Pompoko (Heisei Tanuki Gassen Pompoko, 1994)

Cette année 2006 marque le boom du Studio Ghibli dans notre pays. Alors que Porco Rosso va être édité en DVD et que Mon Voisin Totoro aura même droit à un passage sur grand écran, ce mois de janvier nous aura permis de retrouver le très sympa Château Ambulant en DVD tandis que Pompoko a eu sa place au cinéma. Datant de 1994, il s’agit d’une collaboration entre le grand Miyazaki et Isao Takahata (Le Tombeau des Lucioles, chef d’œuvre absolu), réalisé par ce dernier, qui narre l’histoire de Tanukis (petites bestioles japonaises cousines du raton laveur) voyant leur forêt menacer par l’urbanisation de l’Homme sur leur territoire. Horrifié de voir leurs montagnes et leurs arbres disparaître, ils décident de réagir et se préparent à la guerre. Les anciens apprennent alors aux plus jeunes l’art de la métamorphose et “l’art spectral” afin de pouvoir lutter efficacement contre les humains…

S’il apparaît aujourd’hui comme légèrement daté (mais très peu de rides), Pompoko reste un grand film. Sans être parfait, il demeure un anime majestueux possédant de véritables moments de folies: animaux pourvus de grosses testicules (selon les japonais, hein), nos Tanukis s’amusent à transformer leurs bourses en toutes sortes de choses et vont même jusqu’à se battre avec (et mourir étouffé par des couilles géantes, ça doit pas être cool). Très drôle, le film s’amuse à glisser quelques petits clins d’œil divers au Studio Ghibli (apparitions de Totoro, Kiki la petite sorcière et de l’avion de Porco Rosso sur le même plan !) ainsi que sur la culture japonaise général. Ainsi il ne faut pas s’étonner de voir les Tanukis reprendre tant physiquement que moralement le principe du samouraï (avec au passage un Tanuki Zatoïchi !) et les dessinateurs poussent le vices jusqu’à reprendre telles quelles des estampes de l’ère Edo (1603-1868) dans le dessin: des Yokai lors du fabuleux défilé des fantômes (ce passage justifie à lui seul la vision du film !) ou cette scène d’un Tanuki écrasant un homme avec ses testicules, détournée en ombre chinoise pour représenter une baleine !

Pompoko retrace aussi la vaine lutte pour garder des traces de la vie traditionnelle et de la Culture historique du Japon, de plus en plus perdue de nos jours. Un combat impossible et qui reste tristement réaliste dans le film, lorsqu’au final le narrateur annonce un sentencieux “Tanuki, tu es mort”. Des images et des appels parfois glaçant (le regard du narrateur dans le métro, lorsqu’il voit au loin les forêts de son passé, la réplique finale annonçant que si certains peuvent s’intégrer pour survivre, ça ne sera pas le cas de tous…) qui prouvent que contrairement aux films d’animations comme Disney ou Pixar où l’on favorise les gags à base de rots ou de pets, il est possible de faire un dessin animé pour enfants sans infantiliser !

Ghibli frappe dur et juste, et livre encore une fois une production de qualité.

 

One comment to Pompoko (Heisei Tanuki Gassen Pompoko, 1994)

  • slimer  says:

    moi j’ai trop aimer le passage l’ancien tanouki : installé vous sur le tapis rouge il est confortable les tanaoukis : oh oui l’ancien : ce tapi a été fait en metamorphosant mes roubiniolles trop trop fort se passage et aussi l’attaque roubiniolle est pas mal aussi

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