Penitentiary (1979)

 

Penitentiary

(1979)

 

 

Pilier oublié de la Blaxploitation, Penitentiary est un film ayant injustement sombré dans le néant après un succès pourtant phénoménale à sa sortie. Produit, écrit et réalisé par Jamaa Fanaka, un total inconnu alors comme maintenant, l’œuvre se démarque de ses camarades car reposant sur un univers réaliste et crédible, loin des extrêmes du cinéma d’exploitation. Et c’est d’autant plus étonnant qu’on retrouve de nombreux éléments qui pourraient basculer d’un instant à l’autre dans les stéréotypes et transformer le tout en un énième film d’action formaté. Ils sont tous là: trafiquants de drogue racistes, héros doué au combat, prostituée séductrice… Le directeur de la prison est forcément blanc et influant, l’antagoniste est une brute violente et le jeune protégé du personnage principal est tragiquement assassiné.
L’intrigue même n’est guère différente des productions d’alors, tournant autour de matches de boxe entre prisonniers, organisés (probablement illégalement) par le responsable de l’établissement et son frère, un homme d’affaire puissant qui cherche de nouveaux talents. Mais ici cela est joué sur un ton différent de la série B habituelle. Tout reste plausible et le trait n’est jamais forcé au point de faire dérailler le scénario dans l’invraisemblable. En fait ce qui compte n’est pas tant l’intrigue que la représentation d’un microcosme. L’évolution des protagonistes dans un univers fermé, observé de manière parfois quasi documentaire malgré les détours scénarisés. Si Penitentiary est, par son époque et son sujet, un film de Blaxploitation, c’est une bête entièrement différente qui n’appartient pas véritablement au genre. Et c’est tant mieux car c’est justement ça qui lui permet de sortir du lot.

 

 

Tout cela est probablement dû au fait que Jamaa Fanaka, loin de travailler ici pour une simple paie, était toujours étudiant à l’université lorsqu’il a mis Penitentiary en boite. Encore jeune, avec le besoin de se prouver, l’envie de se faire remarquer et ses rêves de cinéaste débutant, le réalisateur soigne son film autant que possible malgré des conditions délicates. En fait celui-ci n’a pu voir le jour que via une subvention du gouvernement, un apport financier forcément limité qui a obligé Fanaka a faire quelques choix. Des comédiens peu expérimentés, voir pas du tout, l’accès à seulement une poignée de lieux de tournage, et au final des valeurs de production extrêmement modestes qui se ressentent bien évidemment à la vision du film. Le créateur avait tout juste de quoi lancer la machine et à dû faire avec ce qu’il avait sous la main.
Mais, loin d’être un défaut, c’est ici une force. Le film bénéficie totalement d’avoir été conçu de cette manière et n’aurait probablement pas été le même s’il avait été réalisé avec une production plus confortable. Le premier et meilleur exemple qui vient en tête étant naturellement le pénitencier lui-même, en fait une prison abandonnée que l’équipe à pu utiliser à sa guise. Rarement un bagne de cinéma n’a paru aussi triste, aussi crédible et aussi claustrophobique. Pour un film cherchant avant tout à retranscrire une certaine atmosphère lié au confinement, c’est une bénédiction ! Quant aux acteurs, bien qu’il soit facile de critiquer leurs performances qui, c’est un fait, est d’un niveau d’amateurisme certain, il faut avouer qu’ils donnent un certain cachet à l’ensemble, par leur look et maniérisme finalement réel et non fabriqué pour l’occasion. Leur démarche, leur façon de s’exprimer, de réagir à ce qui se passe autour d”eux, est totalement en phase avec les personnages de détenus forcément peu brillant, voir même assez secoués dans certains cas.

 

 

L’histoire est celle de Martel Gordone, dit “Too Sweet” (littéralement “trop gentil”, ou “trop doux”, surnom dont l’origine n’est jamais expliqué mais qui pourrait être lié à sa façon de traiter les femmes au lit), un vagabond qui erre sur les routes de campagne. Nous n’apprendrons jamais rien de plus sur lui si ce n’est qu’il possède un certain talent pour se battre, notamment qu’il est extrêmement rapide. En dehors de ça, il est loin d’être le macho gueulard et rebelle que l’on retrouve fréquemment dans la Blaxploitation. Too Sweet est au contraire taciturne, plus observateur qu’autre chose et ne plongeant dans l’action que pour se défendre. Toute proportion gardée, il évoque plus une sorte d’Homme Sans Nom moderne, ce type venu de nulle part et limite surhumain dans certains domaines, mais limitant autant que possible ses actions en public. Impossible de ne pas penser également à John Rambo dans cette première apparition, même si le film ne fut réalisé que quelques années plus tard (le roman, au contraire, existait déjà, alors qui sait ?).
Il est un jour prit en stop par Linda, une charmante jeune femme qui n’hésite pas à lui faire du rentre-dedans. Le rêve de beaucoup d’hommes, seulement celle-ci est en fait une prostituée et aussi une petite dealeuse de drogue travaillant pour un quelconque criminel. Contrainte de faire une transaction plutôt que de passer du bon temps, elle fait un arrêt au relais routier du coin et se retrouve confrontée à des clients racistes. Répondant à la provocation par la provocation, Linda déclenche une rixe et Too Sweet intervient. Durant le combat, il se retrouve assommé par l’un de ses adversaires et, s’il ignore ce qui s’est passé pendant ce temps, il se retrouve arrêté et accusé du meurtre d’un des trafiquants. Après avoir attendu son verdict pendant six mois, le jeune homme est finalement reconnu coupable et transféré au centre pénitencier du coin. Là il rencontre son compagnon de cellule, une brute baptisée Half-Dead, qui l’informe de l’arrivée imminente d’un tournois de boxe pour détenus.

 

 

Dans un premier temps, Too Sweet ne prend pas la chose en considération puisque s’il avoue être un sacré bagarreur, il n’est pas un véritable combattant et ne connait rien de ce sport. Toutefois la vie carcérale va le faire changer d’avis, surtout après qu’il ait été témoin du sort d’Eugène, un jeune détenu régulièrement battu et violé par le caïd du bloc, Jesse “The Bull” Amos. La victime “appartient” à son compagnon de cellule, comme un simple objet, ce qui révolte Too Sweet au plus haut point. Suffisamment pour interférer durant une dispute entre les deux et insister auprès d’Eugène pour qu’il se défende, plutôt que de se laisser rabaisser ainsi.
L’affront fait au petit chef va lui valoir les représailles de ses hommes, dont fait partie Half-Dead. Celui-ci va vouloir le dominer à travers le viol et en faire sa “femme”, seulement Too Sweet étale le colosse et l’humilie publiquement en lui faisant reconnaître sa défaite. Il n’en faut pas plus pour inspirer Eugène à s’inscrire au tournois afin de retrouver sa virilité et son amour-propre. Ce qui en retour motive Too Sweet à participer également. Mais pour cela il va devoir apprendre la boxe et trouve alors un allié inattendu en la présence de Hezzikia Jackson, peut-être le plus vieux détenu de la prison qui, autrefois, faisait office d’entraineur. Impressionné par la vitesse et les capacités du nouveau venu, il accepte de sortir de sa retraite et d’aider les participants afin de le former personnellement…
Raconté comme ça, l’intrigue de Penitentiary sonne comme un simple prétexte pour mettre en scène une série de combats, avec tous les clichés véhiculés habituellement dans le genre. C’est vrai au regard du contenu, indéniablement, seulement le film a la particularité de sonner juste et l’ensemble tient suffisamment la route pour ne pas paraître caricatural. Hormis quelques grosses ficelles ici et là, le déroulement de l’histoire demeure réaliste.

 

 

La raison vient peut-être du fait que l’œuvre évoque plus une série de vignettes connectées entre elles qu’un récit traditionnel allant d’un point A à un point B. Par exemple, entre le moment où Too Sweet est assommé et celui où il fait son arrivé au pénitencier, il y a toute une scène de vie commune qui se déroule entre les murs de la prison. Pas d’ellipse, pas d’indication temporelle, on passe littéralement du coq à l’âne avant d’avoir la continuité de l’intrigue précédemment mise en place. La boxe elle-même, bien qu’au centre de la trame scénaristique, apparaît comme secondaire et le réalisateur s’attarde à peine sur ce thème. Certes, on voit bien les protagonistes s’entrainer, se donner des conseils et se battre sur le ring, mais le film se focalise à peine dessus et préfère étudier ce qui se passe autour des combats: les réactions et relations des détenus, l’influence de l’évènement sur la vie communautaire…
Eugène, un personnage à priori important vis-à-vis du cheminement de Too Sweet, possède sa propre histoire, totalement indépendante de celle du héros. En fait les deux hommes n’échangent réellement qu’au travers de deux brèves scènes seulement. De même ni Half-Dead, ni Jesse n’apparaissent comme des antagonistes principaux, le film alternant sans cesse les points de vue et ne se focalisant jamais sur une seule et même chose. Même les matches sont à peine mis en scène, la caméra se contentant de suivre une ou deux manches avant de s’intéresser au public. L’ultime affrontement entre Too Sweet et Jesse, qui tourne pourtant autour de l’assassinat d’Eugène, est fréquemment coupé dans ses longueurs par des ellipses, comme si Fanaka n’avait aucun intérêt pour la lutte physique. Ici ce qui compte, c’est la façon dont l’un ou l’autre peut tenir la distance et imposer sa volonté à son adversaire. Point.

 

 

Les moments-clés du film n’ont pour ainsi dire pas, ou peu, de répercussions sur l’ensemble. L’exemple le plus évident est lorsque Too Sweet, après avoir gagné un match, se retrouve récompensé par la présence d’une prostituée venu soulager ses besoins. Hors celle-ci n’est autre que Linda, qui est indirectement responsable de son incarcération. Les deux vont naturellement se reconnaître et s’expliquer, et nous découvrons que c’est elle qui a assassinée l’un de de ses agresseurs par auto-défense avant de prendre la fuite, devenant alors ouvertement coupable du sort du héros. En tant normal celui-ci aurait sûrement tenté d’utiliser cette information pour sortir de prison, ou convaincre la jeune femme de témoigner. Ici Too Sweet se contente de retourner au bagne sans souffler un mot de la situation à qui que ce soit, et la suite reprend comme si la rencontre ne s’était jamais produite.
Tout aussi épisodique, l’intrigue liée à Eugène ne sert finalement que de sous-texte pour évoquer le racisme et l’esclavagisme. Rappeler qu’à une époque les Noirs n’avaient aucun droits en tant qu’individus. Lorsque Too Sweet le rencontre, le garçon est introverti et victime de sa condition. Il se décrit lui-même comme ayant été diminué, rabaissé, pour devenir la propriété de Jesse. Penitentiary montre alors sa quête, à travers la boxe, pour retrouver son humanité et s’imposer parmi les autres, jusqu’à une scène où il fini par se rebeller et tenir tête à son violeur. Pourtant le sort qui lui est réservé ne découle en rien de cette évolution et elle aurait pu être coupée au montage qu’on ne se serait jamais rendu compte de rien. Narrativement parlant, elle n’était pas essentielle à l’histoire de Too Sweet et apparaît donc comme un “rajout”.

 

 

Du coup Penitentiary peut s’avérer compliqué à suivre, décousu même, pour quiconque n’éprouve pas le désire de simplement suivre cette micro-société carcérale, et le film n’est pas recommandé pour ceux qui n’aime de la Blaxploitation que la notion d’exploitation. Pourtant ce serait passer à côté d’un univers fascinant, vivant, crédible, bourré de personnages extravagants et de séquences humoristiques. Entre la dégaine improbable des détenus et leurs rituels bien à eux, il y a là quelque chose de tout à fait inédit dans ce film de prison. Rien que les cellules, personnalisées par quelques objets et images, sonnent particulièrement vraies et peuvent en dire long sur la personnalité de ses occupants. Half-Dead possède une figurine de singe en plastique, une boite de gâteaux et des magazines érotiques, reflétant sa personnalité immature voir quasi bestiale. Hezzikia, le vieil homme respecté, affiche des portraits de Nelson Mandela et Martin Luther King et dispose de livre traitant de philosophie et de société. Too Sweet, tout comme Eugène, ne possèdent pour ainsi dire rien. Chez l’un cela évoque sa nature d’esclave, chez l’autre une personnalité mystérieuse qui refuse de se dévoiler.
Le plus intéressant reste d’observer les agissements de chacun en arrière-plan. Les rires, les danses, la façon de parler ou de se tenir. Ce détenu fumeur de marijuana qui se promène avec un joint dans l’oreille. Les disputes incessantes entre les femmes détenues, importées d’une prison voisine pour animer le tournois, et les travestis du bloc forcément jaloux.

 

 

De plus en plus de prisonniers des deux sexes s’éclipsent aux toilettes durant les combats, afin de s’y retrouver secrètement pour s’envoyer en l’air et se libérer de leurs frustrations. Chose d’autant plus drôle que tout l’intérêt du tournois repose sur le fait que les vainqueurs de chaque match sont récompensés par le droit de s’envoyer en l’air avec une compagne ou une prostituée (fournie par l’établissement !) dans une caravane installée dans la cour ! Alors que certains se battent jusqu’au sang dans le but d’accéder à une femme-trophée, d’autres se font plaisir à la barbe du directeur. Faut-il y voir une certaine réflexion sur le fait que l’intelligence l’importe sur le muscle ?
L’intérêt de Penitentiary réside dans ces moments “à côté”, lesquelles prennent carrément le pas sur l’histoire et offrent toute la charge comique de l’œuvre: la façon dont Half-Dead tente de draguer Too Sweet avant sa tentative de viol, scène inutile en soit donc indispensable, les mêmes avances faite au héros mais par Linda, qui surnomme sa voiture le Shaggin’ Wagon, sans parler d’une scène de sexe parfaitement gratuite entre les deux, Too Sweet n’hésitant pas à s’envoyer en l’air avec elle avant de la confronter sur la vérité derrière son incarcération. Un détenu jouant le rôle d’arbitre, qui se prend des coups par accident, fini par interrompre le match en cours pour se battre lui-même contre l’un des combattants, un type au toilette se voit contraint d’utiliser sa propre BD en guise de papier toilette dans ce qui doit être une véritable improvisation de la part de l’acteur, un boxeur tellement sonné va s’asseoir sur les genoux de son adversaire, ne réalisant pas qu’il est dans le mauvais coin du ring pendant la pause…

 

 

On en oublierait presque que le film peut se montrer parfois sérieux. Très sérieux même, au point de paraître limite oppressant en raison d’une atmosphère lourde et chaotique. La raison étant principalement la nature rudimentaire de la production, techniquement perfectible. Mauvais éclairages, problèmes de son, montage parfois abrupt, absence de doublures pour les comédiens, tout cela confère une rudesse certaine à Penitentiary et il en ressort un côté anarchique qui sied parfaitement au sujet.
Les prisonniers sont tous entassés dans des pièces minuscules et cette promiscuité rend la foule instable, hystérique, sans cesse entrain de gesticuler, de brailler et de sauter en l’air. Les spectateurs du tournois semblent totalement incontrôlable et on peut être surpris de voir qu’il n’y a très peu de gardes pour faire régner l’ordre et la discipline. Même après de violentes bagarres ou des tentatives d’assassinats, les détenus se promènent presque librement dans les locaux, comme s’ils étaient dans une cour de récréations entrain de libérer un trop-plein d’énergie.
Les meilleures scènes du film découlent par ailleurs de cette ambiance, la première étant ce combat d’une grande intensité qui éclate entre Too Sweet et Half-Dead, à propos de domination. Une empoignade sauvage qui ne semble même pas chorégraphiée, où les deux hommes apparaissent en sang et en sueur sous une musique dissonante, mélangeant grincements d’instruments à cordes et cornes de brume. Le colosse régresse quasiment à l’état animal, avec ses grognements et étreintes pataudes, tandis que son jeune adversaire se défend avec vivacité. La maîtrise de la mise en scène est épatante, surtout qu’elle se déroule dans une minuscule cellule et traine en longueur, à la manière de la célèbre bagarre de They Live. Mais si cette dernière était avant tout comique et presque hors sujet, celle-ci est amplement justifié ici. Brillant.

 

 

L’autre séquence mémorable vient d’une divergence de points de vue entre Too Sweet et son mentor Hezzikia. Alors que le premier est motivé par les récompenses promises aux gagnants, le second ne partage pas son enthousiaste et refuse de se laisser appâter de cette manière. Pour lui une liberté doit être totale ou inexistante, et les “distractions” que les détenus peuvent obtenir (sexe, drogue) sont humiliantes. Il se considère libre dans ses pensées et préfère garder son équilibre à sa manière, allant jusqu’à percevoir le reste du monde comme étant ceux qui sont enfermés par leurs visions des choses.
En fait il est même dit que Hezzikia pourrait facilement sortir de prison, ayant certainement fait son temps, mais qu’il reste par choix dans ce lieux où il est respecté et considéré comme important. Il déclare qu’il n’y a aucune liberté pour lui au-dehors, car il ne serait qu’un inconnu aux yeux de tous, en plus de ne pas être en phase avec l’époque (son incarcération remonte au temps où la télévision existait à peine). Une problématique voisine de celle qui évoquée dans le magnifique The Shawshank Redemption avec le personnage de Morgan Freeman. Et lorsque Too Sweet retrouve sa liberté, suppliant le vieil homme de le suivre, il lui rappel que s’il pense qu’il n’y a rien pour lui hors des murs du pénitencier, il n’y a pas non plus d’espoir à l’intérieur. Et dans ce cas là, quelle importance la vie peut-elle avoir ?

 

 

Vraiment, il n’y a pas grand chose que l’on peut reprocher à Penitentiary et son approche particulière de la Blaxploitation, véritable déconstruction par moment (le directeur de prison est particulièrement sympathique à l’égard des prisonniers, loin du rôle d’oppresseur habituel, l’impressionnant maton à grosse moustache n’abuse jamais de son pouvoir), lui donne une valeur supplémentaire et contribue à l’ambiance réaliste sollicité par Jamaa Fanaka. Sa structure inégale, l’amateurisme de l’interprétation et les lieux de tournages tirent le film vers le haut contre toute attente et il est permis de croire que, réalisé autrement, le film n’aurait pas fonctionné aussi bien.
Toutefois il demeure quelques éléments qui, malgré tout, peuvent troubler. Par exemple le fait que Too Sweet et Jesse peuvent obtenir le droit d’être libéré de prison en cas de victoire du tournois ! Le directeur et son frère étant apparemment influant, il suffirait de quelques coups de fil pour convaincre la commission de leur accorder une liberté conditionnelle Aussi simple que ça. Un prétexte franchement gonflé pour permettre au héros de repartir blanc comme neige à la fin du film, et la seule excuse que l’on peut lui donner est qu’il s’agit d’un détail très secondaire vu la façon dont le film est raconté.
Plus dérangeant est cette homophobie permanente, peut-être véridique vu l’époque et le milieu, mais tout de même un peu trop mise en avant. La sodomie est ici clairement désignée comme un moyen de soumettre un individu, et hormis son utilisation par les antagonistes, il n’est apparemment même pas question de plaisanter ! “Keep your ass clean” dit le vénérable Hezzikia à son poulain, comme si une escapade homosexuelle était la pire des choses pour lui. Celui-ci refuse même le moindre contact, comme une accolade pourtant innocente. “I joke and I laugh. But I don’t touch”. C’est le Sage qui le dit.

 

 

Malgré tout, Penitentiary demeure une forte réussite et le film fut à ce titre le plus gros succès du cinéma indépendant en son temps. Avant de retomber dans l’oubli le plus total. Certains de ses acteurs eurent tout de même une carrière intéressante après cela, comme l’impressionnant Badja Djola (Half-Dead) qui fit des apparitions dans de grands films tels que Mississippi Burning ou L’Emprise des Ténèbres de Wes Craven. Chuck Mitchell, l’acteur le plus professionnel du film (ici le directeur de prison) a obtenu quant à lui une certaine forme de reconnaissance en jouant plus tard le rôle de Porky, dans la série des comédies grasses Porky’s sur lesquelles je reviendrai peut-être à jour.
Quant à Leon Isaac Kennedy (Too Sweet), sa carrière n’a jamais vraiment pu décoller, la faute peut-être à son jeu trop limité. Notons toutefois sa participation à l’excellent Œil Pour Œil, avec Chuck Norris et David Carradine, avec malheureusement un rôle de faire-valoir. Il reprit cependant son rôle fétiche dans les séquelles Penitentiary II et Penitentiary III, toutes les deux réalisées par le même Jamaa Fanaka.

 

2 comments to Penitentiary (1979)

  • Roggy  says:

    Tu m’as bien donné envie de voir ce film de prison (j’aime bien le genre) qui m’a l’air totalement dingo. A voir si je le trouve quelque part. Et merci pour le lien de mon site, je n’avais pas vu. J’ajoute le tien. A +. Roggy.

    • Adrien Vaillant  says:

      Mais aucun problème, c’est normal 🙂
      Heureux que l’article pique ton intérêt pour ce film !

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