La Mort au Large (L’Ultimo Squalo, 1981)

La Mort au Large, alias L’Ultimo Squalo (le squale ultime, ça c’est du titre !) est un film Bis. Les bisseries sont des spécialités du cinéma italiens périodes 70-80, surtout 80 en fait, et un peu 90 aussi faut dire… Je ne parle pas des “western spaghetti” (nom attribué par les américains pour fustiger des westerns meilleurs que les leurs !) mais des sous- quelque chose. Sous-Indiana Jones, sous-Mad Max, sous-Alien… Des ersatz à la pelle reprenant le thème du film à succès du moment pour se faire un petit paquet de pognon même quand on est fauché. Le film de zombies est celui qui fit le plus d’émules par ailleurs. Grâce à ces films on retiendra quelques noms, comme Lucio Fulci (pour Zombi 2 surtout, meilleur bisserie de tous les temps), Bruno Mattei (Les Rats de Manhattan et Virus Cannibal), Lamberto Bava (le fils d’un Mario très connu et très doué), Umberto Lenzi (Cannibal Ferox pour le Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato) et Enzo G. Castellari avec ses Guerriers du Bronx, qui nous livre ici un sous-Dents de la Mer.
Surfant (huhu) sur le grand succès de ce film parfait qu’est Les Dents de la Mer (et non, Jaws ne se limite pas à un requin mal fichu et une zic très connue, regardez-le une nouvelle fois pour voir), La Mort au Large raconte comment un grand requin blanc de taille peu commune (entre 12 et 15 mètres !) et à l’intelligence redoutable sème la panique dans la ville portuaire de South Bay. Le maire, en pleine période de candidature pour être Gouverneur, refuse d’annuler la grande compétition de planches à voile de l’année et c’est le drame: on se fait croquer à tours de bras…

Une intrigue qui dit vaguement quelque chose mais bon, quant on sait que Nu Image pille encore parfois au dialogue près le scénar de Jaws quelques 30 ans après, on en tient pas trop rigueur. La Mort au Large ne va pas plus loin que ça et se contente de nous balancer d’ennuyeuses séquences de blabla à la con et quelques moments “chocs” avec son requin qui mange les gens… Le problème c’est que le-dit requin se trouve être soit un jouet sous-marin aux allures de dauphin (!), soit une batterie de stock-shots où la bête n’a jamais le même gabarit (!!), soit une grosse tête qui sort de l’eau façon Dents de la Mer, mais en un peu plus rigide et bouffi et poussant un cri de dinosaure (?!!). Une bêbête à l’intelligence par ailleurs assez surprenante, sûrement pour ne pas usurper le “ultimo” du titre: vas-y que je fais tomber des pierres pour bloquer des plongeurs dans une grotte sous-marines ou que je réussi à en emmêler un autre dans des câbles pour l’emporter au large… C’est complètement con mais qu’est-ce qu’on se marre ! Reste les classiques morsures qui, elles, montrent l’étendu du budget réduit: point de bouillon de sang, tout juste un ou deux morceaux de mannequins pour simuler des membres orphelins.
Un budget si mince que le requin n’est visible que très peu de temps, au point que le réalisateur reprend le truc de Spielberg avec la bouée flottante et que les mannequins propulsés en l’air et les maquettes d’hélico sont légions. Avec sa musique hypnotisante de simplicité, le jeu de comédiens tout droit sorti de l’ANPE et son esthétisme eighties tout bonnement affolante (on passe ainsi le plus claire de son temps à mater le bermuda du figurant qui trouve le moyen d’être toujours plus moche que les autres), La Mort au Large est un bon petit nanar qui se laisse voir malgré son titre mensonger (La Mort Près de la Côte aurait été un titre plus juste, le requin ne s’aventurant jamais plus loin que cette eau claire et limpide: on voit la démarcation du niveau de la mer !).

 

 

Et pour l’anecdote: les films Bis étant avant tout destiné au marché américains (personnages aux noms américains, redoublage anglais, drapeaux des USA visibles partout), La Mort au Large gagna le pays sous le titre de Great White. Manque de bol: Hollywood est en pleine conception des Dents de la Mer 3 et apprécia moyennement que l’on vienne marcher sur ses plates-bandes ! Procès: le film est alors interdit pour des raisons de plagiat… Cela ne gêna cependant pas certains petits éditeurs dont un espagnol qui sorti carrément le film sous le titre de… Jaws 3 ! Maintenant quant on compare La Mort au Large aux Dents de la Mer 3 (ou 4) pour savoir lequel est le plus raté, et bien… et bien cela mérite réflexion…!

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