The Convent (2000)

 

The Convent

(2000)

 

Nuns, guns and gasoline.

 

 

Mike Mendez s’est fait connaître du public en 1996 avec son très amusant Serial Killers et ce malgré une absence totale de moyens. Les choses ne sont pas très différentes ici avec pourtant une bien meilleure distribution du film. Si l’argent manque encore (et le tournage fut à ce titre un véritable calvaire), Mendez continu de se la jouer fun et de détourner les sacro-saintes valeurs des États-Unis: cette fois la Religion.

 

 

Il est ici question d’un couvent où, dans les années 60, la jeune Christine commis un massacre en tuant les nonnes et le prêtre qui y officiaient, prétextant qu’ils étaient en fait des démons. Quarante ans après cet événement, le bâtiment est désormais abandonné mais garde sa réputation de lieu hanté et chaque année une bande de jeunes trouve le moyen d’y faire une fête. Le problème c’est que cette fois un groupe de sataniques du dimanche en profite pour pratiquer un sacrifice rituel qui libère les forces du Mal…

 

 

 

Autant le dire tout de suite, le pitch du film tient vraiment sur un timbre-poste et le scénario sans le réchauffé à plein nez. Cependant l’intrigue est volontairement ridicule et les personnages sont construits en conséquence. Les protagonistes atteignent une stupidité assez impressionnante, que ce soit le fumeur de joins obsédé sexuel où la blondasse écervelée et cheerleader de service, en passant par les sataniques d’un amateurisme à faire peur. Jouant à fond la carte du délire, Mendez réalise une sorte de cartoon live à grand coup de gore fluo, de démons ayant la tremblote et de situations complètement déjantées. Ainsi croise t-on le rappeur Coolio sous les traits d’un policier rasta s’amusant à jouer les durs pour mieux piquer les pétards des jeunes, une scène de dialogue entre deux filles est filmée par toilettes interposées, une jeune goth avoue réserver sa virginité pour Marilyn Manson et le défoncé du groupe va saluer son camarade éventré sans rien remarquer avant de voir un string voler sous son nez et Jésus Christ lui dire “Motherfucker” depuis son crucifix !

 

 

 

Dans le même ordre d’idées on peut souligner la scène d’intro présentant le personnage de Christine (dont la version plus âgée est interprétée par Adrienne Barbeau, ex-femme de John Carpenter qu’on a pu voir dans pas mal de grands films Fantastique comme Creepshow, Fog ou encore dans New York 1997): la jeune fille se ramène en minijupe et blouson de cuir, clope au bec et bouteille de whisky à la main, pour frapper des nonnes à coups de batte de base-ball avant de les brûler vives et de les achever au fusil à pompe, le tout sous fond de musique rétro ! Un préambule qui n’est pas sans renvoyer à celui de Serial Killers, mais en encore plus barré. Un autre écho à ce film est visible lorsque deux puceaux attachés, promis à un sacrifice, se mettent à se disputer au sujet de perdre ou non leur virginité pour échapper à la mort, l’un tentant alors de s’en prendre à l’autre. On se rappel évidemment de cette scène où l’un des tueurs se retrouve sur le point de se faire pratiquer une fellation par un homosexuel ravagé du faciès (et du bulbe)…

 

 

 

Si l’intrigue du Couvent, avec ses démons ringards et ultra-speed, n’est pas sans faire penser à la série des Night of the Demons (connu en tant que Demon House en France et distribués dans l’ordre inverse de ses parutions !) c’est surtout l’ombre de Démons et de sa suite qui plane sur tout le film, que ce soit par le look fluo des créatures (en particulier les yeux verts) ou bien lorsque Christine chevauche une moto en plein couvent pour aller décapiter les nonnes démoniaques à coups de machettes (renvoi direct au final du premier Démons avec sa moto-cross et son katana dans une salle de ciné). On trouve aussi quelques références à Evil Dead avec ces visions subjectives des démons et cette brume envahissante, tandis que les excès gore nous rappel de bons vieux titres des années 80.

 

 

Cependant Le Couvent ne surmonte pas le rang de petit film sympathique en raison d’un budget microscopique lui empêchant toute ambition et limitant sa folie visuelle à quelques artifices plutôt mal gérés (séries de champs/contre-champs lors des fusillades, maquillages réussis mais limités, montage rapide et serré pas toujours lisible, effets numériques pas convainquant) et d’une trop courte durée pourtant déjà sacrément augmentée artificiellement (un rajout d’une demi-heure de présentation de personnages parce que le film était trop court d’une vingtaine de minutes pour être considéré comme exploitable !). Le rythme n’en devient que plus bancal, surtout après une ouverture aussi farfelue. On peut aussi regretter que le personnage de Christine n’intervienne finalement qu’en fin d’histoire et que l’intrigue ne soit pas centrée sur elle malgré son charisme évident. Regrettable aussi de voir cet amusant personnage de la jeune goth cynique être reléguée au rang de première victime alors qu’il s’agissait du protagoniste le plus sympathique du groupe…

 

 

 

Outre Adrienne Barbeau, qui a bien failli être remplacée par Linda Blair si Mendez ne s’était pas battu contre les producteurs, le casting du Couvent s’offre la présence du bien connu Bill Moseley (entre autre frère de Leatherface dans Massacre à la Tronçonneuse 2 et surtout futur Otis Firefly dans le House of 1000 Corpses de Rob Zombie) dans le rôle du coéquipier de Coolio, ainsi que David Gunn, le redoutable Kyle James de Serial Killers ici en risible prêtre satanique au fort accent teuton.

 

 

Mal foutu, Le Couvent l’est malgré la tentative d’approche stylisée évidente de Mendez (ce qui se ressent notamment dans les éclairages). Mais même ainsi il reste un très bon divertissement, complètement fou et assurément fun, jusqu’à son final débile à souhait. Et pour citer Mendez lui-même: “Le Couvent est résolument tourné vers un public spécifique. En dehors de ça, le film provoque un rejet immédiat.”. A réserver aux fans de films fantastiques, d’horreur et de nanars donc, et à se mater avec ses potes lors de soirées vidéos festives… Une œuvre à ranger à côté de La Main qui Tue.

 

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