Fansadox Collection #1 – Torture Brothel (2002)

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Fansadox Collection #1

Torture Brothel

(2002)

 

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La BD et la pornographie, c’est une vieille histoire qui remonte probablement à la création de l’un ou de l’autre. Si la majeure partie de la population va s’imaginer des images et séquences “en vrai” à l’évocation du classement X, beaucoup ont toujours été attiré par des représentations plus artistiques, qu’elles soient belles ou laides, érotiques ou vulgaires, artistiques ou paillardes. Après tout il y a bien une raison pour laquelle des illustrateurs tels que Milo Manara, Luis Royo ou Paolo Eleuteri Serpieri (et sa Druuna) soient si célèbres. Le Japon, à travers ses doujinshis classés hentai, est probablement le plus gros fournisseur dans le genre. L’Italie, pays de l’exploitation avec un grand E, n’a pas seulement fourni les vidéos-clubs en cinéma Bis et s’est aussi fait une réputation dans les librairies de gares avec les inoubliables fumetti, bandes porno-gores en noir et blanc où des scènes dignes d’un film cochon se mélangeaient à des gangsters ultra-violent, des extraterrestres sadiques et autres monstres sanguinaires. On a pu les découvrir chez nous, bien que souvent redessinés, censurés, à travers le délirant éditeur Elvifrance.
Même des œuvres plus sages ont fait montre d’un impact érotique certains, gagnant une notoriété sans doute plus grande ce faisant. Bien que ne contenant aucune séquence chaude, Barbarella est surtout connue pour sa machine à orgasmes et les stripteases fréquents de son héroïne. Des filles nues et violentées se retrouvent fréquemment dans les pages de Torpedo et les créateurs du tout public Lanfeust de Troy et toute sa saga n’ont jamais hésités à jouer des charmes de leur héroïne des Feux d’Askell, laquelle se déshabille constamment, se fait violer et castre quelques pervers avec les dents. La liste est tout simplement interminable et difficile à classer tant on peut passer, d’une œuvre à l’autre, de la simple nudité coquine mais détaillée à la banale scène de sexe, et jusqu’au délire SM plutôt corsé.

 

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Et de sadomasochisme il en est question avec Fansadox. Du sadisme tout court plutôt, comme le titre de la collection le laisse entendre. Absolument pas vendus en librairie, les numéros de cette série sont surtout connus pour leurs penchants extrêmes, fortement graphiques et moralement indéfendables. Dire que l’on a affaire ici à du torture porn est un euphémisme ! Après lecture je peux garantir que ce terme, régulièrement employé au cinéma pour quelques films d’horreur, n’a jamais mieux trouvé sa place que dans les pages de cette revue. On y viole, on y mutile, on y tue même, dans des orgies si violente que le terme BDSM semble être une aimable plaisanterie. Le ton de Fansadox est résolument hardcore, le “sexe” n’étant finalement qu’un élément bien secondaire dans cette orgie d’esclavagisme, de domination masculine, de racisme, et, osons le dire, de misogynie. Il faut dire que la collection ne s’embarrasse que de très peu de tabous et seule la pédophilie – peut-être – représente un interdit. Probablement plus par soucis de légalité des ventes qu’autre choses d’ailleurs, tant le site et les différents numéros mettent en avant le fait que les protagonistes de leurs histoires ont tous plus de 18 ans.
Mais Fansadox c’est quoi exactement ? A l’origine, une revue pornographique espagnole spécialisée dans le BDSM dessiné. Disponible uniquement dans de petits kiosques minables à Barcelone (et autres grandes villes du pays, on l’imagine), il s’agissait de magazines contenant chacun cinq ou six histoires écrites et illustrées par des images plutôt évocatrices. C’est l’éditeur DoFantasy qui se charge de sa publication (ou plutôt ”d’O Fantasy”, puisque c’est la véritable écriture, référence évidente au célèbre roman SM Histoire d’O), publiant pas moins de 22 numéros avant de se diversifier dans quelques spin-offs (Sickest Comics, divers one-shots et même une version étrangère internationale avec Taboo Illustrated, chez Huslter). Parmi les histoires, quelques nouvelles mais surtout de la bande-dessinées. Des comics à suivre et confectionnés par différents artistes aux styles – et fétiches – des plus variés. Cela va de l’horrible au médiocre (souvent), en passant même par le sublime dans certains cas (rarement).

 

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Il est pratiquement impossible d’établir un historique de Fansadox tant les dates et informations manquent. Mais visiblement l’éditeur à commencé ses méfaits aux alentours de 1998 jusqu’à passer par la case Internet vers l’an 2000. Conscient du potentiel international de son bébé, DoFantasy a décidé de créer une version téléchargeable et payante du magazine directement en anglais, avant d’abandonner finalement le format pour privilégier la collection, où chaque histoire serait disponible en intégralité. D’où le nouveau titre de Fansadox Collection. S’il est indéniable que la première vague a vu le jour quelque part entre 2000 et 2003 (facilement identifiable par le titre du 20ème numéro, Harem 2003), je suis cependant incapable de dater ce premier numéro. Pour ce que j’en sais, la chose a très bien pu être confectionnée bien avant et simplement réutilisé pour mettre en place un lancement immédiat dès la décision de créer la série. Après tout nous sommes dans une industrie où les auteurs ne sont pas bien regardant sur la qualité de leur travail (surtout en début de carrière) et n’ont que faire de leurs état de faits. Torture Brothel pourrait aussi bien se situer quelque part en 1998 et 2003, et pour rendre les choses encore plus confuses on peut voir que l’auteur à recyclé l’affiche de sa BD pour une autre, auto-édité sur son propre site ! Ainsi peut-on découvrir un mystérieux The Buyer dessiné entre 2008 et 2009, qui pourrait aussi bien être une histoire indépendante mais utilisant la même affiche, une suite réalisée quelques temps après l’original, ou d’un recyclage sous un autre titre afin de revendre la même merde sans s’embêter avec quelques histoires de droits d’appartenance. Allez comprendre ! (et non, je ne me risquerai pas à faire un achat sur un site n’ayant pas été mis à jour depuis 2010, il ne faut quand même pas déconner).

 

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Quoiqu’il en soit, la qualité franchement déplorable de ce premier numéro donne le ton à la collection et incarne toute la vilenie de l’entreprise. C’est violent, abject, franchement pas excitant pour un sou et aussi cru et frontal que le plus industriel des pornos californiens. Le vrai soucis de Fansadox, c’est surtout que la quasi totalité de ses titres se prennent beaucoup trop au sérieux, sont dessinés dans un style parfois si moches qu’ils en deviennent répugnants (et ce avant même que les atrocités commises par les protagonistes n’entrent en jeu) et injectent des thèmes fortement discutables. Qu’un homme ait des rapports violent avec une femme attachée est une chose, mais certaines histoires semblent faire preuve d’une véritable haine pour la gent féminine qui dépasse le cadre de simples fantasmes brutaux. Tout aussi nauséabond est la manière fréquente dont les minorités ethniques sont montrées comme étant de véritables monstres prenant grand plaisir à humilier la femme Blanche.
A vrai dire ces analyses sont absurdes puisque tous les personnages masculins sont des violeurs sauvages assoiffés de sexe et de sang et que toutes les femmes sont de simples victimes sans personnalité, incapables de se défendre ou de lutter. La collection Fansadox est donc tout aussi dégradante pour l’un comme pour l’autre sexe. Et si l’on peut arguer que tous les auteurs sont des hommes, il faut savoir que ce sont des femmes qui sont à la tête de DoFantasy ! Incroyable mais vrai. Nuria Campins dirigea la société de ses débuts jusqu’en 2013, décédant d’une maladie, puis c’est sa sœur Begonia qui repris le flambeau par la suite. Alors évidemment il y a parfois des exceptions, des renversements de valeurs, et chaque intrigue ne suit pas forcément la même formule. On y trouve des héroïnes fortes qui viennent à bout de leurs pathétiques tortionnaires, et certains antagonistes se révèlent être des femmes dominatrice ayant le contrôle sur le mâle idiot. Parfois l’auteur préfère l’humour à la violence et force la caricature pour calmer le jeu. Enfin certaines réalisations échappent totalement au carcan torture porn de la collection et apparaissent comme des œuvres très intéressantes n’ayant pas grand chose à faire ici (c’est en particulier le cas avec le Jinni de Ferres).

 

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Hélas ces exemples sont bien trop rares et dans l’ensemble une BD Fansadox reprend le même concept ad nauseam: des jeunes femmes sont capturées par quelques pervers, violées et torturées au-delà de tout réalisme, et la conclusion montre souvent un échappatoire raté ou un twist à la Contes de la Crypte qui vient apporter encore plus d’horreur à une situation qui n’en avait franchement pas besoin. Alors certes, dans l’absolue DoFantasy n’a rien inventé et le marché du hentai est saturé de doujins tout aussi glauques et sadiques (ou parodiques). Pourtant entre les commentaires raciales et les propos obscènes tenus par les personnages, les fétiches qui sont presque naturellement tournés autour de pratiques extrêmes et les bad endings quasi permanentes, Fansadox se montre finalement presque plus atroce tant moralement que techniquement.
Et quoi de mieux pour le prouver que chroniquer brièvement ce Torture Brothel, que l’on doit à un certain Aries et qui ne raconte absolument rien si ce n’est une série de sévices à peine racontables avec des mots ? “L’intrigue” (notez les guillemets) tourne autour d’un centre de détention de haute sécurité caché quelque part dans la jungle amazonienne. L’endroit n’est pas une véritable prison mais une sorte de club pour riches qui peuvent y réaliser tous leurs fantasmes sur les détenues. Des prisonnières qui sont en fait des jeunes femmes étrangères, des touristes sans amis ni familles kidnappées et livrées en pâtures aux clients du Torture Brothel (oui c’est littéralement son nom). Les pauvres y subissent toutes sortes de châtiments, leur vie n’ayant plus aucune valeur. Si un des tortionnaires va trop loin, tuant ou estropiant sa victime, il se contente de payer sa facture et libre à lui de recommencer avec une autre… Ici c’est la pauvre Monique, une française (merci au site de préciser ce que l’auteur oublie de mentionner !), qui va avoir le malheur de subir les derniers outrages après qu’elle ait été sélectionnée par le sadique et révulsant Matanzas (ou plus exactement Severo Matanzas, baron de la drogue et millionnaire, merci au site pour…), lequel va en faire sa compagne d’un soir. Violée, battue et torturée, Monique va être poussée jusqu’à ses limites pour rester en vie…

 

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Et c’est a peu près tout ce qu’il y a dire. Du reste je peux citer les différentes formes d’humiliations qu’endure l’héroïne, mais en substance il n’y a rien au-delà de ce que je viens de résumer. Matanzas sélectionne une jolie brune (dans un costume SM rouge qui évoque sensiblement la tenue légère de Vampirella, mais je doute que Aries l’ait fait exprès) après avoir tripoté deux autres prisonnières. Il l’entraine dans un cachot tendance médiéval, où les rats prolifèrent et les squelettes d’anciennes victimes sont enfermés dans des cages suspendues, puis l’allonge sur un matelas tâché de sang pour l’attacher et la pénétrer par tous les orifices. Le côté BDSM intervient à ce moment là, l’antagoniste n’hésitant pas à utiliser tout un attirail sur le corps de la belle: ballgag, ring gag, pinces à tétons, bougie allumée et enfoncée dans le vagin, anneau placé dans le nez, câbles électriques…
Matanzas est parfois pris de crises de colères inexplicables qui tiennent plus de la psychose qu’autre chose, n’hésitant pas à frapper Monique pour un rien et se vexant lorsqu’il n’arrive pas à la faire jouir après l’avoir violenté. Lui, par contre, est doté d’une endurance sexuelle inépuisable malgré son corps trop gros et peut enchainer un missionnaire, une sodomie et une branlette espagnole en quelques minutes avec un orgasme à chaque fois. Bien sûr, bien sûr.
Le supplice s’arrête un moment et Monique est laissée pour la nuit dans une cage, un étau à dents resserrant ses seins autour d’un des barreaux, car… il faut bien justifier le “torture” du Torture Brothel, je suppose. Le criminel donne également l’ordre au personnel de maintenir la jeune femme éveillée quoiqu’il arrive et conclut ce tête-à-tête par un acte d’une grande classe en urinant sur Monique. Tout ceci n’était évidemment qu’un avant-goût des festivités prévues le lendemain, qui vont prendre des proportions extraordinaires. Ceci afin de justifier le côté “fantasme” établit par DoFantasy: le réalisme n’est ici qu’une option.

 

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Nous découvrons brièvement les clients à mines patibulaires du Torture Brothel et sans surprise notre baron de la drogue tourmente une pauvre serveuse tout en taillant le bout de gras avec un quelconque général. L’héroïne le rejoint et s’ensuit une fellation qui se termine en deepthroat, une autre fellation réalisée dans une piscine avec Monique maintenue sous l’eau jusqu’à l’éjaculation (ce qui m’apparait comme hautement improbable, mais à ce stade là tout ce qui arrive me passe très haut au-dessus de la tête). Le clou du spectacle est l’apparition inattendue d’un étrange godemichet / totem qui évoque El Vibro de Vibroboy. Mais rien d’aussi marrant ici, la chose n’étant qu’un gadget que Monique doit lécher puis chevaucher pour s’offrir spectacle.
Des clochettes sont accrochées à ses tétons à l’aide d’hameçons afin que Matanzas soit sûr qu’elle fasse travailler ses hanches même lorsqu’il a le dos tourné, puis dans ce qui doit être la séquence la plus surréaliste de la BD, utilise la fonction vibration afin d’imposer un orgasme à la jeune femme. Outre le fait qu’il est absolument impossible que Monique puisse ressentir le moindre plaisir étant donné sa position, la séquence semble être là pour faire écho à ce passage précédent où le criminel n’arrivait pas à la satisfaire. Ici, il lui demande au contraire de ne jouir sous aucun prétexte car sinon il l’a livre en pâture aux crocodiles !
La dernière page de Torture Brothel, à la manière d’un EC Comics, montre la pauvre victime se retrouver dans une situation horrifique qui aurait tout-à-fait sa place dans une parodie porno de Saw. Monique est placée dans une cage, adossée aux barreaux, les mains attachées dans le dos. Elle se tient sur une jambe, levant l’autre pour supporter un lourd poids qui, s’il venait à toucher le sol, ouvrirait les portes de la cage pour laisser entrer les crocodiles ! Et l’antagoniste de lui révéler qu’il va la laisser ainsi toute la nuit: si elle survie, il l’achètera pour en faire son esclave personnelle.

 

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Et Torture Brothel se termine là, avec une mention to be continued probablement mensongère car jamais Fansadox Collection n’est revenu sur le triste sort de Monique. A moins peut-être que la suite se trouve quelque part parmi la centaines de comics pondus par l’auteur sur son site personnel, peut-être justement le The Buyer que j’évoquais plus haut ? La vérité est ailleurs et je n’ai absolument pas envie de la chercher. De toute façon il est un fait avéré que les histoires publiées par Fansadox ne connaissent de séquelles que si la vente de l’original a été un succès et je doute sincèrement que Torture Brothel ait connu le moindre enthousiasme, même chez les lecteurs les plus pervers.
Très franchement, que dire de plus ? Faire étalage de toutes les immondices de ce numéro m’a permis de gagner quelques lignes mais, vous en conviendrez, ce n’était que du vent. Fansadox Collection présente du BDSM sadique, violent, très loin de simples relations sado-maso et en fait très loin de simples relations sexuelles. L’acte semble n’être qu’un détail relégué au rang d’instrument, au même titre que les hameçons et les bâillons utilisés par le “héros” de l’histoire. Tout n’est qu’humiliation et domination avec une vulgarité crasse (j’ai préféré garder sous silence les provocations incessantes de Matanzas, mais pour la forme voyez plutôt: “You and I are gonna roll around like horny pigs.” Voilà, voilà…) et une sériosité plutôt déroutante.
L’histoire n’est qu’un prétexte et on n’apprend strictement rien de la prison, de son personnel ou des prisonnières. Si ce n’était pour un texte d’intro avant la BD et deux ou trois mots lâchés sur la fiche du site, on ne saurais même pas où se déroule l’action ! Tout au plus l’auteur pense t-il à introduire les crocodiles un peu avant la conclusion, en dévoilant quelques uns enchaînés à l’extérieur du Torture Brothel pour dissuader les captives de toute évasion, et une scène très brève montre un groom (vêtu d’une tenue réglementaire mais restant désespérément sans pantalon, son pénis pendant mollement entre ses jambes !) s’occuper de préparer Monique, la lavant, l’habillant et la violant afin de vérifier l’état de ses orifices.

 

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Et comment décrire le coup de crayon de Aries… ? La seule chose qui me vient en tête, ce sont ces dessins fait à la va-vite sur les manèges de fêtes foraines miteuses, aux proportions discutables, aux couleurs éclatantes même là où il ne le faudrait pas, et semblant toujours emprunter un personnage ou un élément à une œuvre connue du public. Du dessin bootleg dont les traits déformés évoquent justement une figurine mal sculptée. C’est laid, désagréable à regarder et je dois vraiment me retenir de ne pas dé-saturer les images ici-même afin de les rendre moins flashy. Cet aspect “train fantôme” n’en est que plus fort lors des scènes de violence, chaque blessure, chaque pénétration faisant jaillir des litres de sang épais et rouge vif du corps de Monique.
Personnellement le style du dessinateur me rebute énormément et m’apparaît vraiment comme le fond du panier, DoFantasy ayant sûrement préféré lancer sa collection avec quelques auteurs un peu moins coûteux avant d’embaucher quelques vétérans plus appréciés (Gary Roberts) ou plus talentueux (Fernando). J’imagine que c’est une question de goût, mais le côté cartoon et caricatural de Aries me semble plus en phase avec les petits sketches satiriques de journaux comme Fluide Glacial ou Charlie Hebdo qu’à la bande-dessinée X. Détail amusant toutefois, on peut clairement voir que les bulles de dialogues ont été rajoutées après-coup, détonnant fortement sur les planches. C’est une pratique visiblement courante chez DoFantasy et en fouillant dans les options de certains fichier PDF des autres numéros, on peut en trouver une qui permet d’éliminer textes et ballons, ne laissant des comics que les dessins. Et étrangement dans la plupart des cas les revues passent beaucoup mieux ainsi ! L’enchainement des séquence se suit d’elle-même et l’absence de discussions risibles et injurieuses vient rendre l’ensemble un poil moins vulgaire, plus proche d’un artbook pornographique où le trait de l’artiste et la force brute de ses compositions se suffisent.

 

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On voit d’ailleurs souvent que les dialogues ne compte pour rien, les héroïnes passant leur temps à hurler et les tortionnaires à insulter sans que cela n’apporte quoique ce soit. Il est évident qu’un illustrateur n’est pas nécessairement scénariste et, dans le milieu du X, c’est sans doute encore moins le cas (on peut sûrement affirmer que pour beaucoup des artistes ceci n’est qu’un boulot alimentaire et qu’ils ne s’impliquent qu’un minimum dans les projets). Je me demande alors si ce sont bien eux qui s’occupe des dialogues tant ils ne semblent être là que pour faire du remplissage. Il serait plausible de supposer que les dessinateurs se sont contentés de réaliser leurs planches en suivant une trame vaguement définie et qu’un employé a ensuite rajouté le texte au montage final, ajoutant ce qui lui vient en tête à la lecture pour libérer l’artiste et faire gagner du temps à l’industrie… Quoiqu’il en soit Fansadox, et tout particulièrement ce premier numéro, c’est de la merde. Certes les habitués de l’Exploitation ne seront pas nécessairement choqué du résultat, et quiconque s’est enfilé la collection Gore de Daniel Riche sera immunisé face aux sévices qui lui sont présentés (car tout ce qui arrive ici n’est pas plus traumatisant que, par exemple, la séquence d’intro de La Mort Putride de Fétidus). Pour autant cela reste tout de même détestable à tous les niveaux et ne peut être lu qu’avec beaucoup de distanciation, en mode “lecture nanarde” (oui, ça prend un D au féminin, j’ai vérifié).

 

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Quant à la question “pourquoi s’embarrasser à chroniquer une telle purge ?”, c’est simple: j’ai fréquemment des blocages sur mes articles et il peut parfois se passer des semaines, voir des mois, avant que je ne parvienne à finir un papier. Et sous l’ampleur de la tâche il m’arrive de baisser les bras. En faisant un texte rapide sur un sujet aussi nauséabond, je m’expose à des commentaires de la part des fans(adox) comme des choqués, et à la surprise de mes collègues qui risquent de me bannir de leurs rangs. Autant dire que je suis alors très motivé à rattraper mon retard et à enterrer ce texte en publiant de nouvelles choses plus intéressantes, en espérant que personne n’ait rien vu ! Me voilà donc contraint de revenir rapidement sur Charlie’s Farm et Cobra qui trainent depuis trop longtemps, et de me remettre à jour dans mon travail.

 

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2 comments to Fansadox Collection #1 – Torture Brothel (2002)

  • Rigs Mordo  says:

    Putain ça a l’air d’être quelque-chose ! Belle chro pour un machin… euh… particulier!

    • Adrien Vaillant  says:

      Mouahaha ! Je savais que quelqu’un remarquerai quelque chose avant que j’ai le temps de publier Charlie’s Farm. Par contre j’imaginais pas que ça serait un compliment !

      (au passage merci beaucoup pour le lien sur ta chro de D’Origine Inconnue)

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