David Bowie, l’Homme aux Milles Visages (1947-2016)

 

L’Homme aux milles visages, l’homme qui venait d’ailleurs, David Bowie s’est éteint. Peu après Lemmy, voilà un autre géant de la musique qui disparait, et 2016 semble bien partie pour prendre le relais de l’année précédente dans la destruction permanente de la Culture et de l’Art.

Chanteur, compositeur, mais également acteur, celui que l’on surnomme parfois Halloween Jack ne fait pas que dans la chanson, et j’avoue d’ailleurs lui préférer sa carrière cinéma, où sa présence magnétique reste inégalable. Des titres inoubliables comme Les Prédateurs, L’Homme qui Venait d’Ailleurs, Furyo, où il partageait la vedette avec tout de même Takeshi Kitano, et puis bien sûr il y a Labyrinthe. Dans son pantalon moulant, il y affichait un paquet gros comme ça tout en jonglant avec deux boules d’une seule main, séduisant alors bien naturellement sa jeune partenaire de scène, Jennifer Connelly (simplement l’une des plus belles femmes du monde).

 

 

Parmi ses multiples incarnations, sur scène comme sur l’écran, celle qui est pour moi l’une des plus marquantes est également l’une des moins connues. Celle de l’artiste maudit Julian Priest, l’hôte de la série télé inspirée par Les Prédateurs mais sans rapport pour autant avec le film. Titré The Hunger, le show s’y référait cependant en assimilant le Fantastique et l’érotique, sorte de Contes de la Crypte adaptant nombres de nouvelles horrifiques où Éros côtoie Thanatos sans que l’on sache vraiment si cela est bon ou mauvais. Succédant à Terence Stamp pour la seconde saison, David Bowie y interprétait avec une classe phénoménale un étrange fantôme, littéralement piégé dans la prison abandonnée qui lui servait d’atelier. Un auteur absurde qui y inventait toutes sortes d’œuvres abstraites, sans queue ni tête mais représentant un vice, un péché, une envie, une pulsion… Ou une issue fatale. Bref, une “faim” (The Hunger).

L’épisode “pilote”, Sanctuary, où il se retrouve confronté au toujours sympathique Giovanni Ribisi, n’a peut-être aucun sens, très difficilement compréhensible dans sa conclusion, et pourtant laisse éclater une nouvelle facette de ce génie caméléon dans une sorte de rôle miroir. Pour les fans, voilà un nouvel avatar à explorer de toute urgence. Car peut-être que, tout comme Priest, Bowie n’a pas tout à fait disparu et parcours encore notre monde, caché de tous, sondant notre psyché afin de la réinterpréter à travers son art…

I resent Death” y disait-il. Vu ce qu’Elle nous vole ces derniers temps, on serait tenté de dire la même chose…

 

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