Halloween II: The Blackest Eyes (2001)

ROAD TO HALLOWEEN VIII

 

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Halloween II: The Blackest Eyes

(2001)

 

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Halloween II: The Blackest Eyes, ou simplement Halloween II #1, est ainsi la suite de Halloween: Behind the Mask (ou Halloween #1, pour ceux qui suivent), adaptation d’un traitement jamais développé pour un Halloween 8 qui aurait mêlé les chronologies de la Thorn Trilogy et de H20. Une version comic book développée par ses deux créateurs, Daniel Farrands et Phil Nutman, qui trouvèrent en Chaos! Comics l’opportunitée de finaliser leur version, mais à une condition: plutôt que publier au rythme d’un numéro par mois comme cela est la norme, l’histoire sera fractionné pour une parution à long terme avec une revue par an durant Halloween. Cela permettrait de rendre la licence un peu spéciale et de créer l’évènement à chaque nouvelle sortie, en plus de laisser le temps aux auteurs de corriger le tir au cas où un autre film sortirait et apporterait de nouveaux éléments à la mythologie. Manque de bol, en ces temps là la compagnie de Brian Pulido commençait à faiblir financièrement et il fut décidé d’abréger les choses avec le risque de faillite (celle-ci pointa le bout de son nez en 2002).

 

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C’est dans ce contexte que débarqua ce Halloween #2, en avance de plusieurs mois sur son planning car arrivant en Avril plutôt qu’en Octobre, et Farrands cède la place à Mickey Yablans (le petit Richie dans le film original !) pour assister Nutman. Une suite immédiate à l’histoire précédente puisqu’elle commence sur la fin du duel entre Tommy Doyle et Michael Myers, toujours vivant et en liberté après les évènements d’Halloween 6 et / ou 20 Ans Après. Défenestré comme à la fin d’Halloween, le croquemitaine s’enfuit avec son adversaire sur les talons, bien décidé à lui faire sauter la cervelle pour en finir une bonne fois pour toute. Mais il n’est pas le seul qui soit à sa poursuite, et l’ex-shérif Brackett (qui avait quitté la ville à sa retraite, comme évoqué dans Halloween 4) est de retour pour venger sa fille. Celui-ci semble être devenu un proche du Dr. Loomis peu avant sa mort, et en combinant ses propres recherches à celle du psychiatre, il est parvenu à lever le voile sur la malédiction de Myers, qui est étroitement lié à la fondation d’Haddonfield du temps de la conquête du Nouveau Monde. Les deux hommes vont naturellement faire équipe pour stopper The Shape, mais le culte de Thorn est toujours actif et va les capturer…

 

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Halloween II raccroche donc bien plus les wagons avec la saga cinéma que l’épisode précédent, et ce que nous avons là est avant tout une séquelle à Halloween 6, dont on retrouve de nombreux éléments. Après la mort du Dr. Wynn c’est désormais Mme Blankenship (la vilaine nounou qui disait s’occuper de Michael en 1963) qui est à la tête de la secte, dont les membres continuent de hanter la ville incognito pour accomplir on ne sait quel dessein. Cette fois ils ont bien comprit qu’ils ne peuvent pas contrôler le tueur et comptent désormais le stopper, en une référence probable à la fin du producer’s cut du sixième film où The Shape était magiquement paralysé grâce à des runes celtiques placées près de lui. Naturellement rien ne se passe comme prévu et là encore il va débarquer dans le repaire des fanatiques pour attaquer aussi bien ses ennemis que ses supposés alliés… Une redite de la conclusion de The Curse of Michael Myers qui prouve bien les limites de cette storyline qui tourne en rond, décidemment incapable de savoir quoi faire de tout ce bazar druidique jamais très développé.

 

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Car le monde d’Halloween reste celui d’un slasher, et il y a sans doute une crainte de trop dériver. Michael Myers doit tuer régulièrement, en solo, et toute l’enquête autour des éventuels responsables de son état n’est que remplissage sans intérêt, exactement comme le sont les adolescents baiseurs des Vendredi 13. Et ce Halloween II pousse un peu avec ses révélations, nous ramenant du temps des colonies où de vilains païens ayant fuit l’Angleterre s’intégrèrent secrètement aux puritains afin d’échapper à la chasse aux sorcières et continuer leurs rituels en douce. Nous est présenté un Murphey Myers dont la lignée est maudite par Samhain depuis plus de 2000 ans, faisant de Michael une sorte d’antéchrist celtique. Reconnaissons au moins au script de suivre son délire jusqu’au bout, car à la manière des Griffes du Cauchemar qui offrait à Freddy une naissance rocambolesque, il raconte comment l’assassin est venu au monde mort-né un 31 Octobre, après un accouchement difficile de plusieurs jour qui tortura sa mère, recevant après-coup une âme sombre et maléfique à la Toussaint

 

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Le croquemitaine n’a donc jamais rien eu d’humain et ne serait que l’incarnation physique d’un Mal ancien, destiné à semer la terreur. Une odyssée sanglante qui débuta avec la mort de sa sœur Judith, ici décrite comme nymphomane, probablement abusée par son propre père, et qui d’après Brackett avait une relation “bizarre” avec son frère. C’est carrément une liaison incestueuse qu’il sous-entend, théorisant que le meurtre de l’adolescente pourrait avoir été un acte de jalousie de la part de Michael ! Bref, des origines sacrément biscornues qui pourtant seront vaguement utilisées dans le véritable Halloween 8, même si montées de toutes pièces par le personnage de Busta Rhymes afin d’effrayer quelques visiteurs de la demeure familiale du tueur. Une maison que l’on retrouve ici aussi d’ailleurs, avec cette même idée que le croquemitaine y trouve refuge après ses récentes pérégrinations. On y croise également Lonnie Elam, une des petites brutes qui attaquaient Tommy dans le premier film, désormais un loser ne s’étant jamais remis de cette fameuse nuit de 1978, tout comme ses camarades.

 

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L’occasion de nouvelles victimes pour l’aspect slasher du livre, mais aussi d’une reprise de la mort accidentelle de Ben Tramer dans Halloween II (le film), tué par un Dr. Loomis trop à cran. Une scène recyclée dans Halloween 4 où un citoyen est abattu par une milice l’ayant prit pour l’antagoniste, et réutilisée encore une fois dans Halloween Kills, avec sa foule en colère qui tente de lyncher un innocent confondu avec Michael Myers. A ce titre on pourra dresser d’autres parallèles entre ce Halloween II et Halloween Kills, comme la réunion entre Tommy et Brackett, le meurtre de ce dernier dans un affrontement avec le croquemitaine, la mort de Lonny dans la baraque et le nouveau le design du masque blanc, partiellement brûlé. De simples coïncidences, oui, mais qui ne manqueront pas de faire parler les fans pendant des heures. On n’en demandera plus à cette petite BD, simple produit dérivé servant à faire survivre la franchise en attendant la prochaine nouvelle entrée officielle dans la saga. C’est évidemment très bête et peu subtile en plus de souffrir de graphismes à la Todd McFarlane qui ne siéent pas vraiment à cet univers.

 

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Ils sont signés Jerry Beck (l’improbable crossover The Crow / Razor, la série Chaos! Comics basée sur ces dingos d’Insane Clown Posse) et auront nécessités deux encreurs et deux coloristes, la faute sans doute à la débandade interne liée aux problèmes d’argent de la compagnie. Brackett est méconnaissable et les personnages tiennent parfois de la caricature, mais on ne peut nier un soucis du détail et de très belles compositions, l’artiste s’éclatant à inventer des cadrages cinématiques et à cacher les membres de Slipknot parmi quelques trick-or-treaters. Ça ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais comme le disait Grand-père Simpsons: “It was the style at the time”. En tout cas l’illustrateur déguerpira avant le troisième et dernier numéro, Halloween III: The Devil’s Eyes, qui sorti bien courant Halloween 2001 et compta sur la participation du coloriste Jay Fotos. La narration y opère un saut de quelques mois dans le temps, plaçant Tommy Doyle à l’asile de Smith’s Grove sous la bonne garde des cultistes. Un point de départ intéressant, mais on pourra se demander comment ce cliffhanger aurait été fait arrangé si Halloween: Behind the Mask avait été un film.

 

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GALERIE

 

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