The Simpsons (2.03) – Treehouse of Horror (1990) AKA. The Simpsons Halloween Special

ROAD TO HALLOWEEN V

 

Suite a un problème technique le texte original a été perdu, me forçant a tout réécrire de tête, à la hâte et avec beaucoup de dépit afin de rester dans les temps. Cette nouvelle version m’apparait comme inférieure et un peu bâclée, mais c’est tout ce que je peux faire plutôt que de supprimer l’article entièrement.

 

 

The Simpsons

Treehouse of Horror

(1990)

 

 

Que reste t-il vraiment à dire sur Les Simpsons ? Rien, la série perdurant depuis des décennies et continuant à aligner gags et parodies comme au premier jour. Alors oui, depuis plusieurs années le show a perdu de sa superbe, est devenu moins drôle et on peut presque séparer la version contemporaine de l’Âge d’Or tant la comparaison ne tient pas. Mais que l’on le veuille ou non, la célèbre famille jaune demeure au sommet de la pop-culture américaine – et internationale – et ne risque pas de perdre sa place de sitôt. Et ainsi il m’est apparu que non seulement je n’ai jamais évoqué ici les (més)aventures de Lisa, Marge, Bart et Homer Simpsons, mais surtout que je n’ai jamais parlé de leurs délirants et passionnants Halloween Specials qui sortent régulièrement tous les ans et ce depuis la seconde saison en 1990 !
Plus connus sous le nom de Treehouse of Horror, ces épisodes brisent le format habituel pour prendre la forme d’une petite anthologie de généralement trois histoires courtes parodiant films, séries et clichés du cinéma fantastique et de la science-fiction. Un concept qui ne devait à l’origine pas dépasser son premier essai avant que son énorme succès n’inspirent les auteurs à poursuivre dans cette voix et en faire une tradition.

 

 

La toute première version a même faillit ne pas voir le jour, l’idée de base (parodier les EC Comics) paraissant alors un peu risquée selon les créateurs. D’une part Matt Groening hésita longuement à valider l’une des histoires qui, inspirée du Corbeau de Edgard Poe, lui paraissait trop prétentieuse, mais surtout il y avait le risque véritable d’effrayer les plus jeunes spectateurs et donc d’énerver leurs parents. Cela força l’équipe, déjà bien occupée à développer trois segment nécessitant leurs propres décors et personnages, à réaliser une introduction où Marge présente l’épisode et conseille aux familles de ne pas montrer celui-ci aux bambins trop sensibles, au cas où.
Malgré ces contraintes, The Simpsons Halloween Special se réalise quand même et se montre même très ambitieux: nouveau générique d’ouverture, nouvelle musique composée pour celui-ci, idée d’un sketch en fil rouge abritant les différentes histoires… Au final ce sont quatre scénaristes et trois réalisateurs qui furent mis à contribution, ceux-ci ayant heureusement la liberté de ne pas s’embarrasser de continuité pour aller plus vite et surtout jouer à fond la carte de l’Horreur si besoin, quitte à tuer les protagonistes.

 

 

 

Et ça commence plutôt bien avec le fameux avertissement lancé par maman Simpsons, directement reprit à celui du Frankenstein de James Whale où déjà un présentateur venait prévenir le public que ce qu’il allait voir risquerait de le terrifier. Le générique vient imiter le célèbre survol de Springfield en déplaçant l’action dans un cimetière où apparaissent des pierres tombales affichant des inscriptions humoristiques à propos de célébrités (Elvis, Paul McCartney qui n’est évidemment pas mort), d’émissions disparues (Garfield, Casper) ou de références musicales vieillottes (The Grateful Dead et le disco).
Le segment principal s’intéresse aux enfants qui cherchent à se divertir durant la nuit d’Halloween. Réfugiés dans leur cabane construite en haut d’un arbre, ils échangent quelques histoires afin de se faire peur sans savoir que leur père, revenu de sa ronde déguisé afin de récupérer des friandises pour lui-même, va les écouter. C’est Bad Dream House qui ouvre le bal, parodie des Amityville ou d’à peu près n’importe quel film de maison hanté. Ici la famille emménage dans un immense manoir gothique construit sur un ancien cimetière indien – littéralement, les tombes se trouvant encore dans le sous-sol ! Et certaines de se planter un peu, présentant quelques étrangers qui n’ont rien à faire là comme Ghandi.

 

 

 

A peine ont-ils déballés leurs cartons qu’ils vont être victimes de phénomènes surnaturels: les murs saignent, des objets lévitent et une voix leur ordonne de quitter les lieux tandis qu’un vortex vers une autre dimension leur renvoie des notes pour qu’ils arrêtent d’y balancer leurs détritus ! Si Marge à la bonne idée de vouloir déguerpir au plus vite, son époux va la convaincre de rester au moins une nuit vu l’investissement financier qu’ils ont placé dans la demeure. L’entité maléfique va convaincre chacun de tuer les autres membres de sa famille à la manière du massacre des DeFeo, mais les Simpsons étant trop bêtes, cela échoue et la situation va se retourner contre la bâtisse.
Bart exige de voir du sang, Lisa suppose que les Forces du Mal sont secrètement romantiques et peuvent apprendre l’amour auprès d’eux tandis que Marge va déclarer que puisqu’ils sont là, la maison doit faire avec. Considérant un moment d’avoir à cohabiter avec les Simpsons, celle-ci va donc décider… de s’auto-détruire façon Poltergeist ! Un gag référentiel comme bien d’autres (Maggie à la tête qui tourne come dans L’Exorciste) même s’il faut mentionner quelques idées plus subtile comme ce livre qui retourne sans cesse dans la caisse que Bart déballe sans regarder, répétant en boucle le même geste.

 

 

Vient ensuite Hungry are the Damned, reprise d’un célèbre épisode de La Quatrième Dimension. Des extraterrestres à tentacules arrivent en soucoupe volante pour enlever les Simpsons et… leur offrir un somptueux repas. Malgré leur apparence repoussante ils semblent simplement vouloir divertir leurs invités et seule Lisa va se méfier, explorant les cuisines où elle va découvrir un livre de recettes pour cuisine humaine au sens propre: How to Cook Humans (comment cuisiner les humains). La confrontation avec les responsables va prendre une tournure amusante lorsqu’ils prétendront que l’ouvrage est couvert de poussière cosmique, soufflant dessus pour révéler son véritable titre: How to Cook For Humans (comment cuisinier pour les humains). Pas dupe, la gamine va les imiter et mettre à jour un How to Cook Forty Humans (comment cuisinier quarante humains), la situation continuant comme ça pendant un bon moment…
Les aliens prendront très mal ces accusations et les humains seront expulsés immédiatement, à l’inverse de ce qui arrive dans l’histoire qui leur sert de modèle. Ce segment marque la première apparition de Kang et Kodos qui reviendront par la suite dans tous les Treehouse of Horror. Itchy et Scratchy font une courte apparition, le réalisateur se tente à un traveling contrarié (l’effet Vertigo) plutôt impressionnant et le rayon tracteur du vaisseau a bien du mal à faire monter Homer à bord, celui-ci étant trop lourd.

 

 

Aussi un des monstres de l’espace éclate en sanglot quand ses intentions sont critiquées, ne supportant pas l’accusation après avoir passé tellement de temps à préparer ses plats, ce qui vaudra plus tard à l’héroïne de se faire engueuler par ses parents très déçus de ne pas connaitre la vie paradisiaque que les extraterrestres avaient prévu pour eux.
Enfin, The Raven reprend pratiquement mot pour mot le célèbre texte de Edgar Poe au point que celui-ci se retrouve crédité comme scénariste au générique. La narration est assurée par James Earl Jones (qui effectuait déjà quelques voix dans les sketches précédents), dont la voix profonde est parfaite pour mettre en valeur les mots et l’atmosphère propre à cet ancien récit, rendant l’écoute très effective. Seuls les dialogues des personnages sont revus et corrigés, avec Homer dans le rôle du protagoniste et Bart dans celui du corbeau, et une grande partie de l’humour vient justement de ces voix totalement décalées par rapport à l’ambiance gothique qu’elles accompagnent. Autant dire qu’après deux parodies de pop-culture moderne, ce dernier conte créé une sacré rupture de ton et… c’est justement l’idée: ennuyé à mort par cette vieille histoire qui ne fait pas peur, Bart interrompra plusieurs fois la narration avant que Lisa ne lui rappel que la nouvelle originale date de 1845 et qu’à l’époque cela était suffisant pour provoquer la peur.

 

 

Le garçon va accepter l’explication, concédant que même un film comme le premier Vendredi 13 est désormais totalement inoffensif selon les standard actuels. Une manière d’évoquer un peu l’Histoire de la culture et de faire accepter les vieilles choses à un public braqué exclusivement sur leurs standards. On peut comprendre en quoi Groening pouvait trouver cela pompeux mais un peu d’éducation ne fait pas de mal. Qui plus est le résultat est visuellement magnifique, le réalisateur ayant décidé de suivre l’aspect rétro de son sujet en optant pour une mise en scène à la manière des films expressionnistes, pleine de perspectives déformées, de cadrages tordus et de jeux d’ombres.
Naturellement l’idée est également de détourner le classique, mais les responsables n’ont pas grand chose à faire puisque les mimiques de Homer et l’oiseau à tête de Bart suffisent pour amuser. Quelques idées subsistent malgré tout, comme un portrait de Marge dont les cheveux sont si longs qu’ils nécessitent un tableau supplémentaire, ou lorsque le protagoniste fait une mauvaise chute et voit des petits corbeaux lui tourner autour de la tête, chantonnant “Nevermore” à répétitions. Treehouse of Horror se conclu alors, assurément une grande réussite et en son temps l’un des meilleurs épisodes produit depuis la création du show.

 

 

Le succès de ce Halloween Special n’a finalement rien d’étonnant puisque, outre sa grande créativité et ses prises de risques, il parvient amplement à prouver sa valeur comme court-métrage indépendant qui pourra plaire même à ceux qui se moquent éperdument des Simpsons. Les créateurs auraient pu se contenter d’une banale aventure de la famille durant le 31 Octobre, mais à la place ils ont préféré laisser leur passion prendre les rênes, développant un concept au potentiel infini. La preuve: il fonctionne toujours actuellement.

 

 

 

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>