The Walking Dead (5.01)

 

The Walking Dead
Ep.5.01

No Sanctuary

 

 

Alors que la cinquième saison de The Walking Dead fait ses débuts sur les écrans, je réalise que je n’ai encore jamais rien écrit sur cette série. Je me souviens avoir acheté le premier volume français du comic-book, il y a des années, bien avant que l’adaptation n’existe et j’avais été charmé par le graphisme typé, le noir et blanc et la description de cette petite communauté dans un monde apocalyptique. J’emmenais la BD régulièrement au lycée pour la faire découvrir a mes camarades, lesquels avaient tendance a s’arrêter au point de départ: “On dirait 28 Jours Plus Tard”, me répétait-on inlassablement. Ce a quoi je répondais “Hum, oui, ça ressemble a 28 Jours Plus Tard, c’est vrai. Mais…” avant d’essayer de présenter l’œuvre et ses qualités. Je serais bien incapable de vous dire si j’ai été convainquant, mais je sais que personne n’a jamais daigner lire ou acheter cette première édition de Walking Dead, et je crois que le second volume n’a même pas été publié avant la réédition…
Je ne sais pas vraiment pourquoi il m’a fallu autant de temps pour me décider a faire un article sur la version télé, mais je crois que c’est assez révélateur du gros soucis derrière le show. Walking Dead ça se regarde distraitement, on roule fréquemment des yeux devant les dialogues balourds et les situations prévisibles, on attend toujours qu’il s’y passe quelque chose et on ne s’intéresse a l’épisode que lorsque l’on a droit a l’habituelle scène gore impliquant les morts-vivants, ou lorsque notre personnage et/ou acteur préféré a son moment de gloire. En gros c’est du vent, c’est creux, ça se croit profond avec ses réflexions sur la nature humaine, et le tout nous est présenté dans un “bel” emballage (les effets spéciaux, merci KNB) qui apparaît de plus en plus fade a chaque vision, notamment a cause des acteurs qui sont pour la plupart catastrophiques.
Ce n’est pas pour rien qu’on se réfère a la série sous le titre de The Talking Dead et la saison 2 est probablement le meilleur exemple de tout ce qui lui est reprochable. Bien sûr on trouvera toujours les défenseurs qui prétextent que la série doit être soutenue car c’est la seule qui représente le genre du mort-vivant a la télé (drôle d’excuse pour se satisfaire de médiocrité) et ceux qui ne se branche dessus que pour “être geek” et mais qui n’ont jamais regardé un seul film de George Romero ou de Lucio Fulci. J’ai envie de dire que beaucoup de ceux-là se mettent des œillères ou se choquent très facilement de pas grand chose (l’exécution de la petite fille psychopathe de la saison dernière, par exemple) car il n’y a ici rien qui n’ait déjà été fait en mieux ailleurs. Ça et la qualité d’écriture est vraiment déplorable. Entre les redondances des situations, les choix idiots ou illogiques des personnages et le manque de subtilité de l’ensemble, il y a vraiment de quoi détester les scénaristes qui promettent beaucoup et ne délivrent jamais.

 

 

Maintenant, il serait facile de faire comme certains, de dire “c’est mieux dans les comics” et de justifier cette mauvaise adaptation par un manque de budget et d’ambitions vis-a-vis des séquences épiques qui ont lieux dans la BD, mais… Non. Même dans sa version papier ça reste chiant, blindés de dialogues qui n’en finissent plus et d’intrigues qui se répètent et tournent en rond. Une chose qui ne manquera jamais de me faire rire, c’est lorsqu’un numéro se termine par un gros plan sur Rick qui, tout colère, lâche une réplique sentencieuse a ses amis comme s’il avait rejoint le côté obscur de la Force. Un running cliffhanger qui en devient hilarant et fini par tuer toute tension et tout suspense tellement il a été utilisé en plus d’une centaine d’épisodes.
Passé les centaines de zombies et de scènes gores qui parsèment la saga, voilà à quoi s’apparente Walking Dead pour moi. Une succession de cliffhangers caricaturaux qui sont aussitôt désamorcés a la publication / diffusion suivante, où l’intrigue semble avoir fait marche arrière pour se concentrer sur de la parlote. Beaucoup de parlote. C’est dire a quel point je n’attendais pas particulièrement cette reprise, étant même carrément tombé par hasard sur l’épisode. La bonne nouvelle c’est que celui-ci fait la part belle a l’action et du coup on ne s’y ennuie pas. La mauvaise, c’est que le concept des cannibales est tué dans l’œuf et que ça ne fait toujours pas avancer le Schmilblick.

 

 

La fin de la saison précédente imitait son modèle papier en se concluant sur un Rick aigris et vengeresque qui promettait l’enfer a ses geôliers. D’emblée cet épisode choisit de ne pas nous faire patienter et, alors qu’il était logique de situer la confrontation vers le mid-season, nous jette dans le bain dès le prologue. Rick et les siens se préparent a l’affrontement dans leur cellule, mais c’était sans compter sur la prudence des gardes qui ont vite fait de les neutraliser et d’en emmener quelques uns a l’abattoir. Alors que le groupe est sur le point d’être saigné (au passage le scénariste ajoutes quatre prisonniers sortit de nulle part afin des les tuer d’abord et de nous faire comprendre le danger encouru par les héros, une subtilité comme une autre dans la série) le Terminus est prit d’assaut par une horde de Walkers… Où s’est infiltrée Carol qui, ayant eu vent de la capture de ses amis, passe en mode Rambo et vient carrément faire exploser les lieux ! La diversion parfaite pour Rick qui s’évade, prend les armes et libère ses compagnons.
Le reste de l’épisode n’est qu’un massacre général où les morts-vivants et les cannibales croulent sous les balles. Aussi démentiel que paraît ce résumé, le résultat n’a rien de sensationnel et il faut préciser que l’aspect hautement dérangeant du cannibalisme est a peine effleuré. A vrai dire, a part un bref aperçu de dépeçage humain filmé a la manière d’Hostel et la présence d’un garde-manger peu fournis, il n’y a aucune différence entre ces personnages et les troupes du Gouverneur des saisons passés. Bon forcément après avoir vu Détour Mortel 6 l’autre soir, ça ne risquait pas de voler très haut comparé aux excès de Three Finger… C’est en tout cas l’occasion de voir nos héros se montrer sans pitié, notamment Rick qui n’a aucun remord a tirer dans le dos de ses adversaires, laisser les blessés en plan pour qu’il se fassent dévorer, et qui va jusqu’à préserver leurs cadavres pour qu’ils se transforment en guise de punition !

 

 

La réalisation est assurée par Greg Nicotero qui a fini par acquérir suffisamment d’expérience pour mettre en scène l’épisode de manière irréprochable et même de nous gratifier de quelques plans soignés. L’utilisation de CGI sur quelques Walkers se fait encore un peu ressentir mais cela vient plus de l’effet Uncanny Valley que de mauvaises incrustations. Et ce sont malheureusement les seuls compliments que je peux faire a l’épisode car le tout sent un peu la redite. L’assaut du Terminus n’est pas sans évoquer les nombreuses batailles entre les troupes de Rick et du Gouverneur et son déroulement en devient assez prévisible. Un sentiment de répétition qui n’aurait peut-être pas eu lieu si l’intrigue s’était étiré sur deux ou trois épisodes, afin de d’explorer plus en avant le monde des anthropophages, mais le scénario s’oriente clairement dans une autre direction.
Un choix très surprenant que de boucler ainsi une intrigue qui s’annonçait majeur. Et si cela fonctionne au bénéfice de l’épisode, qui non seulement évite la baisse de rythme en milieu d’épisode mais pour une fois délivre ce que l’on nous avait promis (la rébellion des héros), il faut espérer que cela ne soit pas au détriment du reste de la saison ! Car vu comment les choses s’annonce, nous sommes bien parti pour une longue partie de cache-cache dans les bois pour les temps a venir… Au moins la série semble avoir rectifiée l’intrigue liée a Eugène a son avantage, et la possibilité d’un remède semble plus concret que dans la version comics (méfiance tout de même, nous ne sommes pas a l’abri d’un twist foireux qui nous renverrai aux mêmes conséquences).

 

 

Du reste, tout n’est pas parfait, loin de là. Les tentatives d’établir Tyreese comme gros dur sont toujours aussi ratées et ne laissent plus beaucoup d’espoir envers le personnage. Même chose pour mémé Carol qu’on nous présente comme une guerrière accomplie, mais qui ne sera jamais crédible avec son charisme naturel (et ce n’est pas faute d’avoir d’autres personnages qui pourrait remplir ce rôle, plutôt que de jouer les potiches). No Sanctuary accuse aussi d’une étrange structure, rajoutant ici et là quelques flash-backs concernant les cannibales et comment ils en sont venus a commettre ces atrocités. Une drôle d’idée de vouloir créer l’empathie pour un groupe d’illuminés qui n’ont finalement pas plus dégustés que n’importe qui d’autre dans cet univers et qui ne justifie absolument pas leur lubie culinaire ! D’une certaine façon, cela les rend presque plus détestables que le Gouverneur, qui lui au moins avant l’excuse d’être un psychopathe…
Ici et là traînent encore quelques improbabilités, comme l’angle de tir de la fusée que lance Carol pour détruire les défenses du Terminus, et autres séquences téléphonées comme lorsque le groupe perd du temps a libérer un prisonnier, pour se prouver a eux-mêmes qu’ils sont encore humains, lequel mort la poussière comiquement l’instant d’après. A ce niveau, on est pas loin de Zombieland: The SeriesCela étant dit, il s’agit de reproches mineurs car basés sur des scories que l’on retrouve tout au long de la série. The Walking Dead est ainsi fait depuis son tout premier épisode et on fini par intégrer ces éléments imparfaits sur le long terme. Ceux qui sont persuadés que le show est bon ne verront probablement rien, les autres sont déjà blasés depuis un bon moment. En l’état, No Sanctuary est un très bon départ pour cette cinquième saison et pourrait même faire partie des meilleurs épisodes de toute la série. Et s’il ne faut pas se leurrer quant a la qualité des choses a venir, il est permis de reconnaître l’effort et l’efficacité de cette nouvelle entrée en matière. C’est déjà pas mal.

 

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>