Rocky the Robot (The A-Team, 1985)

Lost (and found) in the 5th Dimension

Épisode 38

 

ROCKY THE ROBOT

The A-Team (1985)

saison 3, épisode 17

 

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Saviez-vous que dans la version originale de L’Agence Tous Risques, le personnage de Mr. T n’est pas nommé Barracuda mais B.A. Baracus ? Oui ça fait bizarre, mais nous ne sommes pas là pour parler de ça. A la place nous nous intéresserons ici au costume ridicule porté par l’autre protagoniste bien connu de la série, j’ai nommé Hannibal Smith. Car certains l’ont peut-être oublié, mais le gimmick du personnage n’était pas juste de machouiller un cigare en répétant “J’adore quand un plan se déroule sans accroc” en boucle, mais plutôt de se déguiser régulièrement et de la façon la plus grotesque possible en début début d’épisode pour surprendre ses clients ou parfois même son équipe. Ainsi au cours des saisons il fut un vendeur de hot dog vieillissant, un bossu chinois tenant une laverie et une superbe créature de série B nommée The Aquamaniac dont vous pouvez être sûr que nous reparlerons prochainement. Plus modeste, il fut aussi ce Rocky the Robot, parodie ultra cheap de Robby, dans l’épisode Skins de la troisième saison, le temps d’une scène si brêve et sérieuse qu’on se demande bien pourquoi les créateurs s’embêtèrent avec l’idée…

 

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C’est sous la houlette de Dennis Donnelly qu’il fait son apparition, l’homme qui tourna The Toolbox Murders s’étant depuis reconverti à la télévision, d’après un script par Mark Jones, papa du Leprechaun qui enfanta également un Rumpelstiltskin dont personne ne parle jamais. Des géniteurs intéressants qui ne font hélas absolument rien de lui, même pas un gag ! Ainsi l’intrigue se déroule principalement au Kenya, où des traficants d’ivoire envoient des braconniers commettre des massacres dans des réserves pourtant protégées. Lorsqu’un surveillant est assassiné, sa sœur et collègue embarque pour les États-Unis afin d’engager notre célèbre équipe et stopper les responsables. Son rendez-vous l’amène dans une convention pour informatique délicieusement rétro où apparaissent les stands de plusieurs compagnies inventées pour l’occasion, comme Trojan Design Corp. Ou Scorpion Imports. Celle qui nous intéresse est Kingston Imports Distributors, avec “Kingston” écrit pratiquement comme “Kellogg’s”, puisque non contente de proposer ses ordinateurs, elle attire carrément la foule avec une mascotte.

 

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Il s’agit donc de Rocky, dont l’apparence vieillotte évoque plus les films des années 50 que les cyborgs high-tech d’un monde post-Terminator. Une manière de manager le budget on imagine, et on ne leur en voudra pas trop de recréer un androïde à l’ancienne à une période où la technologie ne cesse d’évoluer, ne serait-ce que pour profiter une dernière fois de ce type d’apparence désuette mais charmante à base de tuyaux et de gros boulons. Mattez plutôt: casque en forme d’ogive, plastron chromé, bras en accordéon, et plein de petites lumières clignotantes sur le ventre et en collier. Aux pieds, une simple paire de baskettes passée à la bombe argentée ! Une visière noire cache le visage de l’acteur dont la voix est modifié par un synthétiseur si primitif que l’on comprend à peine ce qu’il dit, et le montage ajoute quelques “bip” sonores pour faire bonne mesure. “I am the rays of the future” raconte t-il à qui veut l’entendre, précisant que sa présence vise à nous divertir et qu’il est supposément pré-programmé et activé par télécommande. Un mensonge bien sûr, puisque Hannibal attend simplement l’arrivée de l’héroïne pour quitter les lieux.

 

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Il va ainsi la suivre et l’éloigner du public en la guidant vers un monte-charge pour qu’elle rejoigne le reste du groupe à un autre étage, et la séquence surprend par le fait qu’elle n’amène à rien. Aucune réaction amusée ou apeurée de la dame, de toute façon encore sous le coup de la mort de son frangin, aucune intrusion de la part d’un curieux, aucune blague, aucun jump scare ou gadget débile. Le mercenaire la mène simplement à ses hommes et le subterfuge s’arrête là. “I am sorry about this elaborate ruse” dit Hannibal qui ne peut même pas retirer son haume lui-même, devant se faire aider de Looping (ou “Howling Mad” Murdock dans la VO, ce qui sonne bien plus cool) parce que sa tenue ne lui permet probablement pas de lever les bras bien haut. Et il demeure ainsi pendant tout le reste de la scène, personne ne relevant l’absurdité de la situation, tandis que sa cliente pleure pratiquement sous l’émotion, avouant ne disposer que d’une somme minuscule qui ne couvrirait pas leur frais. Heureusement Mr. T va détendre l’atmosphère en tombant aussitôt amoureux et convaincant ses amis d’accepter la mission.

 

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Hey man, I say we go in there and skin them poachers !” balance t-il sans que cela soit hélas montrable à la télévision à cette époque. Et quand on lui rappelle que cela signifie qu’il va devoir prendre un vol jusqu’en Afrique, il fait comme si ce n’était pas un problème. De quoi nous vendre sur le reste de l’épisode, et encore plus quand on découvre que les méchant sont joués par Jessie Lawrence Ferguson (le rival de Larry Drake au début de Darkman, aussi croisé dans Les Aventures de Buckaroo Banzai…, Neon Maniac et Prince des Ténèbres), John Quade (adversaire régulier de Clint Eastwood dans Ça va Cogner…, Doux, Dur et Dingue, L’Homme des Hautes Plaines et Josey Wales, Hors-la-Loi), et Mike Morrof (criminel barbu dans Death Wish 4, Desperado et RoboCop, et zombie-giraffe dans Le Retour des Morts-Vivants 3). C’est juste dommage qu’ils ne s’y fassent pas tabasser par un gros robot rigide. Ou par George Peppard dans un costume de gros robot rigide.

 

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