Equilibrium (2002)

Injustement considéré comme un mauvais ersatz de Matrix à sa sortie en salle, Equilibrium est un bon petit film auquel il convient de rendre justice. L’histoire, classique, est celle d’une société futur au lendemain d’une troisième Guerre Mondiale. Afin de préserver le monde d’un nouveau conflit, il a été décidé que l’Homme ne devrait plus jamais ressentir les émotions. C’est ainsi que le Père, une entité invisible mais omniprésente par le biais d’écrans, diffusant sans cesse ses messages, distribue à sa population une drogue permettant l’annihilation complète des sentiments. Évidemment il y a des résistants, vivants pour la plupart à l’extérieur de la ville, dans les ruines de l’ancien monde que l’on appel “L’Enfer”, et on a chargé des unités spéciales, sorte de Gestapo adepte d’un nouvel art martial tendance John Woo (le gun kata, prévu pour faire le plus de dégâts possible par calcul de la position et distance de la cible) d’éradiquer cette menace et de brûler tout objet pouvant ranimer en l’Homme un quelconque sentiment.

On reconnaît les classiques Farenheit 451, 1984 et son fameux Big Brother et même Brazil par certains aspect. Cependant Equilibrium ne devient jamais redondant et va même a fond dans son sujet. La découverte progressives des sentiments se fera de façon croissante, souvent touchante (de la sensation du touché à la mort d’un homme dans ses bras) et effrayante lorsque l’on aperçoit ces enfants jouant le rôle de dénonciateurs, vigiles impassibles. il est aussi impressionnant de voir, pour un film sortie en salle, des scènes de répression assez violente avec ces soldats mitraillant sans états d’âme de pauvres bougres (ce qui n’est pas sans nous rappeler les Panzer Cops de Mamoru Oshii – voir Jin-Roh pour le plus connu des titres). L’originalité vient surtout du gun kata, permettant des scènes d’actions originales et très dynamiques, à des années-lumières des gunfights mous en bullet time des Matrix, où on n’hésite pas à briser les os à la manière d’un Steven Seagal. Un régal. Reste que ces scènes provoquent parfois de petits problèmes de cohérences (voir Christian Bale tuant une dizaine d’hommes pour sauver un chien, lorsqu’il se découvre des sentiments) et qui donnent l’impression d’avoir été un peu imposées…

 

 

Le film est aussi, et surtout, porté par ses acteurs. Christian Bale le premier, tout bonnement parfait comme à son habitude, mais également par les autres et notamment le jeune enfant incarnant son fils, terrifiant dans sa froideur et le danger qu’il représente à chacune de ses répliques. On note aussi l’apparition de Sean Pertwee dans le rôle du Père, malheureusement complètement sous-exploité. Sans être un chef d’œuvre, sans être des plus original, Equilibrium est un film très sympathique et mérite franchement le coup d’œil.

 

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