The Goldbergs (6.05) – Mister Knifey-Hands (2018)

ROAD TO HALLOWEEN V

 

 

 

The Goldbergs

Mister Knifey-Hands

(2018)

 

I never knew any of my fathers, and I turn out just fine.

 

 

Pour commencer, petite rectification par rapport à l’article précédent sur le sujet: c’est finalement sous le titre de Mister Knifey-Hands plutôt que de Nightmare on Elm Avenue que s’est fait le retour miraculeux de Freddy Krueger sur nos écrans. Non pas que cela ait la moindre importance mais les mots me manquent pour former une introduction qui ne ferait pas répétition avec tout ce que j’ai déjà écrit. Et ainsi il est temps de jeter un œil à ce qui n’est finalement qu’un gros fantasme de Adam F. Goldberg, créateur du sitcom portant son nom et inspiré de son enfance. Mais bon, c’est lui qui finance et si l’on partage son envie de revoir Robert Englund endosser le pull et les griffes une toute dernière fois on ne pourra qu’apprécier l’intention. Oui mais voilà, le grand retour promis n’est qu’une toute petite apparition de deux minutes (chronométré !) qui tarde beaucoup trop à venir.
Un bon moyen de forcer son monde à se taper le court-métrage en entier même s’il n’en a pas envie afin de gonfler le chiffre d’audience ou dans l’idéal se trouver de nouveaux réguliers, mais il faudra vraiment avoir une arme braqué sur soit pour trouver le moindre intérêt à ce Goldbergs qui est d’une nullité sans nom. Outre des personnages horripilants joués par des acteurs sans aucun charisme et qui essayent beaucoup trop, l’humour est tout bonnement inexistant car les scénaristes sont du genre à privilégier la quantité à la qualité.

 

 

En seulement vingt petites minutes, on nous inondes de répliques “drôles” en espérant que l’une d’entre elles fasse son effet mais c’est comme si les responsables n’avaient jamais vu la moindre émission qu’ils sont supposés imiter. Pensez ce que vous voulez de Notre Belle Famille, de Mariés, Deux Enfants ou Le Prince de Bel-Air, mais il y avait quand même des situations loufoques, des protagonistes délirants (Steve Urkel n’est pas célèbre pour rien) et de temps en temps de vrais gags. Ici il n’y a rien et certaines conversations ont parfois lieu sans que l’on sache si l’on a manqué la plaisanterie ou s’il s’agit d’un échange sérieux n’impliquant aucune comédie.
Bref, The Goldbergs c’est de la merde et celui qui n’y vient que pour Freddy Krueger risque de trouver le temps long en attendant son idole. D’autant plus que l’on peut jeter au moins la moitié de l’épisode par la fenêtre puisque celui-ci se divise en deux intrigues et l’une d’elles se trouve être totalement hors-sujet pour un spécial Halloween ! Ainsi le Sujet B présente les déboires de Erica, sœur d’Adam, dont le petit ami plus jeune qu’elle veut la trainer au bal costumé de son lycée. L’adolescente n’a pas envie de retourner à son ancien bahut mais un concours de circonstance va l’y forcer et elle va finalement s’y sentir à son aise puisque jouant de son ancienneté.

 

 

Le script oublie les déguisements, la soirée et tout ce qui touche à Halloween pour montrer son héroïne prendre la grosse tête et se sentir populaire au point de rejeter son copain avant de réaliser son erreur. Déjà vu milles fois ailleurs et l’idée n’est même pas tournée en dérision. Seule la population de l’école prêtera à sourire puisque tous les étudiants sont joués par des adultes bien trop vieux pour être crédible. J’ose croire que cela est fait exprès, mais l’idée semble beaucoup trop subtile pour que ça soit le cas ! L’affaire aurait pu être employée n’importe quand dans l’année sans nécessiter trop de changement et honnêtement cela sent un peu le remplissage. Reste quelques déguisements plutôt impressionnant dans ce qui doit être des extraits des saisons précédentes, qui ouvrent de belle manière l’épisode.
Sujet A se rattrape heureusement en composant une histoire appropriée pour l’occasion qui se serait suffit à elle-même s’il ne fallait pas trouver un moyen de caser les autres personnages d’une façon ou d’une autre. Mais même en l’état, elle se traine lamentablement pour s’égarer sur des problèmes de valeurs familiales qui n’ont pas vraiment lieu d’être: les parents Goldberg vont se disputer avec ceux de la copine d’Adam sur la façon dont il faut gérer leurs enfants… Encore, quel rapport avec Halloween quand cela peut être exploré n’importe quand dans l’année ?

 

 

Le point de départ n’était pourtant pas mauvais. Le jeune Adam se prépare à un marathon de films d’épouvante avec sa petite amie Jackie et se rend au vidéo-club afin de louer quelques cassettes, mais n’ose pas prendre Les Griffes de la Nuit car le concept même de Freddy lui fait trop peur, avec son gant et le fait qu’il tue dans les rêves. Quand sa mère arrive et le traite comme un bébé, refusant qu’il regarde ces horreurs, il s’offusque et prétend être assez grand en voir. Naturellement il va visionner le classique de Wes Craven en secret avec son amoureuse, mais si elle s’en amuse, lui va être terrifié et faire des cauchemars pendant les jours à venir.
Le parfait prétexte pour mettre en scène le grand brûlé d’Elm Street en plus de faire écho avec ce qu’ont dû vivre pas mal de jeunes gens. Le cinéma fantastique a toujours engendré cette fascination chez les adolescents désireux de braver l’interdit, et il y a souvent cette première fois où cela se passe mal car l’appréhension vient exacerber le facteur “peur”. Mister Knifey-Hands semble s’écrire tout seul tant les possibilités sont nombreuses ! Sauf que ce n’est pas du tout ce que le scénariste a en tête. En-dehors d’une parodie de la scène du bain qui dure deux secondes, les cauchemars du héros ne sont jamais exploités et Krueger n’intervient pas une seule fois.

 

 

A la place il faut se farcir la relation conflictuelle parents / enfant où les premiers vont réaliser ce qui arrive à leur fils sans avoir les bons mots pour le rassurer, le renvoyant plutôt vers sa propre faute. Et du coup, en-dehors d’une passage où Adam sursaute en voyant sa mère en pull-over rayé et le fait qu’il s’envoie de nombreuses cannettes de soda afin de se gaver de caféine, il ne se passe là strictement rien qui n’ait de rapport avec le thème de l’épisode. Reste une scène sympathique où les parents de Jackie parviennent à guérir l’enfant de ses troubles en lui présentant un numéro de Fangoria ! De cette manière, les images de la fabrication des effets spéciaux vont anéantir la vision cauchemardesque qu’il se faisait du film et “Freddy” disparait au profit de “Robert Englund sous trois couche de latex”, ce qui là encore est quelque chose qui sonne vrai et peut être intéressant à exploiter.
Mais non,  une fois de plus ce n’est pas ce que The Goldbergs veut raconter et Adam perd son trauma immédiatement. Jamais il n’a de visions de Freddy Krueger, qui aurait alors pu disparaitre pour laisser place à Englund ou quelque chose du genre. Mais alors de quoi parle Mister Knifey-Hands exactement ? Tenez-vous bien: de la jalousie des parents Goldbergs, qui estime que l’autre famille n’avait pas à s’immiscer dans leur parentalité !

 

 

Et oui, il faut donc supporter une confrontation entre les quatre personnes et se goinfrer les traditionnels dilemmes sur les valeurs familiales américaines, comme dans exactement tous les autres sitcom jamais écrit depuis toujours. Et le Springwood Slasher dans tout ça ? Et bien il débarque enfin au bout de la seizième minutes, sur les vingt-trois qui composent le film ! C’est à la maman qu’il apparait, celle-ci réalisant que son fils est fâché suite à sa réaction excessive. Véritable mère-poule, elle ne peut l’accepter va regarder Les Griffes de la Nuit en une vaine tentative de “reconnecter” avec son rejeton. Ce qui s’ensuit ne dure que deux minutes, mais va prouver que la créativité de l’œuvre de Wes Craven transcende le temps… et même le ton.
S’endormant, la ménagère va se retrouver dans un de ces labyrinthes façonnés dans un champ de maïs et se faire attaquer par Freddy Krueger en personne. Et une ambiance semi-sérieuse se met en place, où l’on retrouve les petites filles en corde à sauter qui récitent la fameuse comptine “One, two, Freddy’s coming for you” tandis que la brume envahie les lieux. Si le croquemitaine ne se montre pas véritablement menaçant, ses échanges avec le personnage étant dans la même veine que le reste de l’épisode (c’est-à-dire mauvais, très mauvais), il prouve qu’il peut encore faire son petit effet malgré l’âge !

 

 

On pourrait presque y croire lorsque l’héroïne se retrouve dans une version délabrée de sa maison où des portraits de Krueger remplacent ceux de son fils chérie, et qu’elle est poursuivit jusqu’à son dressing où n’apparaissent que des pull-overs rouges et verts qui bientôt s’animent, les manches l’attrapant pour l’immobiliser ! Sympathique et totalement le genre de truc que l’on aurait pu voir dans un vrai Nightmare on Elm Street. Mais tout ça c’est pour de rire et il ne va évidemment rien lui arriver. Déprimée, elle demande même à Krueger de l’achever, ce qui n’est pas sans perturber celui-ci qui va alors compatir en l’entendant parler de ses problèmes, lui proposant même de tuer Adam afin de lui remonter le moral !
La conversation va vite dérailler, les deux s’insultant copieusement même si leurs “fuck” sont bipés et que leurs bouches sont cachées par des mosaïques. La maman décide qu’elle doit s’excuser auprès de son môme et quitte la pièce comme ça, envoyant juste chier Freddy Krueger comme on a sans doute tous rêvés de le faire un jour. Et Robert Englund d’y aller à fond malgré les rides qui se voient encore derrière le maquillage et les kilos en trop qui l’empâtent un peu, retrouvant sa gestuelle habituelle, son regard et sa manière de parler. Quel dommage que la série n’ait pas pensé à trafiquer sa voix, ce qui ne doit sûrement pas être compliqué à faire et aurait rendu cette scène encore meilleure…

 

 

Car oui, aussi stupide que soit The Goldbergs et le scénario de ce Mister Knifey-Hands, on croit être revenu des années en arrière lorsque l’acteur faisait des apparitions ridicules dans diverses émissions juste pour le fun (et un chèque, n’oublions pas le chèque). Tant pis si le jingle du sitcom est à chier, si les acteurs débitent leur ligne aussi vite qu’un Chris Tucker et que l’absence de rires préenregistrés semble contredire le principe même de la série. Pendant deux petites minutes, on retrouve cette icône de l’Horreur telle qu’elle se mettait en scène durant son heure de gloire, avec la même énergie ou presque, et le même succès. Si la mode est à la nostalgie glorifiée des années 80 et qu’on en fait sûrement trop dans le genre, ce qui se déroule à l’écran est la preuve que le concept même de Freddy Krueger fonctionne toujours et que le personnage restera éternellement ancré dans la pop-culture internationale.
D’il est vieux et fatigué et incapable de sautiller dans tous les sens, Englund peut sûrement donner vie une dernière fois au rôle qui l’aura rendu célèbre et l’annonce-surprise de son retour alimente déjà les fantasmes. Pourrait-il faire ses adieux une nouvelle fois, de manière plus sincère ? Dans une interview promo pour Access, l’acteur s’en amuse. “It will be Freddy Krueger vs. Viagra” dit-il, avant de rajouter plus sérieusement “I might have one [movie] left in me“. La déclaration s’est rependu comme une trainée de poudre sur Internet et depuis les rumeurs vont de bon train.

 

 

Et si Mister Knifey-Hands n’était qu’un test pour jauger la popularité du grand brûlé d’Elm Street, analyser la réception auprès du public ? Et si un ultime Nightmare on Elm Street était en préparation, avant ce nouveau reboot qu’a pourtant évoqué Englund dans la même interview ? Après tout Michael Myers vient de faire un retour fracassant au box office, et seul l’argent a le pouvoir de ramener ou d’enterrer définitivement un Boogeyman. Avec Jason perdu dans les limbes des poursuites judiciaires, on ne peut que croiser les doigts pour que Les Griffes de la Nuit connaisse au moins une toute dernière mouture avec, à défaut de son créateur, la personne qui a l’a immortalisé pendant des décennies. N’importe quoi pour nous venger de l’horrible remake de 2010 et ne pas conclure l’aventure sur cet épisode franchement mauvais d’un show télé ridicule et méconnu !

 

 

 

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