Last Dance (1992)

 

Last Dance

(1992)

 

                                                       “– Can I get you something to drink ?
                                                        – Yeah. No ice.
                                                        – You don’t need any ice, you cold-blooded bitch.”

 

 

Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, Bikini Island semble avoir obtenu suffisamment de succès pour engendrer une sorte de suite. Le réalisateur et le scénariste se rejoignent un an plus tard avec ce Last Dance, successeur spirituel qui a en réalité tout du remake puisque l’intrigue est exactement la même, du point de départ à la révélation final en passant par les personnages, les enjeux, les meurtres et la conclusion quasi parodique. En fait la toute première scène du film se déroule sur le lieu de tournage de Bikini Island, avec cette maison située près de la plage en bord de falaise ! Sans surprise, on y retrouve une très jolie fille faisant trempette en maillot de bain avant d’être assassinée par un mystérieux personnage. Un rappel presque amusant au précédent opus même si cela devrait nous mettre la puce à l’oreille quant à la qualité de ce slasher bas de gamme: cela va être aussi cheap, aussi paresseux et aussi racoleur que la dernière fois, avec des crimes inexistants faute de budget et une intrigue se rapprochant finalement plus du thriller érotique mou du genou.

 

 

Au moins les responsables changent de cadre en se rapprochant du sous-sous genre de la strippersploitation, alors très en vogue avec les deux Stripped to Kill, Slashdance, Dance With Death ou encore Deadly Dancer, qui permet de facilement mettre l’accent sur la nudité pour faire oublier les lacunes dans le département Horreur. L’intrigue se déroule ainsi dans une boite de nuit miteuse où plusieurs danseuses, se trémoussant fréquemment au son d’une musique ringarde qui vous rappellera les booms de votre enfance, tombent comme des mouches sous les coups d’un tueur en série dont on ne voit jamais le visage. Il est encore une fois question d’un concours, ici organisé par la chaine télé Dance TV qui veut élire sa nouvelle Miss, laquelle pourra obtenir de beaux contrats pour sa carrière. Son élection se fera par décision de l’audimat durant une émission spéciale où les participantes doivent effectuer un numéro forcément sexy. Et c’est là où s’arrête l’originalité du scénario puisque les évènements qui s’ensuivent sont tous claqués sur ceux de Bikini Island avec une précision qui fait froid dans le dos.

 

 

On retrouve la scène d’audition organisée par les responsables, où la jolie brune en maillot de bain bien plus belle et douée que les autres n’est pas sélectionné au profit d’une bimbo quelconque. L’acteur qui jouait le photographe revient dans un rôle similaire tandis que son partenaire et directeur de l’établissement est plus intéressé par les filles que son travail, s’envoyant en l’air avec elles dès que l’occasion se présente. Retrouvailles également avec l’homme d’entretien hideux et suspect, l’assistante vieillissante forcément jalouse des petites jeunes et le meurtrier qui ne dévoile son identité que dans les toutes dernières minutes et se trouve être – sans surprise – l’une des candidates. Pour le coup ses motivations ont moins de rapports avec la compétition qu’avec son amant volage, ce qui nous vaut un dialogue surréaliste lorsque la final girl rétorque à la psychopathe qu’elle mérite de rester en vie car elle a toujours rejetée les avances de l’intéressé ! Une ultime confrontation qui, comme la dernière fois, se montre plus dynamique et intéressante que le reste du film.

 

 

Car, encore, les deux femmes vont se battre salement, l’une n’hésitant pas à faire tomber l’énorme boule à facette suspendue au-dessus du dancefloor sur la tête de l’autre, la conclusion montrant l’héroïne gagner le concours par défaut puisque se trouvant être l’unique survivante du massacre. La satire est ici beaucoup moins forte mais il y a quelque chose d’amusant dans le fait de voir le personnage se regarder dans le miroir et poser la couronne sur sa tête immédiatement après avoir tué l’assassin, comme pour se réconforter de ce mauvais moment. Dommage que ce final soit quand même moins fou, moins violent et moins précipité que la dernière fois, préférant créer un faux twist où la meurtrière revient dans les dernières minutes, le visage ravagé par ses blessures en une sorte de Fantôme de l’Opéra version nightclub crapoteux. Une idée qui aurait mérité d’être le point de départ de ce Last Dance qui, autrement, se montre peut-être même encore plus bâclé que son prédécesseur question gore. Car Bikini Island avait au moins pour lui son improbable ventouse débouche-chiotte et le running gag des lettres de démission pour chaque victime.

 

 

Las, il n’y ici rien d’aussi drôle. Il est clair que le réalisateur se moque éperdument de l’argument “slasher” et bâcle les scènes de mise à mort avec une nonchalance insolente. La première victime est tuée (hors champ) à coups de branche, du genre maigrichonne ramassée sur le bord de la route. Une autre se fait frapper par un objet non identifié et s’effondre comme si elle s’était prise une bonne baffe. Deux types sont poignardés dans le dos de la même façon tandis qu’un autre est renversé par une voiture et roule simplement sur le sol sans qu’il y ait impact. D’autres se prennent un coup de marmite en métal sur la tête et une idiote marche droit dans un nœud coulant ! Et la pendaison de ne montrer que les pieds et de s’étirer à n’en plus finir… C’est presque une surprise lorsque l’antagoniste affiche un visage balafré dans les derniers moments du film tant ces séquences horrifiques sont expédiées, voir peut-être même improvisées sur le tas. Seule exception: la mort d’une jolie menteuse qui avale une boisson dans laquelle l’antagoniste a glissée quelques hameçons ! Le résultat à l’écran est anecdotique mais l’idée est suffisamment sadique pour faire son effet.

 

 

Au final on se demande presque pourquoi le scénario s’embarrasse de tout ça, tant il aurait pu se contenter d’être un pseudo drame tournant autour du personnel détestable de cette boite de nuit. Tout le monde ment, tout le monde jalouse tout le monde, et surtout les filles dansent sans arrêt, déambulant constamment en petites tenues pour notre plus grand plaisir: maillots de bain, robes transparentes, mini-jupes, short serrés, sous-vêtements… Voilà le véritable intérêt de Last Dance qui d’ailleurs se montre finalement bien plus rythmée et généreux que Bikini Island puisque les spectacles obligent les filles à bouger et le metteur en scène à être créatif, comparé aux modèles posant statiquement devant l’objectif d’un photographe. Il y a même une volonté d’offrir de véritables performances dans certains cas, comme la danse de la motarde en bikini vinyle ou celui de la femme fatale en lingerie blanche. Et si certaines contributions sont plus anecdotiques, il y a au final suffisamment de bons moments pour se rincer l’œil et ne pas avoir trop l’impression de perde son temps…

 

 

Précisions au passage qu’il ne s’agit pas de stripteases à proprement parler, les actrices gardant leurs costumes. D’ailleurs aucune d’elles n’a voulu s’abaisser à dévoiler sa poitrine, forçant le réalisateur à engager une doublure pour les scènes de sexe. Du coup il en tire plein usage, multipliant les gros plans sur ses seins et ses fesses, rallongeant la séquence à n’en plus finir à la manière d’un softcore, a tel point qu’il utilise les nombreux plans pour deux scènes différentes ! Voilà une belle façon pour lui de faire du remplissage, et d’ailleurs s’il faut reconnaitre une chose à Last Dance c’est bien d’être plus dynamique et plus équilibré que Bikini Island, enchainant constamment meurtres, numéros de danse et galipettes sur le lit en sautant de l’un à l’autre afin de constamment retenir notre attention. Ce qui n’est pas plus mal puisqu’il n’a rien d’autre à proposé, hormis un couple d’adolescents insupportables à la Beavis & Butt-Head (on applaudit lorsqu’ils se font enfin éjecter du club) et le sympathique tube rock psychédélique Can’t Seem to Make You Mine du groupe The Seeds durant le générique de fin.

 

 

Peut-être une scène: lorsque le barman découvre celle qu’il aime dans les bras de son patron et explose de colère. Il insulte la belle qui exige à son prétendant de défendre son honneur, mais celui-ci ne veut pas se fâcher avec son collègue et va dire qu’elle ne représente rien pour lui. Choquée, la demoiselle retourne aussitôt dans les bras de l’autre en demandant réparation avant de se prendre une bonne claque sur le museau pour la peine ! Et si Bikini Island avait une apparition du (futur) réalisateur de Psycho Cop 2, on en retrouve ici l’une des actrices, l’ancienne pornstar Carol Cummings (sous le nom de Kimberly Speiss), tout juste à la retraite. Étrangement son rôle est celui de la vieille danseuse qui rêve de revenir sur scène une dernière fois, alors qu’elle n’avait que de vingt-sept ans au moment du tournage. Si le film tente mordicus de nous convaincre qu’elle est trop âgée pour cela et que son ultime numéro est censé être embarrassant, on ne peut que constater qu’elle possède un physique de rêve en plus d’être au top question performance.

 

 

A ses côtés: la Playmate Erica Ringström, qui n’a aucun dialogue et apparait à peine, et Elaine Hendrix qui deviendra une véritable actrice hollywoodienne peu après. Comme c’était le cas dans Bikini Island, les plus belles sont aussi les moins connues et celles qui disparaissent le plus vite. Ainsi peut-on voir une ravissante Heidi Lands au début du film, qui s’est retirée bien trop vite des écrans puisqu’elle n’a apparemment jamais fait d’autre, Allison Rhea, vu la même année dans le jeu vidéo controversé et nanardesque Night Trap, et une jolie Marci Brickhouse qui n’aura eu que des petits rôles à la télévision. La vie est vraiment trop injuste.

 

 

 

GALERIE

 

 

   

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