Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl (2003)

 

Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl

(2003)

 

 

Le jeune Will Turner est le seul survivant d’un navire visiblement attaqué par des flibustiers. La petite Elizabeth le protège en lui volant un médaillon étrange. Des années plus tard, le capitaine Jack Sparrow, pirate, débarque seul et sans navire avant de se faire arrêter, non sans avoir sauvé Elizabeth de la noyade. Cependant le médaillon, au contact de l’eau, invoque un bateau de pirate réputé maudit: le Black Pearl. Les forbans débarquent et finissent par enlever la jeune femme. Will est obligé de s’allier à Jack Sparrow pour les retrouver, mais ce dernier semble avoir d’autres plans en tête et en savoir long sur ces pirates immortels qui prennent l’apparence de squelettes lorsque la lune les éclaires…

 

 

Le film de pirate est un vieux genre ayant disparu des écrans depuis un long moment, les deux derniers titres en dates étant le Pirates de Roman Polanski et L’Île aux Pirates de Renny Harlin. Deux films pour ainsi dire ratés et ne renouant pas avec la magie des classiques d’autant, avec Errol Flynn, Robert Shaw et Geneviève Bujold.

 

 

Si Pirates des Caraïbes (pourquoi un sous titre aussi pompeux que Curse of the Black Pearl ? Tout simplement pour faciliter le titrage d’éventuelles séquelles) avait été conçu dans l’idée de déterrer le genre, ce type de film d’aventure aurait peut-être pu connaître un nouvel âge. Malheureusement il n’en ait rien, car Pirates des Caraïbes est un film de commande basé sur une attraction du parc Disney. Logique donc que toutes proportions épiques se retrouvent écartées de l’histoire, en vue de produire un film grand spectacle (production Bruckeimer oblige) et tout public, politiquement correct et moralisateur (production Disney oblige). Sans parler de l’absence évidente de toute volonté quant à redorer le blason du film de flibustier.

 

 

Si l’idée d’inclure une légère touche surnaturelle par le biais de la malédiction était bonne, il n’en résulte pas grand-chose au final, donnant à Pirates des Caraïbes des airs de sous-La Momie de Stephen Sommers, en encore plus enfantin puisque toute la sauvagerie des pirates disparaît, y compris dans les scènes de batailles (tout au plus quelques morts sans violence), laissant place à du comique parfois poussif (le pirate et son œil de bois sans cesse éjecté de l’orbite à chaque chute). A peine une seule véritable explosion en ce qui concerne l’action, un comble pour une production Bruckeimer (Pearl Harbor, Armageddon), et heureusement un jolie combat de sabres entre Johnny Depp et Orlando Bloom.

 

 

La faute aussi à un réalisateur sans saveur (Le Mexicain avec Brad Pitt et The Ring, remake américain inutile du film d’épouvante japonais) et à des producteurs ne visant rien d’autre qu’un maximum d’entrées en salle lors de l’exploitation et attirer le même jeune public vers l’attraction de base. Car c’est là le but réel du film: faire une publicité de plus de deux heures pour le parc Disney, rien d’autre n’intervenant finalement dans le film pour lui donner une identité, voir un minimum d’enjeu.

 

 

Film commercial par excellence, Pirates des Caraïbes n’offre que le strict minimum malgré ses promesses. Ainsi la fameuse malédiction ne sert que deux fois dans le film, économisant sévère sur le budget des effets spéciaux, par ailleurs très (trop ?) ressemblant à ceux de La Momie. Et en dehors d’une scène plutôt inutile de présentation des squelettes, et l’attaque ultime au climax du film, nos revenants n’apparaissent jamais sous leur véritable jour, reléguant le thème surnaturel du film au rang de simple gimmick pour éveiller un peu le spectateur.

 

 

Il faut rajouter à cela un script bien trop bavard , non pas inintéressant mais finalement plutôt anecdotique dans bien des scènes, faisant atteindre au film une durée de plus de deux heures (et sans les “extented scenes” rajoutées en bonus dans le DVD). Du coup le film se retrouve avec une durée de vie d’une seule vision, la majorité du métrage étant si peu intéressante qu’elle ne donne pas envie de s’y replonger.

 

 

Heureusement, Pirates des Caraïbes se rattrape par ses costumes et ses décors d’une grande beauté visuelle, et surtout par son casting. Car il faut avouer que si le côté comédie du film se ressent vraiment, c’est surtout grâce à eux. Dans le rôle du jeune premier venant sauver son amour en détresse on retrouve Orlando Bloom, qui est surtout là grâce à sa popularité obtenue dans Le Seigneur des Anneaux, lequel paraît beaucoup moins coincé que dans son rôle de Legolas. Geoffrey Rush, lui, campe parfaitement le “méchant” pirate Barbossa, et lui fait même échapper à la règle du manichéisme de Disney, lorsqu’à sa mort il ressent à nouveau une émotion. Un petit côté humain qui n’est pas pour déplaire, même si l’on retient plus ses mimiques et son regard. Enfin c’est surtout la magnifique Keira Knightley, irradiante de beauté à chacune de ses scènes, et le célèbre Johnny Depp, campant ici le personnage le plus intéressant du film, au comportement halluciné et décalé (apparemment repris sur le guitariste des Rolling Stones Keith Richards et sur le personnage de cartoon Pépé le Putois !) et au jeu volontairement ridicule mais très appréciable, qui portent le film sur leurs épaules.

 

 

Ainsi c’est son visuel (le plan ouvrant le film de ce navire sortant de la brume est magnifique), ses acteurs et aussi sa musique parfois trop envahissante bien que possédant l’énergie qui fait défaut au film, qui empêchent Pirates des Caraïbes de sombrer (bon, elle était facile…) et lui permettent d’être un divertissement sympathique mais sans plus. La faute à ces pirates de producteurs (celle-ci aussi était facile) ne pensant qu’à faire le minimum pour empocher le maximum.

 

 

Si Pirates des Caraïbes n’est pas un mauvais film, il n’est pas non plus un bon, et il faudra chercher ailleurs l’excitation du film d’aventure.

 

 

 

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