Reaper (2014)

 

Reaper

(2014)

 

 

Encore du cinéma fast-food avec ce Reaper, dont le titre générique au possible ne risque pas de le démarquer du lot. A vrai dire c’est même le contraire et on a tôt fait de se tromper de film en faisant quelques recherches à propos de celui-ci. Il faut dire que ce DTV n’a strictement rien pour attirer l’attention sur lui, rien qui ne puisse retenir le moindre intérêt du spectateur, au point qu’il ne semble être que justice que l’oublie l’emporte.
J’ignore pourquoi je passe mon temps à chroniquer ce type de produit plutôt que de travailler sur mes rétrospectives déjà prévues depuis longtemps. Techniquement, et artistiquement, Reaper est le genre de petite chose qui ne passe même plus sous mon radar tant il s’agit d’une arnaque. Un “film d’horreur” sans monstre, sans gore, sans ambiance, avec un casting réduit qui ne fait que parler pendant une bonne heure et demi. Une production sans argent, sans talent et sans ambition, et qui ne doit son existence qu’à une seule chose: les noms reconnaissables inscrits sur son affiche. C’est toujours la même chose et, on en parlait la dernière fois, c’est une technique qui ne fait même plus illusion. Les producteurs appâtent quelques has been sympathiques, les payent grassement pour une ou deux journées de tournage puis faussent la promotion en mettant leurs noms en tête d’affiche, transformant ce qui n’est qu’un caméo en l’apparence d’un rôle principal.
A ce niveau là, je me demande parfois s’il ne faut pas commencer à rendre coupable les acteurs eux-mêmes pour ce genre de pratique. Certes on ne crache jamais sur un travail, et le milieu de la série B moderne fonctionne beaucoup sur ce principe, mais cela fini par prendre de telles proportions que ce qui n’a été qu’une petite mode, lancée suite aux succès de The Devil’s Rejects et The Expendables, devient une normalité. Nos seconds couteaux n’ont plus de rôles, mêmes secondaires, et se contentent de faire les singes pendant quelques minutes sans avoir la moindre considération pour leur carrière passée, pour le genre dans lequel ils œuvrent, et pour leurs fans.

 

 

J’en arrive à un point où je trouve tout ceci limite dérangeant. J’adore retrouver des types comme Vinnie Jones, Danny Trejo ou Jake Busey, ou tout autres belles gueules de vidéo-club, et j’avoue que la présence de l’un ou d’un autre peut influencer mon choix de sélection. Toutefois la mention de leurs noms ne provoque désormais plus aucune joie et, au contraire, je commence à esquiver fortement la moindre production contenant plus de deux ou trois d’entre-eux. Un réflexe acquit malgré moi, à force de mauvaises expériences qui ne font que ternir un peu plus le respect que j’avais pour ces gars-là et la Série B en générale.
Combien de Throwdown, de Tactical Force ou de The Line viennent nous faire de l’œil avec la participation de vieux copains comme Eric Roberts, Gary Daniels ou Michael Madsen, avant de se foutre de nous en expédiant leurs deux ou trois scènes en quelques secondes seulement ? Combien de fois avons-nous enduré un DTV horrifique et soporifique, en croisant les doigts pour que Tobin Bell ou Sid Haig puissent miraculeusement transformer la merde en or, avant de constater qu’ils sont les premiers à disparaître lorsque le tueur frappe ?
Bref, c’en est trop, je n’en peux plus. Et pourtant me voilà à regarder Reaper et à écrire dessus, plutôt que conclure mon papier sur Cobra qui attend depuis le mois d’Avril… Et encore une fois, sans surprise, le résultat est ridicule, mal foutu, réalisé platement et sans argent, où le monstre et ses méfaits sont quasiment invisibles et ou les stars ne sont là que pour faire jolie pendant cinq minutes. Un énième DTV de fond de tiroir qui espère bien soutirer quelques dollars aux quelques malheureux qui croiseront son chemin.

 

 

Déjà, mettons les choses au clair: Reaper est effectivement une arnaque et ne peux même pas se targuer d’être le slasher / film de Boogeyman qu’il prêtant être. Son tueur, le Reaper du titre, est à peine présent et n’intervient en vérité que dans les dix dernières minutes. Ses origines sont expédiés en cours de film via quelques message radios et télévisés qui semblent presque avoir été rajouté après-coup, comme pour donner un peu de consistance au film ou remplir des séquences où il ne se passe rien. J’en veux pour preuve le fait que les éléments annoncés en cours d’histoire semblent définir un personnage différent de celui qui apparait à l’écran !
Ainsi, à en croire l’intrigue, l’assassin est un prêtre fou, gourou d’une secte d’illuminés qui massacrent tout ceux qu’ils jugent corrompus. Flics ripoux, criminelles, prostituées… Baptisé le Reaper (le Faucheur) probablement en raison de son arme de prédilection, une petite faucille qui évoque vaguement la Faux de la Mort, il organise des “Killing Parties” avec ses ouailles à travers le Comté de Kings jusqu’à ce qu’il soit finalement arrêté et condamné à mort. Des années plus tard, l’homme passe à la chaise électrique mais survie, son exécution échouant grâce à une coupure de courant inattendue. Prenant la fuite, et massacrant plusieurs policiers ce faisant, il devient alors le fugitif le plus recherché du pays. Le film débute lors du 7ème jour de la chasse à l’homme, le Reaper revenant dans le Comté où il fut appréhendé auparavant, non s’en s’être vengé en massacrant le juge et le procureur responsable de sa condamnation…
Cette histoire nous est narrée tout au long du film à travers les médias et plusieurs éléments contredisent ce qui se déroule par la suite: il est clairement indiqué que le Reaper est un être humain, qu’il a survécu à sa mise à mort et n’a donc pas été électrocuté, et que les policiers qui lui courent après ne le voit pas autrement que comme un psychopathe.

 

 

Lorsque le film commence, nous le découvrons caché dans un établissement baptisé The Last Chance Hotel (l’Hôtel de la Dernière Chance), un nom équivoque qui laisse sous-entendre qu’il s’agit d’une de ses bases d’opération. Encore plus évident lorsque le tenancier des lieux apparaît comme étant un croyant givré, vénérant le Reaper et portant une casquette avec le mot “Repent” doté d’une lame de couteau. Enfin, preuve ultime que l’endroit doit appartenir à la secte de l’antagoniste, des caméras cachées filment les chambres en permanences tandis que l’endroit apparait étrangement vide pour un véritable hôtel. Le décors est planté et on s’imagine avoir affaire à un slasher typé “réaliste” avec un assassin humain mais plein de ressources pour effectuer ses méfaits.
Et pourtant tout ceci passe à la trappe d’entrée de jeu, les premières secondes du film montrant une créature assurément surnaturelle. Celle-ci tient plus du fantôme, capable de se téléporter à volonté, invulnérables aux armes conventionnelles, dotée de yeux rougeoyant et d’une voix grésillante. Son corps semble avoir opéré une mutation cybernétique, puisque sa silhouette drapée de noir (reprenant vaguement l’image de la Faucheuse, d’où le titre du film) est couverte de câbles, de prothèses mécaniques et autres éléments technologiques. Des arcs électriques se forment constamment autour de lui, source probable de ses pouvoirs. Armé d’une serpe à lame rétractable, il peut également griller quiconque par simple contact.
L’aspect et le comportement du tueur semblent indiquer que le Reaper a en fait fusionné avec sa chaise électrique, devenant un monstre inhumain. Un Boogeyman dans la lignée de ceux de Shocker, House III et Prison, utilisant ses nouveaux pouvoirs pour commettre des atrocités surréalistes.

 

 

Pour autant, et malgré que ces aptitudes surnaturelles soient belles et bien employées lors des meurtres, le film semble continuellement esquiver le sujet. Le Reaper n’est jamais vu ou craint comme un monstre mais comme un simple tueur, la police ne semble pas au courant du changement qui s’est opéré chez lui et plusieurs fois les personnages ne “voient” pas les apparitions spectrales qui se déroulent pourtant juste sous leur nez. Comme si elles avaient été rajoutés sur le tard, au montage. Celui-ci met l’accent sur des soucis d’électricités ici et là (les pylônes qui bordent la route, les voitures des protagonistes qui tombent répétitivement en panne sans raison apparente), comme pour montrer l’influence du Reaper fantôme sur son environnement, mais tout cela à l’apparence de rajouts. Des bruitages, des effets spéciaux, venant créer quelque chose qui n’a visiblement jamais été prit en compte lors du tournage !
Du bidouillage, au même titre que certains messages en voix-off. Un second annonceur explique subitement que le tueur n’a pas échappé à la chaise électrique, mais bien survécu à celle-ci. Si vous ajoutez à tout cela le fait que le film possède deux scénaristes (l’un possédant quelques choses à son actif, l’autre dont il s’agit de la seule et unique entrée sur IMDB) et que le réalisateur, Philip Shih, se cache sous pseudonyme (il s’agit en fait de Wen-Han Shih, qui n’a rien fait de particulièrement notable), on peut sans crainte dire que le scénario original de Reaper n’avait sans doute rien d’un film d’horreur à l’origine !
Passe encore qu’une version traite d’un tueur humain, et l’autre d’un spectre vengeur, mais lorsque l’on réalise que l’antagoniste n’est en réalité qu’une toile de fond, une menace qui plane et sert surtout de finalité à une intrigue secondaire, il apparait évident que le film était à l’origine non pas un slasher, mais un thriller !

 

 

La véritable trame ne tourne en effet pas du tout autour de ce prêtre psychotique et / ou fantomatique, mais de Natalie. Une petite arnaqueuse qui à probablement roulée sa bosse dans le monde des embrouilles et de la truande. Parce que sa mère est malade, mourante, et qu’il lui faut obtenir une somme considérable afin de permettre l’opération qui la sauvera, la jeune femme tâche de réunir l’argent en dépouillant quiconque sera assez idiot pour se laisser séduire. Errant sur la route, elle se fait prendre un stop et trouve un moyen de dérobe sa victime avant de fuir au plus vite.
Malheureusement pour elle, les choses vont se gâter alors qu’elle débarque dans le Comté de Kings, sa nouvelle proie tombant en panne de voiture. Contrainte de faire un arrêt imprévu, Natalie se retrouve au Last Chance Hotel où le conducteur pathétique et éméché avec qui elle fait la route va tenter de la violer. Redressant la situation et prenant la fuite en abandonnant l’homme sur place, ignorant alors que celui-ci va être exécuté par le Reaper, elle va se réfugier dans un petit boui-boui où une occasion en or se présente à elle: un trafique de drogue impliquant un magot suffisant pour sauver sa mère.
Ciblant le dealer, un jeune voyou a priori pas aussi dangereux que le criminel avec qui il traite, Natalie parvient aisément à le piéger et lui dérober son véhicule et sa précieuse cargaison. Seulement voilà, elle tombe en panne un peu plus loin et va devoir compter sur l’aide d’un automobiliste afin de se tirer d’affaire.
A priori les choses tournent bien lorsqu’elle rencontre Jack, un voyageur qui se montre courtois et compréhensif. Un type sympathique qui n’a pas d’idées derrière la tête et qui souhaite sincèrement l’aider, surtout avec la présence tangible du Reaper dans les parages. Hélas le voyage se fait long et Jack a besoin d’une pause, s’arrêtant alors au premier endroit qu’il trouve. Le Last Chance Hotel…

 

 

Le résumé l’indique bien, Reaper est avant tout un road movie, un petit film de bandits qui magouillent et complotent. Alors que l’intrigue pourrait immédiatement tomber dans l’Horreur alors que l’héroïne retourne à l’hôtel, comme nous sommes en droit de l’attendre vu la classification du film, elle continue pourtant sur sa lancée et montre les personnages “humains” se voler dans les plumes et se faire des coups tordus. Le gérant de l’hôtel, qui fantasme complètement sur l’héroïne, se montre de plus en plus entreprenant et menaçant avec elle. Le jeune dealer retrouve Natalie sur place et désire régler ses comptes avec la voleuse. Son acheteur sent le coup fourré et demande à ses hommes de l’éliminer avant qu’il puisse récupérer la drogue sans avoir à l’acheter. Quant à Jack, il est en fait totalement impliqué dans ce trafique puisqu’il n’est autre que le fournisseur !
Bref, le film n’offre rien d’autre qu’une intrigue policière centrée sur les truands, allant jusqu’à introduire un flic corrompu sur le tard. S’il intervient pour répondre à un appel de détresse, il n’a visiblement rien contre l’idée de récupérer la came pour ses propres besoins. Une sacré petite bande de filous qui fait évidemment le bonheur du Reaper. Après tout, lui et sa secte ne désire que punir les “pécheurs” et ces derniers viennent de se jeter dans la gueule du loup en se réunissant dans son repaire…
Nul doute qu’à l’origine, le script devait ne faire intervenir qu’un assassin humain, s’attaquant aux protagonistes dans le tout dernier acte. Une manière de faire rebondir l’intrigue et forcer les personnages à s’associer malgré leurs différents. Les séquences de meurtres, violentes ou non, n’auraient alors pas eu l’aspect d’un Slasher mais d’un film à suspense, avec son lot de trahisons et de rebondissements lié à la nature crapuleuse des “héros”.

 

 

Le soucis c’est qu’en transformant le Reaper en un clone de Freddy Krueger, tout cela ne marche pas. L’allure et les aptitudes du monstres ne collent pas du tout avec la structure de la narration ni avec les réactions des protagonistes. Ceux-ci ne montrent pas la moindre surprise ou exclamation face au côté surnaturel de l’affaire, ne questionnent pas la situation ni ne font une croix sur leurs petites querelles, qui pourtant devraient paraître bien moins importante face à la créature qui les poursuit. Cela est tout simplement dû à une très mauvaise gestion de la réécriture, qui injecte le côté Horreur sans modifier le scénario en conséquence.
C’est particulièrement probant lorsque l’on fait le compte des victimes. Bien trop peu pour un Slasher, d’autant que l’un des grands méchants de l’intrigue est finalement exécuté par un autre criminel, platement, sans montée de tension et sans avoir d’impact sur le reste de l’histoire. Du coup le dernier acte fait plutôt tâche lorsque Natalie est confrontée au Reaper dans son antre, tranchant avec l’ambiance d’alors pour s’aventurer sur le territoire de l’Horreur délirante des années 80. Clairement le changement le plus important du script, plutôt grossier et ne fonctionnant plus car intervenant bien trop tard.
Et c’est dommage car les idées utilisées ici sont plutôt amusantes: on y découvre le fantôme dans sa chapelle, où les corps mutilés de ses proies ont été installés sur les bancs. En guise d’autel de cérémonie se dresse une chaise électrique construite avec les moyens du bord, où se mêlent des câbles, des chaines et autres éléments. C’est là que le monstre y installe l’héroïne, lui réservant une sorte de baptême de la mort. Le Reaper explique lui avoir donné sa chance avant de la décréter corrompue au même titre que tous les autres. Et a vrai dire c’est presque vrai, puisque jusqu’ici il n’a fait que la sauver d’un viol (allant jusqu’à déposer la casquette du coupable devant la porte de sa chambre, en guise de cadeau) et des tueurs à gage envoyés faire le ménage à l’hôtel !
Mais le plus drôle demeure la façon utilisée pour le vaincre: puisqu’il tire son pouvoir de l’électricité, sa seule faiblesse est… La flotte ! Ainsi notre implacable fantôme s’électrocute tout seul en pleine poursuite, en marchant dans une flaque d’eau ! Au final il se fait tout simplement noyer dans la cuve d’eau bénie qu’il avait prévu pour assassiner Natalie, de la façon la plus bête qu’il soit.

 

 

Si le film entier avait été de ce niveau, Reaper aurait valu le coup. Et tant pis si le budget ne permettait pas des miracles, les accessoires “électrisant” étant visuellement sympathique malgré tout. Cela aurait fait une série B certes stupide, mais totalement assumée et gagnant justement à avoir quelques vieilles tronches dans son casting, en guise de clin d’œil au bon vieux temps du cinéma d’exploitation.
Hélas, comme vous vous en doutez, ce n’est pas le cas. Les rares séquences où le Reaper exécute ses victimes se déroulent hors champ et le montage est du genre à camoufler les effets spéciaux physiques autant que possible, à base de bouillies CGI immondes ou en multipliant les angles de vue rapidement, empêchant de vraiment voir ce qui se passe à l’écran. Comme je le disais plus tôt, le film est une arnaque et cela ne se limite pas seulement au scénario et à ses modifications.
Techniquement à la ramasse, doté de faibles valeurs de production, filmé à l’arrache et monté à la truelle, Reaper est laid et impossible à “regarder” en tant que tel. Tout pue la récup’ et la précipitation, des New Rocks que porte le tueur aux pilules bleues qui servent de drogue. L’image est granuleuse et dégueulasse, comme en témoignent les captures d’écrans, et le produit est si cheap qu’il n’existe même pas d’édition en BluRay à ce jour. En un mot comme en cent, Reaper est dépourvu du moindre attrait visuel si ce n’est, à la rigueur, les formes de son héroïne, souvent misent en valeur.
Et naturellement le piège des têtes d’affiche fonctionne aussi bien qu’on le présageait: Jake Busey et Vinnie Jones ne sont là que pour trois scènes chacun et ne se croisent même pas. Même chose pour Christopher Judge, lequel semble avoir bien compris la leçon avec Age of the Hobbits et n’essaye plus de donner de sa personne pour un DTV qui n’en vaut pas la peine. Seul Danny Trejo s’en sort au bout du compte, apparaissant ici en tant que véritable protagoniste contrairement à ses dernières apparitions dans des trucs comme The Burning Dead ou 3-Headed Shark Attack, et incarnant le personnage le plus humain de l’histoire. Le bonhomme est toujours aussi charismatique et se trouve même être le meilleur acteur du film, ayant eu l’idée saugrenue de… jouer !

 

 

Pour la forme notons tout de même la prestation de l’actrice principale, qui tire bien son épingle du jeu et parvient à se montrer à la fois retord et fragile. A ses côtés un certain Justin Henry qui joue le gérant obsédé de l’hôtel ; a priori sans intérêt mais le bougre cache un passif amusant, puisqu’il était le petit garçon dans Kramer contre Kramer ! Enfin le scénariste James Jurdi (celui qui possède une petite filmo, pas l’autre inconnu) se soigne puisqu’il se réserve le rôle d’un des trafiquants. Avec ses airs de Judd Nelson dans Breakfast Club, il passe plutôt bien en faux héros mais ne risque malheureusement pas de revenir de sitôt. Espérons pour que ce soit lui qui ait inventé tout le délire final autour du Reaper, et qu’il puisse rebondir sur de véritables séries B amusantes si c’est le cas.
Et pour les autres, ceux qui sont responsable de la création de ce produit mais qui n’apparaissent pas à visage découvert, il n’y a rien d’autre à dire si ce n’est qu’ils sont de véritables petites crapules, au même titre que les personnages du film. Des magouilleurs qui espèrent bien se barrer avec le magot, aussi petit soit-il. Pour preuve ? Un étrange concours organisé avec le site IGN tout d’abord, permettant de gagner des places pour… La première du film, à Dubai ! Réservé aux participants du pays, évidemment. Reaper n’ayant strictement rien pour valoir une sortie cinéma, on peut juste supposer que les producteurs (Empire International, pour ne pas les citer) on inventés un stratagème publicitaire en catastrophe et là où ça ne coûte sûrement pas bien cher, pour attirer du monde.
Vient ensuite la création de plusieurs faux comptes sur IMDB, afin de donner plusieurs critiques positives et appâter le lecteur curieux. Pas malins, ils se sont fait prendre comme des bleues: ces nouveaux membres n’ont absolument aucune activité autre que d’émettre un avis sur le film. Ceux-ci sont d’ailleurs beaucoup trop enjoués et positifs pour être crédibles, et ont été pondus à la chaine alors que très peu de gens avaient accès à l’œuvre. Grillés !

 

 

Contre toute attente, la chose a quand même atterrit chez nous, sous le titre de Last Chance Hotel (pourquoi pas). Désespérant quand on sait le nombre de bons films qui ne parviennent jamais dans nos contrées, ou alors bien trop tard. Pour autant je doute que quiconque remarque sa présence dans les bacs DVDs. Et quand bien même un teaser apparait après le générique de fin, montrant le Reaper se relever, toujours vivant et prêt à dessouder les pêcheurs, il y a peu de risque qu’une suite ne soit mise en chantier. Avec un peu de chance le cyber-prêtre est parti punir les vilains responsables de sa création, et ça, ça ne serait que Justice !

 

Le Reaper, avec ou sans maquillage, avec ou sans moustache,
selon les scènes et les probables reshoots.
Le cinéma-Frankenstein dans toute sa splendeur.

 

 

   

   

2 comments to Reaper (2014)

  • Rigs Mordo  says:

    Bon ben ça semble bien pourri, mais j’en doutais pas franchement vu le casting. Car comme tu le dis, Vinnie Jones et Trejo maintenant, c’est comme à l’usine. Je me demande quand même pourquoi… Encore Vinnie Jones, admettons, mais Trejo il doit être blindé de blé entre ses restos, ses parfums ou fringues et ses apparitions dans des films à budgets décents. Qu’il fasse quelques séries Z pour le fun ou quoi, je comprends, mais pourquoi en faire 50 sur une année ? Je ne comprends vraiment pas ce qui lui passe par la tête… Reaper semble naze en tout cas et quand je vois les screens que tu as mis, je trouve que la photographie rappelle presque Birdemic, c’est dire…

    • Adrien Vaillant  says:

      Oui en terme de qualité visuel c’est du même tonneau qu’un Birdemic. Du DV pas cher avec plein de grain tout moche, comme c’est maintenant le cas pour beaucoup de petits films. J’ai conscience que c’est des appareils simples et pratique pour du petit budget, mais je regrette franchement l’époque de la pellicule, qui conféré au moins un aspect “beau” même pour de la série B. Là on se croirait revenu au tout début des années 80 lorsque le caméscope est arrivé.

      Sinon ouais, je sais pas pour Danny. Depuis Machete il est clairement courtisé et tout le monde le connait, mais il est pas obligé d’accepter tout et n’importe quoi. Peut-être qu’il sait pas dire non, peut-être qu’il maximise sa thune pour le reste de sa famille, ou juste que c’est un hyper actif incapable de s’arrêter, j’en sais rien. Le pire c’est qu’il reste super cool à suivre, seulement j’aimerai que ça soit dans un truc qui en vaille la peine.

      (et Vinnie Jones il devait être bourré, comme Madsen)

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