Zombieland: The Series (2013)

 

Zombieland: The Series

(2013)

 

Bon sang ce que c’était nul.

Je n’aime pas Zombieland. Une énième tentative de surfer sur la vague de Shaun of the Dead et de faire une “comédie” avec des morts-vivants, sans jamais comprendre qu’il y a une légère différence entre la comédie et la parodie, et sans retrouver la subtilité propre au réalisateur Edgar Wright. Alors certes, comparé a beaucoup d’autres clones fauchés et vite produit, Zombieland était soigné dans ses grandes lignes (budget confortable, casting important) mais le produit reste aussi creux et sans âme que les zombies qu’il met en scène.
Outre des personnages têtes à claques qui tapent vite sur les nerfs, ce qui est quand même un sacrée plaie puisqu’on se moque éperdument de ce qui peut leur arriver, le film se force beaucoup trop à paraître drôle pour être honnête. Ce qui fonctionnait naturellement dans Shaun of the Dead disparait au profit de références façon “culture geek” pour flatter le public-cible, des éléments factices qui ne sont ni amusant ni inventifs, et qui finissent par devenir rapidement lassant.
Seul bon point dans tout ce bazar, la backstory du personnage joué par Woody Harrelson, apparaissant d’abord comme un détail humoristique décalé avant de révéler sa nature de profonde tragédie.

 

 

C’est dire si l’idée d’une série télé dérivé de Zombieland n’est pas tellement pour me rassurer, d’autant que le pilote est écrit par Rhett Reese et Paul Wernick, les deux responsable de l’original… Toutefois soyons conciliant: il est vrai qu’à l’origine Zombieland avait été développé par les deux hommes pour être une série télé, avant que le hasard ne transforme le projet en film. Cela se ressentait, notamment dans l’absence d’intrigue véritable et dans quelques idées (le fameux Kill of the Week par exemple), et restaurer l’univers dans ce format permettrait de réévaluer la chose.
L’argument supplémentaire qui m’attire, c’est la présence de Eli Craig à la réalisation. L’homme derrière le génialement drôle Tucker and Dale vs. Evil possède son propre sens de l’humour et cela aurait pu (dû) jouer en faveur de ce Zombieland version télé. Mille fois hélas, Craig se contente de mettre platement en scène cet épisode-test de 30 minutes et parvient à faire bien pire que l’opus original. Et ce n’est pas une façon de dire parce que je n’aime pas le concept de base, non. Même les fans de Zombieland seront extrêmement déçu par cette nouvelle monture. Moi, j’ai juste trouvé ça à chier. Et c’est déjà pas mal…

 

 

Par où commencer ? Peut-être dans le projet lui-même. Si Zombieland ciné était une tentative d’exploiter la veine comique du film de morts-vivants après le succès de Shaun of the Dead, il paraît évident que cette déclinaison télé ne doit son existence qu’en raison de l’audience de Walking Dead. Mais si cette dernière, malgré tout ses défauts (et ils sont nombreux !), avait pour elle des maquilleurs de renoms et un budget suffisant pour mettre en scène l’univers apocalyptique avec un minimum de crédibilité, il n’en est pas de même pour Zombieland: The Series.
Le pilote a été produit par Amazon Instant Video, une branche du célèbre site Amazon.com, en même temps qu’une dizaine d’autres ! Tous des épisodes courts diffusés en ligne et soumit au vote du public afin de savoir si, oui ou non, ces séries potentielles peuvent plaire. Dans le cas de Zombieland, il semblerait que Reese et Wernick espère pouvoir valider une saison de 13 épisodes. Autant vous dire que c’est mal barré car le jugement des internautes est quasi unanime: it sucks ! Et ce n’est pas tellement le budget ou la durée qui est à plaindre (bien que cela ne joue pas en sa faveur), mais plutôt le script. Et le casting.
Car oui, projet télé oblige, le quatuor est maintenant interprété par de nouveaux acteurs, et le manque d’alchimie dans le groupe saute aux yeux. Quelques changements légers dans les comportements sont également à noter, le pire étant réservé à Tallahasse qui passe du redneck farfelu au gros débile. Oubliez le chapeau, les bottes et le couteau, c’est quasiment un personnage différent qui nous est présenté, avec une introduction pré-apocalypse qui ne semble pas non plus lui correspondre.
Les créateurs auraient mieux fait de nous faire suivre un autre groupe de survivants plutôt que de modifier ceux que le public connait, car ce genre de choix est quasi suicidaire.

 

 

Pour le reste, il n’y a pas grand chose à dire. L’histoire se déroule très peu de temps après les évènements du film et la petite “famille” continue de survivre et de s’amuser. Colombus et Wichita ont rompu depuis peu et c’est a peu près tout concernant l’évolution des personnages. De manière complètement improbable et sans explication, le groupe communique maintenant par radio avec une femme mystérieuse, Detroit, qui leur indique ce qu’ils veulent, de l’emplacement de survivants à l’état du reste du pays.
Comment fait-elle pour connaitre la localisation de survivant dans des zones isolées et sans technologie, pourquoi n’envoie-t-elle pas tout d’autres groupes à la rencontre nos héros ? Nous n’en saurons rien ! Probablement parce que ces éléments pourraient être utilisés pour de prochains épisodes, mais présenté comme ça et sans introduction, ça ne prend pas.
L’intrigue, des plus simples, montre nos protagonistes faire exploser une usine de feu d’artifices avant de réaliser qu’il ne reste plus personne pour apprécier le spectacle. Le genre de truc qui contredit complètement la dernière scène du film, où ils faillirent tous mourir après avoir attirés l’attention sur eux en activant les manèges d’un parc d’attraction, mais passons. Ils décident subitement d’inclure de nouveaux membres dans leur groupe et partent à la recherche de ces derniers. Malheureusement, chaque nouveau candidat trouve la mort un peu par accident.
Vous avez là tout le sujet du pilote. Le quatuor va à la rencontre d’un personnage, lequel se fait immédiatement tuer par un zombie. Du comique de répétition qui rejoue trois fois la scène, de façon très prévisible, jusqu’à ce que l’épisode finisse lui-même par abandonner. Pas de conclusion, rien. Nos héros repartent en voiture en mangeant une tarte et hop, générique de fin.

 

 

Je ne saurais même pas comment décrire ce qui cloche avec ce pilote. En dehors d’un scénario sans intérêt qui lasse dès qu’on réalise le running gag, Zombieland: The Series semble n’avoir rien à raconter. Les “blagues” se limitent à mettre un compteur du mot “vagin” à l’écran et à montrer un zombie mordre Colombus avec un dentier (déjà vu dans Braindead, désolé les gars). Et c’est tout. Vraiment.
Reste l’intro assez amusante, montrant deux employés de bureau discuter de leur “horrible” journée tandis que par la fenêtre derrière eux a lieu l’apocalypse. Malheureusement ce qui devrait être une séquence courte s’allonge beaucoup trop, et la “chute” est grillée dès le début, nous faisant languir.
Et comme si cela ne suffisait pas, le générique de fin nous gratifie de quelques outtakes où le mot “vagin” est répété ad nauseam, comme si on tenait nous convaincre que c’est une bonne blague.
Pour le côté “horreur” c’est aussi raté. Le Kill of the Week est amusant (un zombie écrasé par une boule en plastique géante) mais les zombies font cheap, sont abattus sans même un headshot et certains disent même “ouch” lorsqu’ils se font taper dessus. Aucun d’entre eux ne représentent un réel danger et même lorsque l’épisode brise l’une des règles du film (#2: Beware of bathrooms), les conséquences sont nulles.

Bref, il n’y a strictement rien à retenir de ce Zombieland, et même s’il faut généralement laisser du temps à une série télé pour trouver ses marques et construire son intrigue, il n’y a ici tout simplement aucun potentiel.
Espérons que les réactions sur le Net suffisent à Amazon pour ne pas valider 12 autres épisodes du même genre, et si un producteur souhaite profiter du succès de Walking Dead, qu’il réactive plutôt Zombieland 2. Ça ne pourra pas être pire.

 

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