Underworld: Evolution (2006)

Underworld laissait présager une suite, d’autant plus qu’on parle déjà d’une trilogie avec une volet racontant la suite des aventures, ainsi qu’une préquelle narrant la lutte médiévale des lycans et des vampires. Certains restaient perplexes: après le scénario ébauché pour obtenir une créature hybride à la fin du film, comment le final pouvait-il nous montrer aussi bêtement la création d’un nouvel être de ce genre (du sang de lycan coulant dans la gorge d’un Aîné) ? Les réponses sont toutes là: Marcus, l’Aîné restant, est un ancien certes, mais il est aussi LE premier ancien. Viktor n’était en fait que le second avant de s’accaparer le pouvoir avec Amélia (vaguement aperçue dans le premier film). Marcus est donc le direct descendant de Alexander Corvinus, le premier immortel qui vit deux de ses fils devenir respectivement le premier lycan (William) et le premier vampire (Marcus).

Underworld: Evolution commence par un prologue en 1209, où le lycan original fait un carnage de plus en plus impressionnant, chaque cadavre devenant un loup-garou sauvage. Face a la situation, Viktor, Amélia et Marcus décident de le stopper. Après une courte bataille et une belle trahison (Viktor prend le pouvoir), William est enfermé à jamais dans un endroit gardé secret… Avançons vers le présent: Selene et Michael sont en cavale et font un arrêt rapide pour s’approvisionner en armes et en sang. Tandis que l’un hésite à devoir se nourrir et perdre définitivement sa condition d’être humain, l’autre espère arriver au manoir avant Kraven pour l’empêcher de prendre le pouvoir. Marcus s’éveille alors, plus puissant que jamais. Hybride aux ailes de chauves-souris, il traque désormais Selene qui détient un objet qui l’intéresse et lui servira à libérer son frère. Parallèlement, un homme mystérieux envoie sa petite armée nettoyer le champ de bataille du premier film et récupère sur Viktor un second artefact également convoité par Marcus…

 

 

Comme son sous-titre l’indique, Underworld évolue. L’intrigue ainsi que l’univers mis en place auparavant atteignent des proportions bien plus vastes et trouvent un second souffle, donnant l’impression que l’on pourrait se retrouver avec une saga d’un niveau épique. Mais le film ne s’en donne hélas pas les moyens. Il reste néanmoins un très bon spectacle, à la fois égale, inférieur et supérieur au premier volet (rien que ça). L’histoire gagne de nouveaux personnages et développe quelques anciens. Viktor, grand absent du film, intervient quand même de nombreuses fois au cours de flashbacks, et Amélia acquière un statut plus intéressant que sa triste apparition dans Underworld. Selene est beaucoup plus humaine qu’auparavant et se trouve être la clé d’enjeu plus important qu’on aurait pu le croire (au point d’ailleurs de trouver cela comparable à une petite facilité narrative), quant à Alexander Corvinus, l’homme de légende, il se dévoile enfin à nous. Tout cela amène l’histoire à multiplier les intrigues et les secrets, offrant une vision de l’univers un peu différente de celle du premier opus: la guerre entre vampires et lycans va bien au-delà de la vengeance et de la folie de deux hommes, comme on nous l’avait raconté.

D’un autre côté, il faut faire des concessions: Michael est un peu le grand inutile du film, s’interrogeant sur son humanité pour finalement être laissé pour mort pendant un moment, revenant subitement et sans réels explications (il est unique et a des pouvoirs illimités, voilà) en un Deus ex machina un peu poussif, tandis que l’insupportable Kraven revient le temps d’une scène avant de voir son personnage être évincé du reste scénario. Les lycans n’apparaissent presque pas si ce n’est sous forme “sauvage” et non en société comme auparavant, et il n’y a que très peu de vampires. L’intrigue, concentrée sur ses nouveaux personnages et par ses révélations, semble laisser ses attractions principales (vampires et loup-garous) au vestiaire. On note la disparition de Erika, rivale amoureuse de Selene. Disparition aussi du charismatique Lucian, dont la présence manque véritablement à l’écran, d’autant qu’on le croise au détour d’un très bref flash-back.

 

 

 

Dommage également que le film fonctionne sur la mémoire dans le sang. Une trouvaille très sympathique qui permet à Marcus de rattraper son retard sur notre monde mais qui fini par noyer le récit sous un millier de retour en arrière et de stock shots du premier volet très redondants, à commencer par le pré-générique qui retrace les grandes lignes de Underworld. Bilan mitigé donc. Underworld: Evolution c’est quand même bien plus d’action (Selene se bat comme une déesse, Marcus est un monstre), de gore (un visage déchiré à coup de dents, une mâchoire de loup arrachée à la main), un budget plus important qui se voit à l’écran (plus de lieux), et au on a même le droit à une scène d’amour entre Selene et Michael, bien que complètement inutile mais renvoyant à une prochaine séquelle: Selene est sûrement enceinte d’un hybride qui possédera ses propres (nouveaux) pouvoirs et ceux de Michael.

En espérant alors que les lycans auront un rôle plus important…

 

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