Jurassic Attack (2013) AKA. Rise of the Dinosaurs

 

Jurassic Attack

(2013)

 

 

Ce Jurassic Attack ne doit sa conception qu’à la ressortie actuelle de Jurassic Park en 3D au cinéma. Une de ces séries B opportunistes à la Asylum en somme, qui imite les blockbusters en activité, espérant gagner quelques dollars durant leurs runs. On appel ça des mockbusters. Ce film-ci, étrangement, n’est pas à attribuer à la Asylum mais à une toute nouvelle société nommée Titan Global Entertainment. Un futur concurrent au vu du résultat et des deux autres projets à venir (Avalanche Shark et Quatermain: Legacy !), autant dire qu’il va falloir surveiller ça de près.

 

 

Hélas malgré tout le potentiel nanar que l’on pouvait espérer obtenir du produit, Jurassic Attack n’est pas vraiment marrant. En fait il est plutôt chiant, et passé les 40 premières minutes, on fini par décrocher tant le film n’ose pas aller jusqu’au bout de sa connerie.
Ça commençait bien pourtant, avec un hangar faisant office d’intérieur d’hélicoptère, un coin de l’écran révélant légèrement la porte grande ouverte qui donne sur l’extérieur, ces dinosaures en CGI ridicules (de quoi regretter les T-Rex en plastique des Carnosaur) et cette bombasse en sous-vêtements qu’on nous présente comme étant une grande biochimiste ! Mais rien n’y fait et malgré quelques idées bien stupides (des Raptors si furtifs qu’ils sont capables de plonger dans une rivière et de rester sous l’eau quelques temps sans faire de bruit !) et un sosie de David Hess qui cabotine grave, rien ne vient jamais perturber le cours de l’intrigue plutôt plan-plan.
Il est ainsi question de rebelles communistes se cachant dans la forêt Amazonienne, dont le leader est un terroriste en guerre contre les États-Unis. Il fait kidnapper une scientifique afin qu’elle fabrique une arme biologique déployable par missile et le Gouvernement réagit aussitôt en envoyant un commando spécial pour détruire l’agent chimique, assassiner le grand méchant et secourir la demoiselle. Évidemment rien ne se passe comme prévue et nos héros se retrouvent bien vite piégés en pleine terre hostile, devant faire face à des dinosaures affamés.

 

Cette femme est une biochimiste de renom. Si si.

 

Voyons voir… Des bestioles mal foutues, un commando militaire, un lance-roquette bien utile et un prisonnier de guerre qui va foutre la merde… Si cela vous rappelle Ptérodactyles c’est normal, le film est produit par Mark L. Lester ! Un quasi remake de sa série B de 2005 en fait, jusqu’au placement de références littéraires (ici Le Monde Perdu d’Arthur Conan Doyle, qui est évoqué par l’un des personnages). On imagine ce Jurassic Attack emballé à la hâte, l’équipe recyclant un script préexistant pour ne pas trop perdre de temps, mais ça fait tout de même mal de voir le réalisateur de Class 1984 tomber si bas !
Ptérodactyles n’est cependant pas le seul film auquel Jurassic Attack emprunte et toute la première partie n’est qu’une gigantesque reprise de Predator, du débarquement du commando en hélicoptère à l’attaque du camp en pleine jungle. Les scènes sont quasiment les mêmes, la musique reprend les thèmes les plus connus et le coup du scorpion est remplacé par un scarabée en caoutchouc. Génial. Bizarrement même si les personnages évoquent le fait que “quelque chose les prends en chasse”, faisant référence a quelques attaques de Raptors, aucun dinosaures ne prend l’affaire de manière personnelle et il faut oublier l’idée un peu con mais jouissive d’un combat mano a mano entre un soldat et un dinosaure. En fait c’est exactement au moment où on réalise que le film ne suivra pas le film de McTiernan que tout s’écroule…

 

 

Car la traque ridicule mais rigolote des humains par les dinos, rendue franchement hors norme par la mauvaise introduction de l’équipe aux spectateurs (en gros, en-dehors de deux-trois têtes que l’on reconnait, on “découvre” sans cesse de nouveaux membres, jamais vu auparavant, qui se sont perdus dans la forêt pour être immédiatement dévorés), est malheureusement remplacée par de longues scènes de discussions sans intérêt sur l’origine des créatures ou des agissements des rebelles.
Ainsi nous apprenons que leur chef est un odieux personnages ayant tués hommes, femmes et enfants dans sa lutte contre le capitalisme, et que la présence des sauriens est dû à la découverte d’un étrange cratère au sein de la forêt amazonienne, qui aurait abrité un écosystème coupé du reste du monde. Les dinosaures auraient survécu dans cet espace pendant des milliers d’années jusqu’à ce que… Et bien on ne sait pas, maintenant ils sont là et c’est tout, sous prétexte que la forêt tropicale est si vaste que c’est normal qu’on ne les aient jamais repérés auparavant.
S’ensuivent de longues séquences un peu inutiles où les personnages parlent pour ne rien dire et marchent dans des décors peu avenants.

 

 

Résultat on ne réagit pas vraiment aux multiples tentatives d’évasion du communiste, qui parfois éclate de rire face à la situation, parfois s’allie avec ses ennemis pour survivre, ni au pétage de plombs d’un ermite refusant de voir son Paradis des dinosaures être saccagés par des troufions bourrins. On espère surtout quelques morceaux de bravoures, quelques trucs stupides, n’importe quoi du moment que ça ravive notre attention.
Alors parfois oui, de petites choses valent le coup comme lorsque notre héros terrasse à lui tout seul un T-Rex avec sa mitrailleuse, ne cillant même pas lorsque la carcasse s’écrase à quelques centimètre de lui, ou la moindre explosion de grenades ou de roquettes qui, pour une raison étrange, déclenche tout une série de feux d’artifices roses ! Le personnage de la biochimiste, qui semble importante a priori, n’ouvre la bouche qu’au bout de 30 minutes de film (!) et la réaction de l’ermite lorsqu’il réalise qu’il va se faire dévorer vaut le coup d’œil.
Dans tout ça, on retrouve même Corbin “Parker Lewis” Nemec dans le rôle du supérieur bien planqué à la base, donnant ses ordres par radio. Un tout petit rôle sans doute rajouté à la dernière minute par le réalisateur puisque toutes ses scènes se déroulent dans la même pièce, avec quelques figurants, et donnent lieu à une sous-intrigue qui n’a même pas de conclusion ! Le personnage disparaît subitement sans que sa confrontation avec un grand ponte du Gouvernement, qui préfère raser la zone plutôt que de risquer la fuite de l’arme biochimique, n’arrive à son terme. Dommage, ça aurait été l’occasion parfaite pour se redire qu’encore une fois, Parker Lewis ne perd jamais.
Pour ne rien arranger les choses, Corbin Nemec qui d’ordinaire est plein d’énergie dans ce type de petites productions (voir sa prestation cocaïnée dans Sand Sharks) se contente de jouer stoïquement son rôle de militaire aux mâchoires serrées.
Bref, une déception. Pourvu qu’Avalanche Shark, si prometteur, ne s’écroule pas de la même manière !

 

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