir la mythologie du personnage, même si cela ruine le peu de mystique que ses créateurs tentaient de lui donner: fils du “plus méchant” directeur de camp que Placid Pines ait jamais eu, le bonhomme était en fait un petit trou du cul de rapporteur s’amusant à balancer à son père le moindre écart de conduite des moniteurs afin qu’ils soient puni. Las de ce comportement, ceux-ci décidèrent de lui jouer un mauvais tour (jamais expliqué) et le jeune homme fini accidentellement au fond d’un ravin, à moitié mort et le visage dévoré par des “oiseaux en colère”. Comme dans Carnage, après un temps de convalescence à l’hôpital et en psychiatrie, il fini par être relâché ou s’évada, retournant au camp pour se venger avec son faciès ravagé caché derrière un masque… Des origines banales dont on nous montre rien, les faits étant simplement racontés au coin d’un feu de camp, un personnage s’empressant de les démentir en rappelant que chaque colonie de vacances à son propre Trevor avec une histoire similaire. On sent que le scénariste désirait déconstruire le slasher d’antant en s’inspirant de Scream, mais il ne fait que dégommer son propre univers, surtout lorsque la révélation finale nous apprend que le Trevor aperçu dans la conclusion de l’opus précédent n’était en fait qu’un énième copycat et l’actuel antagoniste du film, rendant ce psycho killer plus anecdotique que jamais.

 

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Autant dire que lorsqu’il fait enfin son apparition dans les dernières secondes, sa présence ne provoque aucun effet et le script pourrait aussi bien nous dire qu’il s’agit de Jason revenu d’entre-les-morts pour sauver sa sœur que cela ne nous surprendrait pas. Pour ne rien arranger son nouveau look n’est pas convaincant, lui donnant des airs encore plus cheap et bouseux que la dernière fois. Une grosse salopette remplace le bleu de travail, et le masque de hockey est changé par un visage blanc ultra générique qui évoque plutôt Michael Myers en cagoule. Et cette fois pas même de petits détails pour faire la distinction entre le vrai et le faux Trevor comme la dernière fois, preuve que les intentions du réalisateur étaient totalement ailleurs. On ne pourra pas trop lui en vouloir vu l’opulente poitrine qu’affiche Tiffany Shepis tout au long du film, s’envoyant en l’air par deux fois et avec deux types différents. Les autres filles avaient certainement des closes de nudité dans leur contrat, mais cela n’a pas empêché la brave costumière de les vêtir de petits shorts et de courts débardeurs pour dévoiler le plus de chair possible. On apprécie. Et puis il y a les effets gores, grande nouveauté de cette séquelle, qui ne volent pas bien haut mais rendent les meurtres plus attractifs: coup de machette en pleine poire, décapitation à la tronçonneuse, carreau d’arbalète à travers le cou, cadavre déterré et grouillant d’asticots…

 

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C’est la première mise à mort qui reste la plus impressionnante, avec ce type rampant au sol à qui le tueur coupe les jambes une à une les autres en prenant son temps. La victime vomis sous la douleur mais continue de fuir, forçant l’autre à l’achever avec un gros rocher, lui éclatant le crâne pour un jouissif plan d’une demi-seconde. Du reste on s’amusera de voir comment “Trevor” se débarasse d’un flic amené en renfort, lui collant simplement son poing dans la gueule, et du cliché ambulant qu’est Juanita, la boniche mexicaine qui jure en espagnole et voit le mal partout. Dommage que celle-ci disparaisse sans se faire tuer, quittant simplement les lieux dès que les choses deviennent un peu trop effrayantes pour elle. Une attaque sous l’éclairage stroboscopique d’un néon mal branché rend plutôt bien, l’héroïne traverse une forêt enneigée le temps d’un rêve et un moniteur se rend sur les lieux d’un mystérieux rendez-vous pour trouver une tombe creusée dans laquelle il va aussitôt être enterré vivant. Le scénariste se la joue Kevin Williamson lors d’une conversation où un Black estime qu’il risque de mourir en premier et retorque à sa copine, qui évoque le danger de montrer ses seins, qu’elle a au moins le choix d’agir contrairement à lui.

 

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Enfin un directeur de camp nommé Rick en pince pour une monitrice du nom d’Angela, ce qui est forcément une référence à Sleepaway Camp, ou la plus grosse coïncidence de tous les temps. Listé comme ça, Bloody Murder 2 semble presque enchainer les bons moments et valoir le coup, mais détrompez-vous: le film demeure ennuyeux au possible et n’est guère meilleur que son prédecesseur. En revanche cela ne signa pas l’arrêt de mort de la franchise qui, plutôt que d’annuler un potentiel Bloody Murder 3, le transforma simplement. C’est ainsi qu’en 2006 débarque The Graveyard, film à priori sans rapport et conçu par une équipe totalement différente, mais qui présente le même type d’intrigue à base de tueur masqué à la double identité et se déroule toujours à Placid Pines, le cimetière venant remplacer le camp de vacances. Un “spin-off” sans doute réécrit à la dernière minute qui se contente de changer quelques noms. On laissera à chacun de juger si cette nouvelle mouture est meilleure que les deux autres, et on soulignera simplement l’étrange similarité que la série partage avec son concurrent Camp Blood, dont le troisième opus changea lui aussi de nom pour devenir Within the Woods à la même époque. Il serait temps que le producteur David Sterling se penche sur un éventuel crossover entre ces deux là…

 

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