Tiger Claws II (1996)

 

Tiger Claws II

(1996)

 

 

Suite tardive que ce Tiger Claws II, toujours produit par Jalal Merhi et sa propre compagnie FilmOne mais désormais sans la participation de Shapiro-Glickenhaus Entertainment. Un projet évidemment influencé par le succès de Mortal Kombat sorti l’an passé dont il reprend l’idée du tournoi clandestin et des éléments surnaturels. Un choix étrange tant le premier opus était ancré dans la réalité, mais au moins le virage ne se fait pas à cent quatre-vingt degrés car le film poursuit bel et bien les évènements de celui-ci pendant deux bons actes, réunissant les protagonistes originaux pour une nouvelle chasse à l’homme avec ici l’inclusion des Triades en guise d’antagonistes supplémentaires. Bolo Yeung et Cynthia Rothrock retrouvent leurs personnages finalement tout aussi en retrait qu’auparavant même si cette fois ce n’est pas tant parce que leur “patron” leur vole la vedette mais plutôt parce que la multiplication des évènements et personnages fait que le script doit constamment jongler entre chaque sans pouvoir s’attarder trop longuement dessus.

 

 

Un bon point car l’intrigue y gagne beaucoup en rythme, ne laissant guère le temps de s’ennuyer entre fusillades, empoignades et concours de bites entre méchants pas forcément du même bord. Même la musique, qui s’inspire grandement de Terminator, dynamise à sa manière les séquences de remplissages pourtant légions (stock shots de grandes villes, voyages en voitures). Ainsi le temps passe vite et, avant même que l’on puisse s’en rendre compte, débarque cette histoire de portail temporel permettant de voyager dans le temps et ce vieux maitre chinois pouvant faire jaillir des éclairs de ses doigts. Des idées à peine expliquées ni même introduites puisque l’on se rend compte de leur existence à peu près au moment où cela se dévoile à nos yeux, le scénario ne prenant jamais le temps de faire une pause afin de faire état de ce changement d’orientation narratif. L’histoire se déroule donc plusieurs années après les évènements de Tiger Claws, tandis que Chong croupit en prison dans l’attente de son procès.

 

 

Mais alors qu’il va être transféré, deux agents des Triades font irruption, tuant les gardes et s’échappant avec le détenu. Leur raison ? Ils travaillent pour Dai Lo Fu, mafieux et ancien camarade d’entrainement du tueur en série. Ils partagent le même maitre et, celui-ci venant de mourir, doivent se réunir afin d’exaucer sa dernière volonté: pratiquer le rituel des Anciens Tigres, un tournois d’arts-martiaux qui permet au vainqueur de retourner en Chine ancienne afin “d’aider leurs ancêtres”. Une tâche qu’ils doivent accomplir rapidement durant ce nouvel an Chinois, sous peine de rater l’occasion pour une bonne centaine d’années. Pour Chong cela n’est qu’un mythe et il n’a guère envie de s’allier avec son hôte dont les méthodes ne sont pas à son goût, mais son allégeance à l’école du Tigre le force à accepter son rôle dans cette affaire. Il y a bien sûr une entourloupe, et si le fugitif pense que son rôle est de rapporter médicaments et connaissances au peuple féodale, il ignore que son partenaire compte en fait modifier l’Histoire et conquérir le passé avec ses cargaisons d’armes modernes !

 

 

Mais Victor, le dealer, a récemment tué la nouvelle partenaire de Tarek au cours d’une opération et le policier est plus motivé que jamais pour traquer tout ce petit monde. Quitte à entrer volontairement dans le tournois afin de les stopper, trouvant en Chong un allié inattendu. Car, aussi surprenant que cela puisse paraitre, le script tente de nous faire avaler que le psychopathe du premier film est en réalité “un homme honorable”, dixit le héros, et qu’il est bien plus chevaleresque que les criminels avec qui il traine. La preuve: lorsqu’on lui demande de jouer les gros bras et de punir un innocent racketté par les Triades, il refuse et sauve même la victime ! Il y a en fait une certaine logique mal expliquée derrière ce twist, le volet précédent précisant que le personnage ne s’en prenait qu’aux champions utilisant leur art afin d’obtenir pouvoir et argent. Il est ainsi logique qu’il déteste Lo Fu qui représente précisément cela, même s’il faut alors faire abstraction des victimes innocentes qu’il a abattu dans Tiger Claws, ce qui est un peu dur à avaler.

 

 

Mais le film insiste, le montrant vouloir plaider la folie à son procès comme s’il s’était repenti. Et si plusieurs cadavres sont retrouvés durant son escapade, dont les corps portent des traces de la technique du Tigre, il n’y a en fait aucune preuve qu’il soit leur assassin, les hommes l’escortant étant des disciples de la même école. Deux sbires qui le remplacent un peu dans cette séquelle, un grand maigre avec un bandeau de pirate et un petit chinois plutôt beau gosse, chargés des sales besognes de leur patron. A cela se rajoute le trafiquant d’arme qui incarne quasiment Kano de Mortal Kombat, probablement la meilleure surprise du film tant l’acteur préfère se la jouer second degré plutôt que de simplement miser sur son physique de brute épaisse. D’ailleurs la première partie délaisse carrément les héros pour s’intéresser à cette petite bande qui fonctionne comme une famille dysfonctionnelle, fuyant la police à bord d’un énorme bus à frites à deux étages (?!). Difficile du coup de s’intéresser à Merhi, toujours aussi mauvais et à l’accent à couper au couteau, beaucoup trop sérieux pour son propre bien.

 

 

Quant à la pauvre Cynthia Rothrock, elle passe son temps à lui faire du rentre-dedans et à porter des tenues sexy plus vraiment de son âge (nuisette, blouse transparente) sans avoir rien de concret à faire. Pas même se battre puisqu’elle va être prise en otage durant le tournoi, jetée en cellule où elle va forcément retrouver le vieux maître de Chong toujours vivant mais affaibli. Un peu comme la Sonya Blade de Mortal Kombat en fait, sauf que celle-ci avait de quelques beaux moments avant de devenir la demoiselle en détresse de service. Plutôt ironique puisque le jeu vidéo original avait créé le personnage en s’inspirant de l’actrice ! Elle affronte bien quelques gardes dans le final et possède au moins un combat intéressant contre le laquais borne, mais cela intervient tellement au dernier moment que l’on se demande presque pourquoi les producteurs se sont embêtés à l’avoir ramenée. Reste la dernière demi-heure avec le tournois qui se déroule dans des catacombes en carton-pâte des plus hilarantes, avec cette petite brume au sol et ces squelettes attachés enchainés aux murs. Un décor d’Halloween parodique et si limité qu’il vous arrachera forcément un sourire !

 

 

C’est dans ce labyrinthe que ce déroule les qualifications, les participants devant trouver la sortie et éviter quelques pièges comme un gouffre sans fond qui semble reprit de L’Enfant Sacré du Tibet. Le manque d’argent se fait tellement ressentir que l’on ne peut que se poser quelques questions quant à la production de Tiger Claws II et la probable improvisation de certaines scènes. La caverne semble bien trop vide, comme s’il manquait quelques salles ou accessoires pour l’égayer, tandis que le championnat est expédié en quelques minute, avec des combats parfois si courts qu’ils ne font parfois pas plus de dix secondes. Quant au grand final, il n’a même pas lieux puisque Bolo Yeung et l’acteur jouant son adversaire n’étaient plus disponibles ! Ils sont remplacés par des figures encapuchonnées qui ne se battront même pas, se poursuivant en fait dans la caverne jusqu’à ce que l’antagoniste fasse une chute mortelle pratiquement par accident ! Des gros plans statiques de leurs visages sont insérés ici et là comme pour nous prouver qu’il s’agit bien de Chong et Lo Fu mais l’effet est d’un tel amateurisme qu’il empire les choses.

 

 

Dommage car un duel entre les deux acteurs promettaient beaucoup, l’acteur coréen Ong Soo Han ayant été le successeur de Bolo Yeung sur Bloodsport 2, sachant lui aussi se battre pour de vrai. Encore plus avec le retour de leur maitre, sorte de Shang Tsung du pauvre (un cascadeur mal grimé en veille personne) capable d’effectuer des projections d’énergie comme dans les jeux vidéos. Hélas il faut se contenter d’affrontements rapides ici et là, heureusement de bonnes tenues (mention spéciale pour ce bodybuilder chauve à la Nathan Jones et ce petit chinois contorsionniste) et au duel entre Merhi (ici les cheveux court et ressemblant à Erik Estrada) et Evan Lurie, figure oubliée du cinéma d’action vu dans Hologram Man et Le Cercle de Feu 2, dégoulinant de charisme et d’énergie. Étrangement, le style du Tigre, si important dans le premier film, n’est pratiquement pas utilisé ici. Surprenant puisque c’est le même scénariste, J. Stephen Maunder, l’homme derrière pratiquement tous les scripts de FilmOne, qui est en charge de cette suite en plus de passer derrière la caméra pour l’occasion. Mais peut-être que ceci est lié aux réécritures évidentes du dernier acte…

 

 

 

GALERIE

 

       

   

   

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>