Female Prisoner Σ – Sigma – (2006)

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Female Prisoner Σ

– Sigma –

(2006)

 

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Female Prisoner Σ, ou Female Prisoner Sigma pour ceux qui ne comprennent pas le grec, est selon toutes les apparences un énième women in prison au rabais comme il en existe des tas au Japon. Une copie carbone de La Femme Scorpion tournée au caméscope qui promet beaucoup d’après l’affiche, la campagne marketing garantissant un film d’exploitation bourré de nudité et de séquences BDSM. Et c’est plus ou moins le cas, la chose étant le second opus d’une petite collection produite dans les années 2000 par GP Museum Soft, la compagnie responsable de quelques autres V-Cinema coquins comme Cruel Restaurant et Undead Pool. Tous des softcores plus ou moins épicés qui balancent leurs héroïnes en petites tenues dans les pires pénitenciers du pays, et après Death Row Girls en 2004 avec la gravure idol Aki Hoshino, une autre modèle va venir se déshabiller en cellule. C’est Shōko Hamada qui régale, même si la demoiselle se débrouille pour déléguer la plupart des scènes chaudes à ses collègues moins connues.

 

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Elle y interprète Ryo, une jeune femme condamnée à dix ans de prison pour meurtre et qui se retrouve incarcérée dans un étrange bâtiment perdu au milieu de la forêt. Les détenues y sont dépouillées de tous leurs droits et doivent obéissance absolue à l’équipe carcérale, des gardiens sadiques n’hésitant pas à torturer celles qui refusent de se soumettre. Ce qui est le cas de notre héroïne, qui a secrètement arrangée son transfert afin d’enquêter sur la mort de sa sœur, ancienne taularde qui se serait suicidée ici il y a peu. On n’en croit évidemment rien et des rumeurs font état d’un cachot spécial où il se passerait des choses étranges durant les nuits de pleine lune: une force maléfique pousserait celles qui s’y trouve à se tuer violemment. Un fantôme rôderait-il dans l’établissement ou s’agit-il d’une histoire inventée par le directeur pour couvrir des exécutions ? Un mystère qui permet l’air de rien de briser la routine même si le scénario ne s’engage jamais pleinement dans le genre horrifique, se contentant surtout d’une ambiance sinistre.

 

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Et c’est dommage car mixer Elle S’Appelait Scorpion avec le Prison de Renny Harlin aurait donné quelque chose d’incroyable, mais vu le budget il ne fallait évidemment pas s’attendre à du grand art. Toute cette intrigue est reléguée au second plan jusqu’à une révélation finale assez plate où il ne se passe pas grand chose, faute d’avoir permis l’escalade du conflit. Cela gâche une idée sympathique puisque les lieux se révèlent être sous le contrôle d’un espèce de parrain de la scène occulte japonaise, un médium pour mauvais esprits qui ne peut conserver ses pouvoirs qu’en se nourrissant d’énergie négative. Il fait alors le plein en absorbant toute la haine et la souffrance des prisonnière, les morts inexplicables étant de son fait en une sorte de sacrifice rituel. Le directeur et son staff en retirent apparemment un tas d’avantage en plus de pouvoir tirer un coup facilement quand le besoin s’en fait ressentir. Malheureusement ceci est rapidement expédié et le film rate l’occasion de créer une atmosphère carcérale impie à la Maléfique.

 

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Alors pour se rattraper, le metteur en scène joue beaucoup avec les jeux d’ombre et les contre-jours, plongeant son pénitencier dans une sorte d’obscurité perpétuelle où il fait toujours gris ou bleu-nuit. Du boulot amateur, même si une fois de temps en temps cela peut s’avérer effectif grâce à des cadrages travaillés et la bande-son. Bon, cela nécessite parfois de fermer les yeux devant les CGI ultra datés servant à représenter les phénomènes paranormaux et les plans extérieurs du bâtiment, la production n’ayant apparemment pas pu trouver le moindre stock shot, et il est difficile de ne pas pouffer de rire durant l’intro lorsque quelques images .JPEG nous sont balancées à la gueule pour montrer quelques équipements du bagne. Typiquement le genre de trucs que l’on pouvait trouver à Seduction Cinema vers 2002, dans les films de Tina Krause et Misty Mundae. Ce n’est quand même pas la catastrophe et l’histoire vient rattraper un peu tout ça. Car outre les éléments de magie noire, il y a une autre énigme qui vient un peu gonfler l’affaire.

 

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Si Kyo ne cherche qu’à résoudre le cas de sa frangine, les autres captives reposent leurs espoirs sur la légende urbaine de Sigma, une détenue mystérieuse dont personne n’a jamais vu le visage et qui serait une sorte d’entité surnaturelle représentant la colère de toutes les femmes bafouées injustement dans les taules de ce genre. Un fantôme vengeur allant de prison en prison pour tuer les gardes corrompus avant de disparaitre sans laisser de trace. Existe-t-elle vraiment ou s’agit-il de simples ragots ? Là encore Female Prisoner Σ n’est guère généreux et semble parfois oublier son concept, mais le rebondissement final est intéressant et, s’il n’est pas imprévisible, demeure surprenant. Il aurait même pu amener à la création d’une série autour du personnage, qui aurait pu être joué par des actrices différentes, mais GP Museum Soft n’a sans doute jamais vu l’intérêt de la chose, préférant ses WIP aussi classiques que possible. On pourra au moins dire de celui-ci qu’il n’en est pas un.

 

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Avec une seule scène de sexe à son actif et des tas de clichés manquants (pas de douches collectives, pas de matonnes lesbiennes, pas de viols ni même vraiment de poitrines dénudées), le film demeure particulièrement léger même pour un softcore, ce dont il est à peine qualifiable en l’état. Oh, la favorite du directeur lui offre bien une fellation derrière son bureau alors même qu’il est en pleine conversation avec un subordonné, et l’homme la prend ensuite en levrette sur le meuble, mais c’est officiellement tout ce que l’on peut vraiment catégoriser d’érotique. Le reste donne plutôt dans le fetish avec bondage classique et flagellation. C’est d’abord l’héroïne qui en fait les frais, mise en sous-vêtements et attachée à une chaise pour s’être refusée au grand chef. Elle est ensuite légèrement fouettée par le frustré qui obtiendra gain de cause un peu plus tard, quand Ryo le manipulera pour obtenir une plus grande facilité de manœuvre. Shōko Hamada dévoilera encore ses dessous, mais rien de plus, le monteur jouant de l’ellipse.

 

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C’est une de ses copines qui est torturée ensuite pour une séquence un poil plus pimentée. Enchainée et cravachée, elle finira par s’écrouler pile le nez dans les bottes de son geôlier en un symbole de domination peu subtile. Dans les deux cas la caméra s’attarde longuement sur le corps des actrices, filmant la chair de très près. Détail crapoteux mais appréciable: les filles ont la peau hérissée par le froid, preuve que même si tout cela est fictif, l’inconfort devait être véritable. Le sadisme n’est cependant pas de mise puisque le sang n’est pas versé et que l’on note à peine une ou deux trace de coups sur la seconde victime. A vrai dire, même l’habituelle traitresse qui vend ses camarades à la direction est pardonnée à la fin, puisqu’après tout elle ne voulait que sortir au plus vite pour retrouver son enfant. Autant dire que l’on est loin de ce que l’Europe à pu faire en son temps. Mais avec ses 80 minutes, le film file rapidement et jongle assez habilement entre ses différents éléments pour maintenir l’implication du spectateur.

 

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Si l’on ne peut pas franchement considérer ce Female Prisoner Σ – Sigma – (de son véritable titre 女囚Σ – シグマ –, ce qui veut dire exactement la même chose) comme une réussite, les producteurs auront tout de même été satisfait du résultat visiblement, puisqu’ils refirent appel au scénariste et au réalisateur l’année suivante pour le troisième volet de leur série, Chain Gang Girls, avec cette fois la jolie Yuka Kosaka dans le rôle principal…

 

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GALERIE

 

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