Tiger Claws III (2000) AKA. Tiger Claws III: The Final Conflict

 

Tiger Claws III

(2000)

 

 

Tiger Claws III, parfois titré Tiger Claws III: The Final Conflict, est le prototype même du film inutile. La séquelle de trop qui n’apporte rien de neuf et fait de l’ombre à ses prédécesseurs déjà pas vraiment bons. On y retrouve pourtant la même équipe, de Jalal Merhi qui produit et joue le premier rôle au scénariste / réalisateur qui assure un minimum de continuité entre les différents volets alors qu’on ne lui en demande pas tant, en passant par une Cynthia Rothrock forcément sous-employée et d’ailleurs grossièrement mise à l’écart via sa mort expéditive qui intervient au bout de vingt minutes. N’ayez crainte, elle revient malgré tout à la fin grâce à un twist final inattendu mais ridicule qui donne surtout l’impression d’avoir perdu son temps avec cette histoire lorgnant un peu du côté de Highlander, la série télé, tout en s’appropriant les antagonistes de Superman II. Un cocktail indigeste qui ne reproduit pas le miracle opéré sur Tiger Claws II, bien au contraire. Il faut dire que Bolo Yeung et Evan Lurie, les véritables stars de l’opus précédent, ne reviennent pas et que leurs remplaçants n’ont ni leurs talents, ni leurs charismes et encore moins leurs personnalités, la faute à un script franchement mauvais et partisan du moindre effort.

 

 

L’histoire ramène les flics Tarek et Linda, qui ici arrêtent un voleur s’étant introduit dans un musée pour dérober une quelconque antiquité. Le responsable parvient à s’échapper mais sans récupérer ce qu’il était venu chercher. Pour les remercier, le conservateur les invite à la grande première de son exposition portant sur les mythes chinois anciens qui, tiens donc, se déroule dans le même cinéma abandonnée qui servait à l’école du Tigre dans le premier volet. En fait le fantôme du grand maitre, tué par Chong dans Tiger Claws, apparait même au policier en une sorte d’avertissement, mais il ne faut pas y voir grand chose d’autre qu’un caméo anecdotique puisque le personnage ne revient jamais par la suite. Il se trouve qu’une des attractions du musée est la reproduction d’une ancienne cérémonie visant à communiquer avec les esprits, et l’homme en charge du spectacle, Stryker Godunov, est le cambrioleur que nos héros avaient interpellés. Contraint d’agir en public, il invoque alors trois “esprits combatifs” via d’anciens talismans présentés au public et les incarne dans des corps humains. Son but ? Les utiliser comme gros bras pour conquérir une mafia locale et devenir le seul parrain criminel de New York.

 

 

Ses nouveaux alliés étant invincibles, le malfrat n’hésite pas à massacrer nombre d’innocents sur son chemin, à commencer par la totalité des invités du vernissage de la galerie. Linda trouve la mort durant l’affrontement tandis que Tarek est laissé sur le carreau, prit au dépourvu par la force surnaturelle des agresseurs. Mal vu par ses collègues qui l’accusent d’avoir inventé toute cette histoire mais décidé à se venger, il retrouve l’ancien maitre de Stryker qui se trouve être un adepte du Black Tiger, un dangereux art martial qui n’a bizarrement aucun rapport avec la technique des films précédents. Le vieil homme se sentant coupable de la situation décide d’entrainer notre héros afin qu’il puisse non seulement arrêter son ancien élève, mais surtout détruire les trois immortels qui ne peuvent maintenir leur forme physique que grâce aux artefacts dont ils sont équipés. Des cristaux indestructibles qui peuvent être neutralisé par une forte émanation de ki, une énergie vitale spirituelle associée aux arts-martiaux. Mais tandis que Tarek s’entraine, Stryker prend le pouvoir et dévaste la ville afin de les retrouver pour à se débarrasser d’eux une bonne fois pour toute…

 

 

Suite plus thématique qu’autre chose, ce nouveau volet interpelle un peu par sa relation clairement factice avec ses prédécesseurs et apparait presque comme un projet indépendant qui aurait été réécrit en cours de route. Ses connexions avec le premier film sont artificielles et inutiles à l’intrigue alors que des éléments importants de la série disparaissent mystérieusement: Cynthia Rothrock aurait bien pu ne pas revenir tant sa disparition ne change rien au reste de l’histoire, et le héros censé maitriser à la perfection le style du Tigre apparait comme un débutant qui doit tout (ré)apprendre pour triompher de ses adversaires. Et si le point de départ semble à priori aussi extravagant que Tiger Claws II avec ses guerriers aux super-pouvoirs, la mise en scène est tellement plate et sans surprise ni folie que ce qui s’ensuit devient vite ennuyeux. Il ne se passe pas grand chose dans ce quasi téléfilm où seuls les méchants ont le beau rôle. Tarek, déjà très handicapé par le non-jeu de Jalal Merhi et son accent exagéré, est relégué au rôle de l’apprenti qui passe plus de la moitié du film à s’entrainer, encore et encore, jusqu’au combat final. Le personnage, déjà mauvais en soit, n’a maintenant plus aucune espèce d’importance.

 

 

Quelques pistes narratives disparaissent en cours de route, comme celle où ses collègues se retournant contre lui et l’accusant du meurtre de sa partenaire, ou sa possible romance avec la fille de son enseignant. A la place on le voit surtout faire son jogging et quelques katas dans un terrain enneigé à la manière de Rocky IV, séquences de remplissage ne débouchant même pas sur une ultime épreuve intéressante (il doit passer son bras à travers les rayons d’une roue qui tourne afin d’attraper un objet à toute vitesse). Et au final il ne combat même pas Stryker, seulement ses laquais, cet honneur étant réservé au vieux sifu qui triomphe aisément malgré sa condition physique défaillante. Un échec cuisant pour ce vilain d’opérette qui est en fait la véritable star de ce Tiger Claws III au ton bien plus léger que ces prédécesseurs. Un personnage de dessin animé presque, facilement battu par les héros dès les premières minutes du film et qui utilise ses puissants esclaves pour régler quelques comptes de la façon la plus puérile possible. Il les envoient par exemple foutre le bordel dans un petit restaurant et tabasser les tenanciers simplement parce qu’il aurait eu une dispute avec eux quelques temps auparavant.

 

 

Il prend la tête d’un clan de Triades dont il ridiculise l’ancien chef, devenu son subalterne, en s’envoyant en l’air avec une prostituée dans sa propre chambre, ressortant tout sourire avec une simple serviette autour de la taille qui fini par tomber. Il s’amuse d’apprendre que ses sbires ont dévasté une boite de nuit sans raison et les dispute carrément lorsqu’ils passent leur temps à manger plutôt que faire de mauvaises actions (“Stop eating, you’ll get fat !”). L’acteur, Loren Avedon (Karate Tiger 2 et 3, Virtual Combat), fait ce qu’il peut pour rendre cela divertissant – et heureusement qu’il est là pour nous réveiller un peu – mais il y a un tel décalage entre ses agissements exagérément comiques et l’ambiance morne du film que la sauce ne prend jamais. Reste le fameux trio, clairement piqué au gang du Général Zod (une femme et deux hommes, dont un colosse), qui n’a aucune personnalité ni même dialogue mais demeure efficace pour les combats. Ils repoussent les balles à mains nues, lancent des éclairs pour faire exploser quelques voitures et la demoiselle utilise l’arme de Scorpion dans Mortal Kombat. Stryker la félicitera de porter une tenue fétichiste trouvée dans un nightclub tandis que les deux autres sont hypnotisés par la danseuse en bellyshirt et pantalon de cuir qui se trémousse devant eux.

 

 

Cela contrebalance un peu les errances de Merhi, même si celui-ci est au cœur d’un passage surréaliste où il décide de déprimer dans un bar tout en refilant sa bouteille d’alcool à un pochetron afin qu’il puisse boire à sa place. Un client jaloux intervient aussitôt en exigeant qu’il lui paye un verre à et lui et ses compagnons avant de provoquer une bagarre face à son refus. Tout aussi ahurissante est la défaite de Stryker, qui utilise une arme à feu pour terrasser son ancien maitre: le vieillard se relève sans la moindre égratignure, révélant à la fille désemparée qu’il portait un gilet pare-balles tel Christopher Lloyd dans Retour vers le Futur ! Mais c’est dans sa conclusion que Tiger Claws III se surpasse, quand on découvre que toute cette affaire… n’était qu’un rêve ! Tarek, bien qu’il ait triomphé, se “réveille” subitement et réalise qu’il a eu une prémonition. Recouvrant ses esprits tandis que l’antagoniste est en plein rituel, il n’a plus qu’à arrêter celui-ci avant qu’il n’invoque les mauvais esprits. Il semble que ce soit l’esprit du chef de l’école du Tigre, toujours présent en ces lieux, qui ait été responsable de cet avertissement, mais l’explication est loin d’être claire et parait sortir de nulle part.

 

 

Bref, voilà une véritable catastrophe qui éprouvera la patience de bien des spectateurs, lesquels n’auront pas grand chose à quoi se raccrocher. Le côté nanar bien sûr, avec ces mauvais accents et cette représentation très amatrice des arts martiaux (on retrouve un shuriken japonais dans l’arsenal chinois, le terme ki est prononcé “chi”), un peu de racolage avec la jupette en cuir de Rothrock et ce plan en plongé total sur le décolleté d’une actrice, et de la violence de pacotille à base d’oreilles et de yeux arrachés (un globe oculaire fini sa course dans un verre), d’une étoile ninja plantée dans un visage et d’un massacre général à la Carrie parfaitement inoffensif car se déroulant entièrement hors champ. Une sacré déception, à l’image de tout Tiger Claws III

 

 

 

GALERIE

 

     

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