Constantine (1.13)

Constantine
Ep.1.13

Waiting for the Man

 

 

Et voilà que se termine Constantine, alors que nous sommes toujours dans l’attente d’une quelconque confirmation concernant le devenir de la série. C’est d’autant plus frustrant que cette dernière diffusion n’a rien d’un season finale ; en fait il ne met même pas en place le moindre cliffhanger ! Tout au plus l’épisode délivre une petite révélation, assez prometteuse il faut le reconnaitre, mais rien de bien transcendant. Il pourrait rester encore cinq ou dix épisodes, ça ne ferait aucune différence ! Pas terrible comme idée, on se croirait encore une fois à l’époque des années 90 avec ces nombreux shows qui n’ont pas de fins. Difficile alors de convaincre quelqu’un de donner sa chance à Constantine et d’investir du temps dans une histoire inachevée.
Pour autant, il ne faut pas bouder ce Waiting for the Man qui se révèle être l’une des meilleurs entrées dans la série. Un concept assez malsain pour que l’enquête vaille le coup d’œil, rehaussée qui plus est par quelques éléments visuelles plutôt intéressant. Ajoutez à cela que la conclusion préfigure la création du Spectre et semble orienter l’ambiance générale vers une direction un peu plus sombre, et vous obtenez quand même de quoi attendre impatiemment la déclinaison Hellblazer envisagée.

 

 

L’intrigue montre comment un sataniste, un Cajun connu sous le nom de The Man, s’en prends à des gamines depuis qu’il a découvert que sa femme n’était pas vierge pour leur nuit de noces. Il capture maintenant des petites filles pour se marier avec elle devant l’autel de Satan, puis les assassines. En raison du Rising Darkness, ses actions lui permettent également de garder les fantômes de ses victimes avec lui, qui lui restent fidèles et dont il se sert pour appâter d’autres enfants. Lorsqu’un nouveau cas de disparition est signalé, l’inspecteur Jim Corrigan fait aussitôt appel à Constantine et Zed afin de retrouver le coupable au plus vite.
Le trio se lance à sa poursuite mais Zed est gravement perturbée par les visions que lui renvoi le policier: celui-ci va mourir, et apparaît entouré d’un étrange halo verdâtre. Incapable de savoir si elle doit le prévenir ou non, la jeune femme commence à l’éviter malgré des sentiments naissant. Au même moment notre exorciste découvre que la Brujeria à placée une prime sur sa tête, et c’est nul autre que Papa Midnite qui accepte le contrat. Le sorcier va devoir faire face à un redoutable contre-temps alors qu’il n’a que quelques heures pour retrouver la disparue saine et sauve…

 

 

La trame principale est efficace. Il y a une vraie ambiance poisseuse et surnaturelle autour de ses jeunes fiancées spectrales qui sont absolument amoureuse de leur meurtrier. Un côté conte de fée presque, lorsque The Man va les réveiller dans leur lit antique où elles dorment toutes les trois, vêtues de robes blanches d’un siècle passé, presque comme dans une scène issue du Petit Poucet avec les filles de l’Ogre. Il y a aussi ce parc d’attraction abandonné en pleine forêt, jouxtant l’habitation du sataniste où vient justement se perdre sa dernière proie en date, une jeune fugueuse aux cheveux roux flamboyant.
Une sorte de poésie macabre se dégage de tout ça, comme lorsque les trois filles s’appliquent à préparer la petite pour ses noces, laquelle se prend presque au jeu du mariage avant d’évoquer l’odeur. Une déclaration perturbante vis-à-vis de personnages que l’on ne voyait que comme de simples apparitions. A la manière des meilleurs films de fantômes, l’aspect surnaturel n’est que vaguement souligné et pas un instant on ne nous matraque avec des explications ou des effets clinquants. Tout au plus une séquence où Constantine, explorant la demeure de The Man, découvre les cadavres des fillettes dans le lit, décomposées dans leur petites robes et placées comme si elles étaient endormie. Une découverte qui chamboule le sorcier, pourtant jusqu’ici assez blasé quant aux horreurs qu’il combat quotidiennement.

 

 

Et cette réaction est justement le point d’orgue de l’épisode, lequel n’hésite pas à montrer Constantine et Corrigan commettre un meurtre au nom de ce qu’ils estiment être la Justice. Une fois attrapé, le sataniste est neutralisé et menotté par l’inspecteur qui s’apprête à l’embarquer, mais l’exorciste laisse entendre l’idée qu’il pourrait “s’échapper” et qu’il faudrait alors l’abattre. Si le policier lui rappel qu’il n’a pas affaire à un démon ou sorcier, et que l’affaire est close, il ne faut pourtant pas grand chose pour le convaincre. John Constantine n’a même pas besoin de trouver une excuse, juste de lui rappeler que, avec ses crimes, The Man n’a rien d’humain. Corrigan relâche son prisonnier et l’exécute. Pas de surprise de sa part, pas de doute. C’est presque comme si il avait déjà fait ça auparavant.
Évidemment il s’agit d’une façon de mettre en place son sens particulier de la justice et de la revanche, qui le rendra candidat pour devenir le nouvel Ange de la Vengeance par la suite sous les traits du Spectre. Une construction progressive que devrait en toute logique se poursuivre si la série continue, surtout que l’inspecteur développe une relation inévitablement tragique avec Zed.

 

 

L’autre axe narratif de Waiting for the Man traite toujours de la Brujeria, qui décide maintenant d’employer les grands moyens pour se débarrasser du sorcier et de mettre sa tête à prix. L’idée était plaisante et aurait même pu devenir le thème récurrent de la seconde saison, hélas elle est aussitôt annulée par le contracteur à la fin de l’épisode, ce qui est quand même dommage. En tout cas cela permet de retrouver Papa Midnite, antagoniste pas si mauvais que ça et qui dispense également la justice à sa façon, en découvrant un meurtrier parmi ses suiveurs. Un homme qui a tué sa femme et qui semble demander grâce, par peur des forces obscures on imagine. Visiblement en colère par son action, le prêtre vaudou va trouver un moyen assez ignoble de le laver de son pêché: le tuer et utiliser son corps comme véritable zombie vaudou, afin de l’envoyer contre John Constantine.
La série poursuit son exploration d’un personnage qui, on l’imagine, pourrait devenir un membre régulier du casting par la suite. On savait Papa Midnite hanté de la même manière que l’exorciste et promis à la damnation tout comme lui pour avoir envoyé sa propre sœur en Enfer. Aussi lorsqu’il obtient la chance de la ramener sur Terre en échange de la vie de son rival, il n’hésite pas un seul instant. Les deux sorciers vont donc se confronter en utilisant diverses astuces magiques, d’une manière qui n’est pas sans rappeler le Lord of Illusions de Clive Barker.

 

 

Arme enchantée, sortilège de glamour, corbeau familier, esprit amical, zombies… Ce n’est pas grand chose d’un point de vue technique mais il est bon de voir différent types de magies et de sorcelleries être utilisés dans cet univers. Gary Lester revient des limbes le temps de prévenir Constantine, Corrigan abat un mort-vivant sans émettre la moindre émotion et on retrouve la carabine Ace of Winchester.
The Man, quant à lui ,semble également disposer de pas mal de ressources concernant la magie noire, même si nous n’en verrons hélas jamais rien. L’inspecteur explique qu’il a laissé un sillage de corps derrière lui et Constantine évoque dans ses méthodes le procédé de dessiccation spontanée (tout les liquides contenues par les corps s’évaporent soudainement, transformant les victimes en momies) ainsi qu’une technique de marquage au fer rouge qui remonte à l’Inquisition. Dommage de ne pas vraiment découvrir comment le satanisme est traité à travers le show, ce qui aurait pu être très intéressant. Si Hellblazer il y a, il serait bon d’explorer un peu plus cette thématique en la liant avec le Rising Darkness.
Enfin la Brujeria, bien qu’invisible encore une fois, est évoquée et la fin de l’épisode nous révèle qui, dans l’entourage de Constantine, sera la personne qui le trahira, comme prédit par Papa Midnite plus tôt cette saison. A vrai dire la vérité n’a rien de surprenante mais il est agréable de voir que les scénaristes on décidé d’explorer cette piste plutôt que de se laisser aller à la facilité avec un personnage secondaire qui ne nous serait même pas venu en tête.

 

 

Des images très belles, des comédiens impeccables, un zombie vaudou et même un mort-vivant plus classique qui possède un aspect très années 80 dans son look… Waiting for the Man n’est probablement pas la fin de saison qu’on aurait imaginé mais il reste un très bon épisode. Là encore Constantine fait montre d’un grand potentiel et qui pourrait rendre le show encore meilleur si on lui en donnait la possibilité de l’exploiter plus encore.
Après tout combien de série connaissez-vous où le héros, entrain d’uriner dans la rue, demande à son ami Ange de venir la lui tenir ? Une belle référence au run de Garth Ennis en 1993, où un Constantine éméché pissait sans le vouloir sur les bottes du Phantom Stranger ! Clairement, Hellblazer DOIT voit le jour. Et d’ici là ce Constantine version télé, bien qu’imparfait et parfois frustrant, surclasse sans problème sa triste version cinéma, pudique et inoffensive. Rien que pour ça, ça valait le coup. En attendant la suite, surveillez John Con Noir dont les prochains épisodes devraient sortir sous peu (en présumant que la NBC n’ai pas annulé la chose). Les américains, eux, pourront s’amuser à appeler le numéro de téléphone visible sur la carte de visite de l’exorciste british et ainsi tomber sur une messagerie où celui-ci balance quelques idioties. La plus amusante ? Elle concerne un certain Alec Holland à propos d’un marais…

 

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