Demon Slayer (2002)

 

Demon Slayer

(2002)

 

They’re whores, that makes them evil !

 

 

Parce que l’anime Demon Slayer est à la mode en ce moment, cela m’amusait d’exhumer ce Demon Slayer oublié de tous, un avatar de la hoodsploitation horrifique du début des années 2000 qui n’est pas sans rappeler les œuvrettes commanditées par Charles Band à la même époque (Cryptz, Killjoy, Ragdoll). Celui-ci tire son inspiration de Evil Dead, déplaçant l’action dans un bâtiment abandonné du ghetto et remplaçant le Necronomicon par un mélange peu réussi de mythologie Aztèque et de culture mexicaine. Rien de bien original, et d’ailleurs le réalisateur n’a absolument rien non plus d’intéressant à proposer hormis quelques idées sympathiques de temps en temps, passant le plus clair de son temps à meubler le film en attendant le générique de fin. Il faut dire que le projet n’est pas totalement de sa faute puisqu’il lui offert en guise de première expérience professionnelle juste après qu’il ait obtenu son diplôme d’école du cinéma.

 

 

Ce que nous avons là est le résultat d’un partenariat entre la L.A. Film School, sans doute désireuse de prouver à ses élèves qu’elle offre des débouchées, et New Concorde, la boite de production fondée par Roger Corman. N’ayant sans doute pas eu son mot à dire sur le sujet, James Cotten se retrouva avec un scénario de Michael B. Bruxman entre les mains, ce spécialiste de la série B sans budget a qui l’on doit les scripts de Keaton’s Cop (une arnaque de la Cannon avec Abe Vigoda et Don Rickles où il ne se passe rien), Battle Queen 2020 (qui ne vaut que pour l’affiche peinte par Luis Royo et les seins de Julie Strain) et Raptor (composé à 90% d’extraits des trois Carnosaur). Mal barré, le jeune cinéaste réécrit aussitôt la chose avec un copain mais, vu le résultat, il est impossible de dire si cela en valait vraiment la peine. Tourné en 2002 sous le titre de Day of the Dead, la chose ne sortira qu’un ou deux ans plus tard sous celui de Demon Slayer.

 

 

L’intrigue s’intéresse à de jeunes délinquants contraints de remplir un travail d’intérêt général pour éviter la prison. Le boulot consiste à rénover un hôpital abandonné afin de le transformer en centre communautaire, et tous ignorent que l’établissement fut fermé dans les années 50 après un massacre commis par les patients devenus fous. A peine arrivent-ils sur place que l’une d’entre eux commence à avoir des visions de rituels païens et de sacrifices, et il apparait qu’une force maléfique hante les lieux depuis l’époque de la Conquête de l’Ouest, du temps où l’endroit était une maison close: suite à une tragédie impliquant la mort de bébés malades que l’Église refusa de soigner considérant la profession de leur mère, les prostituées rejetèrent Dieu pour vénérer une déesse Aztèque sanguinaire, lui sacrifiant leurs clients. Depuis lors, ces servantes reviennent sous forme d’esprits à chaque Jour des Morts pour continuer leurs activités sanglantes…

 

 

Malheureusement pour nous ces fantômes ne sont pas très pressés de s’en prendre aux nouveaux venus puisqu’il ne se passe absolument rien pendant une heure entière ! Et comme Demon Slayer ne dure que 75 minutes une fois que l’on lui retire son long générique de fin de six minutes, cela ne lui laisse plus grand chose pour nous divertir… De rares éléments interviennent ici et là pour maintenir le spectateur éveillé, mais ils sont distribués au compte-goutte et noyés sous des tonnes de scènes de parlottes inutiles: citons quelques spectres sanguinolents, une jambe tranchées à coups de hache, un prêtre pervers qui mate l’héroïne entrain de prendre son bain et cet emprunt à Evil Dead de la vue subjective pour représenter l’entité maléfique… mais avec une caméra stable et lente comme un escargot qui force le monteur à ajouter un horrible filtre pour distordre l’image. Je me permet donc d’évoquer ces références à Big Boss Man et Mick Foley pour faire bonne mesure.

 

 

Vraiment, s’il ne fallait retenir qu’une scène, ce serait celle qui s’inspire ouvertement de La Ferme de la Terreur de Wes Craven, où un serpent glisse dans une baignoire pour se faufiler entre les jambes de l’héroïne. Mais vraiment, c’est surtout parce que l’instant d’avant la belle Michelle Acuna s’y déshabille, nous dévoilant sa magnifique poitrine pour l’occasion. Que Quetzalcoatl la bénisse. Du reste, il est difficile de rester éveiller tant il ne s’y passe rien, et il convient de trouver soi-même le divertissement dans les petites détails. Comme la présentation forcément ringarde du film, très datée de son époque (les couleurs ultra saturées et effets de montages qui donnent à l’ensemble des allures d’un vidéo clip MTV, le noms et archétypes des personnages – The Bitch, The Goth – sont inscrit à l’écran durant leurs introductions) et l’humour involontaire (le superviseur du groupe est constamment absent, laissant les jeunes sans aucune surveillance durant leur séjour, et le Black de service trouve le moyen d’embarquer ses flingues avec lui).

 

 

Heureusement il faut reconnaitre ici et là quelques cadrages et éclairages inspirés, sans doute la seule véritable contribution artistique du réalisateur au projet. Il se rattrape aussi lors du grand final puisqu’il bourre les vingt dernières minutes d’à peu près tout ce qui manquait jusqu’ici: un couple s’envoie en l’air, une possédée au maquillage similaire aux Deadites d’Evil Dead arrache la colonne vertébrale d’un pauvre gars puis vomi un flots d’insectes CGI dont une grosse araignée assez impressionnante, et une porte des enfers s’ouvre au sous-sol. Des succubes moches mais sexy sortent du brouillard façon The Fog et un prêtre mexicain débarque de nulle part, sans cesse accompagné de riffs de guitare façon mariachi. Hilarant, ce chasseur de démons ressemble à Cheech Marin avec un bandeau de pirate, cache une dague dans son crucifix qu’il utilise pour décapiter les démons, et balance les meilleures répliques du film: “It’s a baby carriage… from Hell !

 

 

Il y a aussi ce tournevis planté dans une tête, ce démon qui réagit aussitôt que l’on braque un pistolet sur lui, ne réalisant pas immédiatement que le chargeur est vide, et ce personnage qui se met à trancher le pied du cadavre d’un de ses compagnons dans l’espoir de jeter son bracelet électronique par la fenêtre pour alerter la police. Quel dommage que Demon Slayer n’ait pas été de ce tonneau sur toute sa durée ! On aurait tenu une véritable petite série B drôle, généreuse et rythmée faisant pour un sacré spectacle ! En l’état il n’est cependant pas recommandable. Trop mou, trop chiant et plusieurs crans en dessous de certains concurrents de la même époque, comme le beaucoup plus fun The Hazing.

 

 

 

GALERIE

 

 

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