Hannibal (Ep. 1.07)

Hannibal
Ep. 1.07

Sorbet

 

Voilà probablement le meilleur épisode d’Hannibal à ce jour. Et alors que tout le monde retient son souffle en attendant la décision de la chaîne productrice concernant le futur de la série (la réponse n’a pas encore été prise pour d’obscures raisons), je ne peux que croiser les doigts en espérant le feu vert pour un renouvellement de saison. Sorbet se concentre presque entièrement sur Hannibal Lecter, nous faisant enfin plonger dans son quotidien lorsqu’il ne travaille pas avec le FBI. Inattendu puisque Bryan Fuller disait vouloir garder un peu flou les agissements meurtriers du personnage. Deuxième surprise, le récit nous livre une vision très différente de ce que l’on pouvait se faire de la vie du personnage (surtout considérant la prestation d’Anthony Hopkins).

 

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Jamais le monstre n’aura semblé si solitaire et son implication avec Will Graham et le FBI semble presque être la seule chose qui lui apporte un tant soit peu d’intérêt. Lorsqu’il n’est plus en consultation, le Dr. Lecter n’a rien à faire, il n’a personne à voir, et Mads Mikkelsen possède une manière tout à fait subtile de dépeindre la gêne que ressent le personnage lorsqu’il se retrouve seul. Alors que Will ne se présente pas à son entretien, Lecter effleure un temps la télécommande d’une télévision dans l’espoir un peu vain de combler son absence. L’instant d’après, le voilà au sein du FBI pour le retrouver et entamer une conversation. D’un coup les multiples invitations à dîner qu’il offre régulièrement aux autres protagonistes apparaissent non plus comme les provocations d’un tueur en série (il fait manger la viande humaine en cachette à ses hôtes) mais comme des tentatives désespérées de socialisation ! Une “faiblesse” qui l’humanise sans tomber dans le piège d’expliquer en détail l’origine de sa folie.

 

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L’épisode symbolise encore une fois son thème grâce à une intrigue parallèle. Non pas une affaire criminelle cette fois-ci mais les rapports entre le Dr. Lecter et l’un de ses patients, un homme qui est obsédé par l’idée de devenir un ami parfait. Une sorte de parasite qui s’incruste et fait tout pour gagner l’attention d’un autre, en l’occurrence notre cannibale avec qui il souhaite devenir plus intime. Nul doute que le personnage servira probablement de bouc-émissaire pour permettre au cannibale de se couvrir une fois de plus, mais en attendant il est assez amusant de voir le psychiatre si mal à l’aise devant les divagations de son admirateur. L’occasion pour la série d’introduire un tout nouveau protagoniste, et pas des moindres puisqu’il s’agit de la propre psy d’Hannibal ! Une femme froide et intelligente qui ne se laisse pas duper par l’attitude de celui-ci, capable de percevoir une autre personnalité derrière le masque de courtoisie. Intriguant, captivant, ce personnage joué par Gillian Anderson (l’Agent Scully !) fait rebondir la série qui s’engage dans une nouvelle direction: Hannibal n’apparait plus comme un esprit supérieur tirant toutes les ficelles et se retrouve subitement à la même enseigne que les autres.

 

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Le reste de l’épisode revient sur l’affaire de l’Éventreur et les terribles conséquences qu’elle a eu sur les autorités. Jack Crawford sombre petit à petit, victime de cauchemars et d’hallucinations. Il apparait clair qu’il craint de perdre Will comme il a perdu Miriam, et avoue même qu’il compte abattre le tueur lorsqu’il l’aura attrapé. L’équipe scientifique est dépassée par les évènements et commence à entrer en conflit, incapable de savoir si le nouveau crime qui a été commis est l’œuvre de l’Éventreur ou de quelqu’un d’autre. Et comme si cela ne suffisait pas, Lecter jette le doute dans l’esprit de Will en lui apportant une nouvelle théorie sur la nature des meurtres. Ainsi déclare t-il que l’assassin est peut-être un faux tueur en série, en fait un voleur d’organes qui maquille ses crimes pour faire diversion sur ses véritables motivations. Et aussitôt, celui-ci tue à la chaine, volant des morceaux de ses victimes pour ses propres besoins !

 

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Bref, le FBI ne sait plus où donner de la tête et nous mêmes n’arrivons plus trop à savoir si le Chesapeake Ripper est supposé être Hannibal Lecter ou un autre criminel. En tout cas l’épisode traite le sujet avec humour et il est permis de rire devant le nombre de cadavres qui arrivent subitement à la morgue, ou de la façon dont le cannibale pratique ses meurtres: il pioche au hasard une recette de cuisine et une carte de visite afin de préparer l’un avec l’autre ! Il faut dire que c’est tout un banquet qu’il organise pour le public de l’Opéra de Baltimore, et ce sont donc des kilos de viandes qui s’empilent dans son frigo… Voilà une surprenante façon de mettre en scène la situation mais il pouvait difficilement en être autrement devant l’absurdité de la chose. En prime Fuller ramène encore une fois un de ses personnages, ici Ellen Greene de Pushing Daisies, renforçant un peu plus le petit côté burlesque de l’entreprise.

Pourvu que Hannibal poursuive dans cette voie, et pourvue que la série survive à sa première saison !

 

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