The Kindred (1987)

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The Kindred

(1987)

 

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Stephen Carpenter (aucun lien avec Johnny) et Jeffrey Obrow sont deux inséparables compères. Après avoir bossé ensemble sur La Maison de Sang et The Power, et avant de livrer leur Servants of Twilight d’après Dean Koontz, les voilà sur un monster movie qui modernise les thèmes chers à H.P. Lovecraft en remplaçant l’occulte par la science. Expériences interdites, hommes-poissons et hybridation sont donc au menu de cette petite série B pas transcendante mais malgré tout efficace grâce à ses effets spéciaux caoutchouteux et gluants signés Matthew W. Mungle (Class of 1999, le Dracula de Coppola, Freddy 3). Bien sûr The Kindred n’est pas sans accuser certaines longueurs et le temps pourra se faire sentir entre les moments de spectacle, la vérité autour de l’affaire étant si évidente que le spectateur se retrouve avec deux trains d’avance sur les protagonistes. Mais soyons honnête, c’est un peu un problème du genre en lui-même. Ici au moins les choses sont assez équilibrées, l’ennui ne prend jamais le pas sur le divertissement, et il convient de saluer la nouvelle édition HD du film qui restaure l’image jusqu’ici un poil trop sombre ou baveuse pour être pleinement appréciée.

 

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L’intrigue tourne autour de la drôle d’affaire dans laquelle se retrouve un gentil généticien, lorsque sa mère, elle-même scientifique, sort du coma suite à une crise cardiaque. Elle le supplie de retourner à la demeure familiale pour détruire tous ses travaux concernant une substance appelée hémocyanine (que les personnages prétendent n’exister que dans la faune marine alors qu’elle se trouve aussi chez des insectes et mollusques terrestres, mais passons). Elle évoque aussi un mystérieux Anthony qui se trouverait toujours là-bas depuis son accident et qu’elle présente au héros comme étant son frère malgré que celui-ci se sait fils unique. Accompagné de sa copine et quelques collègues, il se rend sur place afin de mener l’enquête et se retrouve joint par une prétendue admiratrice de sa maman qui pourrait bien l’aider à résoudre cette énigme mais dont le comportement se montre des plus troublants. Bien sûr un monstre mutant réside au sous-sol, créature tentaculaire conçue à partir d’ADN humain et d’hémocyanine animal qui va attaquer ces envahisseurs pour protéger son nid…

 

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Rien de bien original on en conviendra, même si les responsables de l’intrigue tentent de se démarquer du schéma Alien habituel au profit d’une lente exploration d’un mystère à l’ancienne, sans l’ambiance gothique toutefois. La dérive slasheresque n’a d’ailleurs pas vraiment lieu puisque la bête ne tue qu’une ou deux personnes, et The Kindred tente plutôt d’exhumer une horreur à l’ancienne et un rien obsolète: comme chez Lovecraft c’est l’idée même de cette abomination qu’est Anthony qui est censée révolter, sa simple existence bafouant les lois de la nature et mettant la race humaine en périle. Le protagoniste déclare d’ailleurs être contre le concept d’hybridation génétique (“I just believe every creature has a right to exist. As a separate identifiable being”), ce qui était justement l’une des prises de position les plus connues de l’écrivain de Providence et un sujet récurrent à travers son œuvre. En un sens, on pourrait presque dire que ce travail d’inspiration se retrouve plus proche des travaux de Lovecraft que ne le furent certaines adaptations officielles de la même époque (The Curse, From Beyond, Re-Animator, The Resurrected, The Unnamable)…

 

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C’est du moins une impression que l’on peut avoir en y pensant, car à l’écran les choses fonctionnent beaucoup moins entre l’esthétisme eighties peu atmosphérique, les dialogues pas nécessairement captivants et les personnages un rien excentriques comme cette nana qui se balade partout avec une pastèque géante dans les bras ou ce type qui rabache à qui veut l’entendre qu’il tente d’arrêter de fumer. Les producteurs n’étaient pas là non plus pour faire dans le subtile et la décision fut prise de montrer clairement l’indicible à grand renfort de body horror visqueux comme c’était évident la mode. Une heureuse décision en vérité, car le manque d’ambiance dont se rend coupable The Kindred aurait tué le projet. En troquant le cérébral pour un délire de Grand Guignol, les réalisateurs assurent le spectacle et entretiennent l’intérêt du public qui ne décroche plus malgré les passages à vide. Un savant fou garde des cobayes déformés dans les souterrains de l’hôpital, un fœtus mutant endormi dans son bocal fini par se réveiller et tente de s’échapper, et quelqu’un referme le couvercle sur lui si vite qu’il lui arrache un bras dans la foulée…

 

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Anthony soulève une voiture à seule force de ses tentacules, des flots de liquides blancs jaillissent des appendices coupés ou percés, aspergeant tout le monde façon Evil Dead, et une conductrice est parasitée par les multiples filaments d’une petite bestiole cachée dans un cucurbitacée (!), lesquels s’infiltrent sous sa chair et s’introduisent douloureusement dans une narine pour atteindre le cerveau. Citons un clin d’oeil évident à Re-Animator avec cette fiole de liquide vert visible quand un scientifique examine un chat difforme, et cette cave envahie de petites bestioles dangereuses comme dans The Deadly Spawn. Des rejetons d’Anthony se la jouent Facehuggers en sautant aux visages et se retrouvent eux-même piétinés ou jetés contre les murs, plans gores à l’appuie. Spectaculaire aussi l’électrocution finale de la créature qui ingère un morceau de viande piégée et se met à exploser, fondre et se désagréger à l’extrême, révélant avec surprise une forme plus humaine cachée sous la première ! Mais le clou du spectacle reste l’incroyable transformation d’une jolie fille en un horrible Deep One au corps couvert d’ouïes grotesques.

 

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Alors oui, on pourra se faire un peu chier dans The Kindred, mais on s’y éclate aussi beaucoup. Reste que les multiples réécritures orchestrées par les cinq scénaristes aux commandes de l’affaire (dont John Penney, auteur du Retour des Morts-Vivants 3, et Joseph Stefano, qui pondit le script Psychose et travailla sur la série Au-Delà du Réel) causent de sacré problèmes et plusieurs sous-intrigues qui disparaissent en cours de route, comme les expériences menées par ce docteur fou et son homme à tout faire qui attaque les ambulances pour voler les blessés et le fournir en sujets. A la place le film se perd dans des séquences inutiles comme quand ce scientifique débarque au travail avec une boombox qui diffuse des messages pour ses collègues afin qu’il n’ait pas à leur parler, au détriment d’autres séquences plus intéressantes comme lorsque le héros découvre qu’Anthony se calme lorsqu’il entant la même chanson que sa mère lui fredonnait lorsqu’il était petit pour l’aider à s’endormir. Dommage, mais le casting vient rattraper un peu tout ça avec l’impeccable Rod Steiger (Amityville, Le Docteur Jivago, Le Jour le Plus Long) et Kim Hunter (trois Planète des Singes et Un Tramway Nommé Désir) en seconds rôles.

 

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Également présent: David Allen Brooks (La Dernière Victime de Michael Winner, un petit rôle dans Le Sixième Sens de Michael Mann et Jack Frost 2), Julia Montgomery (héroïne violée de Revenge of the Nerds), Talia Balsam de la série populaire Mad Men, et surtout la magnifique Amanda Pays qui enfile aussi bien le maillot de bain que le costume de monstre pour l’occasion. Figure aussi une mystérieuse Bunki Z, alias Bunky Jones, que l’on retrouva ensuite dans Frankenstein General Hospital et les slashers Grotesque et Hide and Go Shriek. Pas des incontournables c’est sûr, mais ils font le boulot, au même titre que The Kindred qui ne réinvente rien mais reste efficace là où il faut. Si vous ne demandez pas la lune, cela devrait amplement vous suffire.

 

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