Pumpkinhead (1988)

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Pumpkinhead

(1988)

 

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“Keep away from Pumpkinhead,
Unless you’re tired of living,
His enemies are mostly dead,
He’s mean and unforgiving,
Laugh at him and you’re undone,
But in some dreadful fashion,
Vengeance, he considers fun,
And plans it with a passion,
Time will not erase or blot,
A plot that he has brewing,
It’s when you think that he’s forgot,
He’ll conjure your undoing,
Bolted doors and windows barred,
Guard dogs prowling in the yard,
Won’t protect you in your bed,
Nothing will, from Pumpkinhead !”

 

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Dans la campagne profonde américaine, le jeune Ed Harley est témoin de la mort brutale d’un voisin, massacré par une créature gigantesque nommée Pumpkinhead. Selon la légende, le monstre est invoqué par une sorcière à la demande de quiconque souffrirait d’un fort désire de vengeance, assurant la mort de ses enemis au prix de son âme. Une quarantaine d’années plus tard, Ed est désormais un homme et père d’un adorable petit garçon qu’il aime par-dessus tout, menant une vie paisible comme épicier local. Lorsque de jeunes citadins débarquent pour faire du moto-cross, la tragédie frappe et son fils meurt, fauché par l’un des pilotes, ivre et peu attentif. Un accident doublé d’un délis de fuite de la part du responsable qui empêche même ses amis d’appeler les secours de crainte d’être arrêté, puisqu’il est déjà sous probabtion. Effondré, Ed rejoint la vieille Haggis afin de conjurer Pumpkinhead et se faire justice, mais découvre avec horreur que lui et le démon sont désormais lié, et qu’il va ressentir chaque mort au plus profond de son âme. Comprenant son erreur, il va tâcher de stopper la bête et sa propre rancoeur…

 

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A l’origine de Pumpkinhead il y a un court poème écrit par un Ed Justin dont on ne sait absolument rien. Son nom apparaît au générique aux côtés des scénaristes mais il semble peu probable qu’il participa activement à la production du film. Quoiqu’il en soit, quelqu’un à la De Laurentiis Entertainment Group tomba dessus par hasard et se dit que ce texte à propos d’un mystérieux “tête de citrouille” qui aime pourfendre ses ennemis ferait un parfait monster movie. Un script vit le jour et la DEG le proposa à Stan Winston, alors fort du succès d’Aliens, afin qu’il leur construise la bestiole. Non seulement celui-ci accepta, mais il demanda même à passer derrière la caméra afin de faire ses débuts comme metteur en scène ! Le hic c’est que le bonhomme fut tellement occupé à retoucher l’intrigue puis à tourner qu’il délégua le design et la construction de la bestiole à ses associés. Ce sont Alec Gillis, Shane Mahan, John Rosengrant et Tom Woodruff, Jr. qu’il convient de réellement créditer en ce qui concerne le fameux monstre, une paternité hélas trop souvent ignorée par le public qui préfère se raccrocher au nom connu du générique.

 

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Même chose pour le scénario, certes revu et corrigé par Winston mais que l’on doit aussi à quelques autres comme Mark Patrick Carducci (Neon Maniac), Gary Gerani (le Vampirella de Jim Wynorski) et Richard Weinman (The Hunter’s Moon avec Burt Reynolds) qui participèrent à différents stades de l’écriture. La réussite du film repose donc plus sur un effort de groupe que sur le seul talent de son célèbre réalisateur, et cela reste vrai aussi au regard du casting avec notamment une forte impliquation de Lance Henriksen dans le rôle principal. L’acteur tomba amoureux du projet en lisant le passage où Ed voit son fils décédé se relever subitement pour questionner son choix de revanche, et il se procura lui-même certains accessoires et vêtements du personnage (comme les dollars en argent qu’il offre à la sorcière en échange de son aide), portant même une fausse dentition pour se donner une allure plus rustique. Enfin il y a le Pumpkinhead, dont le look particulier et l’animation soignée en font un véritable protagoniste plutôt qu’une simple menace en caoutchouc dépourvue de caractère.

 

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La bête retrousse les babines pour sourire ou grogner, se moque de ses proies et leur ris au nez, repousse certains attaquants courageux pour s’en prendre aux plus faibles et possède tout un langage corporelle trahissant hésitation, colère et autres émotions inattendues. De part sa nature maléfique il n’est pas là juste pour tuer et prend plaisir à terrifier et provoquer ses adversaires, se montrant parfois sacrément cruel. Il grave une croix sur le visage d’une croyante pour se moquer de ses prières, détruit un crucifix dans une église en ruine par pure haine de Dieu et s’en prend à un pauvre garçon qui n’est pas sur sa liste pour la simple raison qu’il tentait d’aider les survivants à fuir. C’est une véritable mythologie que le film développe autour de lui, expliquant qu’il existe un démon spécial pour chaque Mal commis par l’Homme, Pumpkinhead étant la vengeance à l’état pure. Pour l’invoquer il faut se rendre à Razorback Hollow, vieux cimetière isolé dans les bois où l’on peut découvrir un étrange monticule au milieu de citrouilles pourries. Le cadavre difforme qui s’y cache appartient en fait au dernier invoqueur, alors damné et contraint de devenir la prochaine incarnation du monstre…

 

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Certes on pourra trouver son design peu inspiré car très proche du Xénomorphe d’Alien avec ce long corps filiforme et cette grosse tête (et en retour l’hybride d’Alien: Ressurection avec ses traits humains évoque beaucoup Pumpkinhead), mais peu importe car la chose gagne facilement sa propre identité. Sa taille la rend d’autant plus impressionnante qu’elle se déplace avec grâce, imitant Michael Myers en se mouvant derrière une fenêtre ou se perchant à la cime d’un arbre comme un oiseau de proie. Et puis quels meurtres: il empale un type avec son propre fusil, soulève d’une main une moto et le type qui la chevauche pour les balancer comme un fétu de paille, écrase le visage d’une victime contre la fenêtre d’une maison où sont retranchés ses camarades pour les effrayer… Parmis les techniciens responsables de ces moments de bravoures, un certain Howard Berger, futur B de KNB. Mais c’est finalement l’humanité de Ed Harley qui remporte l’attention, homme profondément bon malgré sa rage et pour qui on ne peut que compatir. Même Haggis la sorcière, vieille femme décrépite sortie d’un conte de fée, refuse d’abord sa demande, pour plus tard se moquer de sa souffrance alors qu’il a été prévenu. Et durant le final son physique se dégrade pour devenir monstrueux tandis que le démon prend une apparence plus humaine…

 

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Un conte de fée, voilà exactement ce qu’est Pumpkinhead, de l’histoire intemporelle à la morale tragique de sa conclusion, en passant par les images magnifiques d’un Stan Winston pourtant débutant: nuits de tempête, cimetières brumeux, sous-bois bleuté, vieille cabanes envahie par la végétation sauvage, église abandonnée dont il ne reste que le squelette de bois… Il convient aussi de mentionner la présence du toujours génial George “Buck” Flower au générique, qui a priori semble jouer dans son registre habituel de clochard / ivrogne idiot mais surprend dans ce rôle de paysan bourru mais censé, tenant sa famille éloignée des maléfices de Pumpkinhead. Les fans de Gremlins reconnaitront aussi le chien Mushroom, qui jouait Barney et se montre ici toujours aussi convaincant et adorable, surtout lorsqu’il se réfugie dans sa niche à l’arrivée de la bête. Avec tout ça il ne faudra pas s’étonner de la réaction ouvertement positive du public envers le film, devenu pour ainsi dire culte et comptant de nombreux fans – dont selon certaines rumeurs la romancière Anne Rice, qui rencontra le réalisateur quelques années plus tard à l’occasion de Entretien Avec un Vampire.

 

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Et dire que Pumpkinhead aurait pu ne jamais voir le jour suite à la faillite de la DEG, se retrouvant sauvé des eaux par United Artists qui le récupéra pour distribution sous le titre alternatif de Vengeance: The Demon. Depuis l’oeuvre est devenu une véritable franchise avec pas moins de trois suites (le décevant mais joliment nommé Pumpkinhead II: Blood Wings et deux téléfilms tardivement conçus pour Sci Fi Channel, Pumpkinhead: Ashes to Ashes et Pumpkinhead: Blood Feud), un jeu vidéo très mal foutu et basé sur le second opus (Bloodwings: Pumpkinhead’s Revenge) ainsi que deux séries de comics (Pumpkinhead: The Rites of Exorcism chez Dark Horse, abandonné en plein milieu de son run, et un simple Pumpkinhead chez Dynamite Entertainment qui oppose le monstre aux autres démons incarnat les mauvaises actions humaines). Et pour la forme citons aussi ce Lockjaw: Rise of the Kulev Serpent avec le rappeur DMX, remake officieux remplaçant la créature par un serpent géant et le rite d’invocation par une pipe en bois magique. Pas sûr que Ed Justin s’attendait à tout ça en gribouillant ses quelques rimes !

 

“– God damn you, God damn you !
            – He already has, son. He already has.

 

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GALERIE

 

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