Aquarium of the Dead (2021)

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Aquarium of the Dead

(2021)

 

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Si l’histoire d’Aquarium of the Dead vous dit vaguement quelque chose, c’est sans doute parce qu’il s’agit pratiquement de celle de Zoombies, un film de morts-vivants se déroulant dans un zoo et où les revenants sont uniquement des animaux. Une bonne série B à vrai dire, qui reprenait à son compte quelques idées déjà développées par la Asylum dans sa série Z Nation. Mis en scène par le même réalisateur, cette nouvelle version se situe en fait dans le même univers que son modèle et peut être considéré comme un Zoombies 3 ou un spin-off, l’intrigue se déroulant presque immédiatement après les événements du premier opus (Zoombies 2 étant une préquelle). L’héroïne apparaît même en visioconférence pour supplier les nouveaux protagonistes de ne surtout pas utiliser les médicaments contaminés provenant de son parc, dont ils disposent d’un stock. Cette grosse maline ne leur précise cependant pas les effets secondaires que cela entraîne, car bien sûr sans ça il n’y aurait pas de film et tout serait fini en quelques minutes.

 

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Un point de départ un rien expédié et qui engendre un pseudo mystère qui n’en est pas un (un employé assure s’être débarrassé des produits, mentant pour couvrir un acte de sabotage expliqué à la toute fin de l’affaire), mais qui a le mérite de ne pas nous faire perdre de temps. Hélas si l’idée d’une faune marine réanimée est des plus séduisantes, il faut reconnaître que le concept n’est pas aussi bien utilisé que dans les précédents épisodes: il y a moins de bestioles, moins d’idées folles et les locaux sont plus petits et moins bien utilisés que les multiples enclos de l’Eden Zoo. On note à peine une salle inondée et personne n’est forcé de plonger dans un bassin piégé ! Cela est en partie dû au changement de scénariste, ici un duo habitué aux productions Z et donc à se restreindre à tous les niveaux, mais surtout au fait que le tournage a visiblement été fait en quatrième vitesse. L’action se concentre sur les scènes de couloirs où les personnages ne font que parler, et des même choses simples qui pourraient être montrées (un téléphone oublié dans une pièce par exemple) sont établies par dialogues.

 

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En résulte l’impression que cette production est encore plus cheap que d’habitude et les mésaventures des protagonistes évoquent continuellement cette séquence des Rats de Manhattan de Bruno Mattei, quand un pauvre bikers nous assurent que des millions de rats se massent derrière une porte sans que l’on n’en voit jamais l’ombre d’une queue. Il n’y a pratiquement aucune interaction avec les zombies durant la première heure, le film abusant du hors champ, et plus d’une fois les héros réagissent à des apparitions qui nous sont totalement invisibles. Aquarium of the Dead devient vite frustrant et ruine tout son potentiel, gâchant des concepts pourtant prometteur comme la résurrection de ce dauphin mort dont le corps gît sur une table de laboratoire. S’il fini par bouffer le cou d’un employé, on s’attend évidemment à le retrouver plus tard, sautillant partout dans cet environnement non aquatique, surtout lorsque l’héroïne qui l’aimait bien retourne dans la pièce un peu plus tard. Mais non ! Il a mystérieusement disparu et ne revient jamais.

 

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Les poissons zombies se jetant contre la vitre de leur aquarium pour la briser et dévorer les visiteurs ne sont jamais montrés après cette présentation, même s’ils parviennent à s’échapper. Le même crocodile est croisé trois ou quatre fois sans qu’il n’attaque quiconque, et il faudra croire sur paroles des flics de passage quand ils déclarent que les sauriens ont réussi à rejoindre l’extérieur. Une armée d’araignées de mer disparaît aussitôt qu’elle est annoncée et la section des requins se limite à deux spécimens immobiles car échoués au sol sans explication. Et pour être complètement franc, le problème ne se limite pas qu’aux bestioles puisque les acteurs aussi vont et viennent à leur guise sans se soucier de la logique: alors qu’une scène force les survivants à grimper un par un dans un conduit d’aération pour esquiver les mauvaises rencontres, on pourra remarquer que quelqu’un manque à l’appel. Une comédienne qui ne devait pas être disponible à ce moment là pour X raisons, et cela aurait pu être amplement ignoré si le film avait passé ce fait sous silence.

 

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Mais les producteurs ont cru bon adresser le problème, et quelqu’un demande alors où elle se trouve, avec une gravité qui semble importante dans le déroulement de l’aventure. “Elle a prit un autre chemin” réplique quelqu’un, comme si ce n’était pas bien grave. Et effectivement la revoilà avec eux l’instant d’après comme par magie. Cela aurait pu être drôle si le film avait autre chose à proposer, mais ce n’est pas le cas. Disons-le clairement: Aquarium of the Dead a été distribué plus tôt que prévu et n’est en réalité pas vraiment finalisé. La raison ? Plus que certainement la sortie du Army of the Dead de Zack Snyder, autre film de morts-vivants qui d’ailleurs possède un tigre zombie très ressemblant au lion vedette de Zoombies. La Asylum ayant fait son pain et sa réputation sur la création de mockbusters, elle a probablement décidé d’avancer la sortie de son pseudo Zoombies 3 pour qu’elle corresponde au calendrier de Netflix. D’ailleurs les deux titres sonnent un peu pareil. La démarche est compréhensible, mais cela reste regrettable.

 

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Car on retrouve quand même des vestiges de bonnes idées, totalement dans l’esprit de la franchise. Comme le dauphin zombies qui sourit avant d’attaquer, le gigantesque morse qui empale un mec avec ses défenses, ou cet obstacle que représentent les deux Mako que doivent enjamber les héros sans savoir s’ils sont bien morts ou font semblant. L’idée que les réanimés soient aveugles est intéressante, les animaux communiquant entre eux pour se signaler leur présence tandis qu’un scientifique utilise un dictaphone pour les piéger. Un type armé d’une hache d’incendie et prêt à la baston se fait aussitôt botter le cul par un gros crabe, tandis qu’une pieuvre géante se déplaçant dans toute la tuyauterie de l’aquarium, répandant ainsi son venin contaminé dans les eaux, joue le rôle de boss de fin. Et puis il y a des étoiles de mer, adorables et hilarantes quand elles rampent vers leurs victimes (“Crush them ! That’s the only way to stop them !”), effrayantes lorsqu’elles parasitent une pauvre femme en s’accrochant à elle pour lui pomper le sang.

 

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Du quasi body horror le temps de quelques secondes, d’autant plus qu’il est précisé que ces organismes ne disposent pas de cerveaux a proprement parlé, fonctionnant au système nerveux et donc différemment des autres créatures. Autant d’éléments qui auraient pu faire de ce troisième volet une série B sympathique et très recommandable, mais à l’image de cette scène où un homme se retrouve coincé dans un ascenseur minuscule avec un énorme céphalopode sans qu’il ne lui arrive rien, Aquarium of the Dead promet beaucoup sans jamais délivrer. Il n’y a qu’à voir comment la guest star de service (Vivica A. Fox, première sur la liste de Kill Bill, dont 99% des scènes ont été filmées à part du reste du casting) est éliminée à la fin du film – via un mauvais raccord ! Reste alors cette pauvre chercheuse qui se retrouve constamment martyrisée (assommée par une pieuvre, mordue par des astéries, croquée par un requin) et l’héroïne (Eva Ceja, un sosie de Felissa Rose vue dans The Amityville Harvest) en directrice coincée du cul qui fini en débardeur à montrer tous ses tatouages.

 

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Une chose est sûr, cette visite au Shining Sea Aquarium est loin d’être aussi mémorable que celle du Eden Wildlife Zoo. Avec son absence de menaces véritables, ses personnages caricaturaux, son mystère inutile à l’intrigue et ses références forcées (“Why would a shark be in a tornado ?”), Aquarium of the Dead est le parfait représentant de tout ce qui cloche avec la Asylum et ses téléfilms au rabais calibrés pour une audience souvent incapable de différencier ce qui est fun de ce qui est stupide. Un public prêt à se jeter sur tout ce qui porte l’étiquette “nanar” pour rire un coup sans jamais trop réfléchir, permettant aux producteurs d’en faire le minimum tout en se cachant derrière l’étendard du “fait exprès”. De l’arnaque en fait, qui ne fait que desservir la série B et ses fans en baissant le niveau de qualité du genre. Nous devrions être en droit d’exiger mieux.

 

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