Total Recall (1990)

Aaaah, elle est loin l’époque où on pouvait se permettre pas mal de chose dans les films grand public… Et avec Paul Verhoeven aux manettes, cette adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick est un monument de l’actioner bourrin et complètement déjanté.

Doug Quaid est un homme perturbé par des rêves où il se voit sur Mars en compagnie d’une femme qu’il ne connait pas. S’ennuyant à mourir dans sa vie de petit ouvrier, et malgré l’amour que lui voue sa femme, il fini par se laisser tenter par l’offre de la société Rekall. Celle-ci se spécialise dans la fabrication de faux souvenirs afin d’offrir une meilleure existence à ceux qui n’ont pas les moyens de voyager ou de se divertir. Problème: lorsque Doug fait un essai et qu’il choisit l’option “agent secret”, la machine s’emballe et l’opération foire.
A défaut de lui avoir implanté des souvenirs, on lui chamboule le cerveau et il semble se rappeler qu’il n’est pas l’homme qu’il devrait être. Dès lors, son meilleur ami et sa femme tentent de le tuer tandis qu’il apprend qu’il est réellement un agent secret, auquel on a effacé la mémoire. Le voilà en route sur Mars pour retrouver la femme de ses rêves et ses souvenirs, tandis qu’on tente de l’éliminer…

Point de départ de ce qui est ensuite une course poursuite non-stop à base de fusillades énervées et de mutants pas beaux du tout. Le réalisateur de RoboCop et Starship Troopers a la forme et se lâche: dans Total Recall, on se fait flinguer avec des impacts énormes et des geysers de sang, ça pète dans tous les coins, on se donne des coups là où ça fait mal et tout le monde montre son côté sadique et vicieux au spectateur.
Ce n’est pas tous les jours que l’on verra Schwarzy flinguer froidement Sharon Stone ou utiliser un pauvre passant comme bouclier fasse à des pistolets mitrailleurs. On y rajoute une bonne dose de mutations signée Rob Bottin (qui ne se souviens pas cette femme aux multiples seins ou ce bébé soudé au torse d’un homme ?) très marrantes et quelques détournements de clichés (le héros sympathique quand même assez sadique, le sidekick) et on obtient un produit bien ficelé, hautement sympathique et divertissant.

Bien sûr devant cet étalage de violence et d’effets spéciaux (les vieux, les vrais, comme on les aimes) il ne reste pas grand chose de l’œuvre de Dick si ce n’est l’habituel thème de la paranoïa et du cerveau manipulé, mais tant pis. On se fend bien la gueule même si au final Total Recall reste inférieur à RoboCop en ce qui concerne la crise et quête d’identité.
Total Recall c’est aussi le bon vieux cinéma de tronches et parmi les quelques seconds couteaux présent, on ne peut pas passer à côté de l’excellent Michael Ironside au sourire carnassier, qui joue bien entendu les méchants de service (quoiqu’avec un brin de subtilité puisqu’il est ici amoureux) et qui connaît évidemment une mort horrible. Un acteur trop rare et toujours plaisant à voir.

Total Recall, de la SF et de l’action ultra primaires mais indéniablement fun.

 

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