Aliens vs. Predator: Requiem (2007)

aliensvspredatorrequiem (2)Pour cette seconde mouture d’Alien vs. Predator, on été en droit d’attendre beaucoup. Énormément même, face à l’échec total du premier opus de Paul Anderson, véritable massacre des deux franchises. Au final il semble certains que la version cinéma du crossover ne soit destiné qu’à être d’une qualité médiocre, à notre grande déception. Toutefois il est fort permis de dire que Requiem surpasse son prédécesseur.

L’histoire prend pile là où l’opus précédent s’arrêtait. Les Yautja (Predators) rapatrient le corps du Youngblood (jeune guerrier) tombé au combat sans savoir qu’il est porteur d’un Chestbuster hybride, celui-ci venant à naitre dans le vaisseau. Alors que l’appareil est encore en orbite autour de la Terre, le Predalien s’échappe de son hôte et grossit très rapidement. S’attaquant aux Yautja, il cause la destruction de l’engin spatial qui va alors s’écraser aux USA, dans une petite ville du Colorado… L’hybride s’échappe des décombres, de même que quelques Facehuggers, commençant alors la colonisation du bled. Un Yautja se dépêche sur place pour faire le ménage…

On se souvient de la promotion ridicule du premier volet, avec son “Whoever wins, we lose” absolument pas retranscrit. C’est déjà ici nettement plus le cas et comme la publicité le montrait bien, le déroulement du film s’articule déjà nettement plus autour du nettoyage des Aliens par le seul Predator du film (AlienS vs Predator, tout est dans le titre !). Donc aux questions posés depuis les premières images : le film est-il plus conforme aux personnages ? d’une certaine manière oui. Nous fout-on la paix avec les persos humains ? Et bien… non, malheureusement.

Que les choses soient clair, Requiem reste un petit blockbuster vite conçu pour une Twentieth Century Fox qui n’en a absolument rien à foutre. On vous passe la genèse difficile, mais entre le script approuvé à toute vitesse et le tournage ultra rapide, il est clair que le produit est bien loin d’être aussi fignolé comme l’ont été les premiers Alien. Beaucoup de stéréotypes chez les protagonistes et on évite pas la blonde sexy qui se montre en sous-vêtements, le héros un brin dark car repris de justice mais sympa quand même, le black de service qui est le premier à mourir dans son groupe, ou encore des dialogues pas franchement réfléchis (“Y a des gens qui meurent. Il nous faut des armes.”) dont l’un d’eux laisse sur le cul: une bonne femme lance le plus sérieusement du monde un “le Gouvernement ne ment pas, c’est impossible.” sans aucun second degré. Tout bonnement hallucinant.

Toutefois, là où Alien vs. Predator nous montrait plus d’une heure de séquences d’exposition avant d’entrer dans le vif du sujet, ici c’est tout le contraire: on commence sur la naissance du Predalien et le départ du guerrier Yautja. Viennent quelques scènes explicatives mais toutes, du début à la fin du film, sont entrecoupées de passages mettant en scènes nos extraterrestres préférés. Du fait que toutes les scènes avec des humains nous paraissent presque rajoutées, comme pour faire du remplissage. On assiste alors à l’inévitable groupe de survivants qui taille sa route, prit entre deux feux et de façon bien plus douloureuse et injuste que dans le premier volet de la série.

Si l’on est en droit de râler, on se réjouira quand même beaucoup. Les morts, bien que certaines demeurent là encore hors-champ ou éludées par des ellipses, sont ici bien plus vicieuses et plus gores. Les personnages sont de la chair à canon au point que certaines exécutions surprennent énormément ! Que ce soit le petit garçon ou le mari aimant, en passant par la bimbo de service, on perd pas mal de personnages qui, a priori, étaient désignés comme “survivants”. De quoi calmer les ardeurs et apprécier un temps soit peu le spectacle malgré la présence de quelques CGI qui gâchent: crânes transpercés, éventrements, visage rongé à l’acide, sans parler du terrible accouchement d’une femme enceinte…

Malheureusement même ainsi Requiem reste tout au plus une grosse série B. Beaucoup de créatures et de gore mais une mise en scène franchement décevante: tout est trop sombre ou trop rapide, les scènes sont difficiles à percevoir et on devine parfois plus qu’on ne voit les choses. Le film affiche également trop de clins d’œil et de références pour se permettre d’avoir une identité propre. Pêle-mêle: Le Yautja se soigne comme dans Predator, le héros se nomme Dallas, une soldat protège son enfant façon Ripley/Newt, un commando se fait décimer aussi rapidement que dans Aliens et un hôpital renvoie directement à l’infirmerie de Alien 3… Enfin, on note l’aberration ultime de ne pas garder le principe du code génétique dans la naissance des Aliens, lesquels devraient tous être des hybrides Aliens/Predator/humains selon un certain stade du récit, en toute logique…

Passé quelques idées bizarres (le Predalien est une Reine qui ne pond pas mais injecte des embryons façon Facehugger) et une fin complètement repompée sur Le Retour des Morts-Vivants que l’on sent venir de très loin, Requiem nous offre tout de même quelques moments d’anthologie. Comment ne pas jubiler à l’idée de voir les Aliens faire ENFIN leur apparition sur Terre, et dans une zone d’habitation ? Comment ne pas s’émerveiller (quelques secondes) devant l’apparition de la planète des Yautja ? Et puis on ne peut être qu’admiratif devant certains parti-pris des réalisateurs: mise à mort sauvage d’un enfant, iconisation du Predator avant tout. Le duel Predalien / Predator, bien que très court et pas si spectaculaire que ça, reste un moment très divertissant.

Pour faire bref, Aliens vs. Predator: Requiem est une série B qui se veut bourrine et très décérébrée, mal branlée, mais quand même assez méchante et plus respectueuse de ses créatures que l’original.

 

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2 comments to Aliens vs. Predator: Requiem (2007)

  • Athal  says:

    En ce qui me concerne je compte déposer mon cerveau a l’entree du cinema vant d’aller voir le film!!!

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