I Still Know What You Did Last Summer (1998)

 

I Still Know What You Did Last Summer

(1998)

 

 

On prend les mêmes et on recommence. A peine un an après Souviens-Toi… L’Été Dernier, neo-slasher surfant sur la vague de Scream mais s’étant pris une taulée pour cause de nullité absolue, voilà que débarque sa suite. Et la première chose qui vient à l’esprit, c’est le titre du film. Je me souviens à l’époque du premier Last Summer, une featurette promotionnelle s’amusait à demander au quatuor de comédiens quel serait, selon eux, le titre de la séquelle si elle devait avoir lieu. Et chacun d’y aller de son avis, pour un résultat très drôle d’une certaine manière.
En fait les producteurs cherchaient probablement à faciliter la vie du scénariste et le résultat est ce titre à rallonge: I Still Know What You Did Last Summer (Je sais encore ce que tu as fais l’été dernier). Chez nous on s’est un peu moins prit la tête et, peut-être de peur que le public-cible (un peu stupide) ne comprenne pas par lui-même, les distributeurs ont préférés lui mâcher le travail en renommant le film: Souviens-Toi… L’Été Dernier 2.

Bon après ça faudra pas venir s’étonner de la qualité du produit.

 

 

Cette fois Kevin Williamson n’est pas sollicité et il est remplacé par un jeune scénariste quasi inconnu qui n’a jusqu’ici travaillé que sur une seule chose… le dessin animé Timon & Pumbaa pour Disney ! Et pour compléter cette team de winner, c’est le réalisateur de Judge Dredd, Danny Cannon, qui orchestre le tout. Vu comme ça forcément, ça donne pas très envie mais au moins le film ne risque pas de voler des scènes de grands classiques ni de faire des citations référentielles en dépit du bon sens. Maintenant ça ne veut pas dire qu’ils feront plus original pour autant et le concept de ce nouvel opus ressemble suspicieusement à celui de Halloween H20 qui est sortie a peu près au même moment. Ainsi l’histoire se déroule aux alentours du 4 Juillet, soit pile un an après les évènements du premier Last Summer. Au passage, on apprend que la dernière scène du film était en fait un rêve de l’héroïne, car celle-ci est désormais traumatisée et paranoïaque. Incapable de revenir à Southport, elle vit presque séparée de son Prince Charmant, s’enfermant dans un appartement avec quatre verrous et ses notes sont en chute libre. Bref c’est pas le moral et la date anniversaire du massacre se rapprochant, la pauvre Julie James est au trente-sixième dessous.
Seule sa (nouvelle) meilleure amie tente de lui remonter le moral, ainsi qu’un autre prétendant du nom de Will Benson. Oui je précise son nom parce que c’est important. Et sans vouloir trop vous spoiler, je vous rappel que le nom du tueur de Last Summer était Ben Willis. Quoi ? Vous croyez qu’ils n’oseraient pas ? Par le plus grand des hasards, Julie et sa copine se trouvent êtres les gagnantes d’un jeu concours par téléphone/radio et remportent quatre tickets pour un weekend dans les Bahamas ! Vous penserez bien que la jeune femme se douterait de quelque chose étant donné sa grande méfiance mais non. Même si son numéro est censé être sur liste noir et qu’il n’y aucun moyen que la radio ait pu l’appeler. Et même si la question concours nécessitait de citer la capitale du Brésil, ce qu’elle a de faux. Mais bon, je suppose que si quelqu’un vous balance que vous partez aux Bahamas gratos, comme ça, vous ne chercherez pas à vous renseigner pour autant…

 

 

Alors évidemment c’est un piège et Benjamin Willis est toujours vivant. Le petit groupe se retrouve donc sur une île paradisiaque pour apprendre qu’ils arrivent en fait en pleine période hors-saison et qu’une tempête tropicale fonce droit sur eux. Résultat, même si l’endroit semblait bourré à craquer de touristes a leur arrivée, visiblement pas très pressés de partir, il est subitement désert le soir même. Très pratique pour Willis qui débarque sur place, un crochet à la place de la main, pour exécuter sa terrible vengeance…
Le point de départ n’est pas plus mauvais qu’un autre pour un film de ce type et au moins l’excuse bidon de l’île isolée permet d’éviter de se demander pourquoi personne n’intervient jamais durant le massacre. Maintenant je ne peux m’empêcher de me demander de quelle manière Ben Willis a t-il pu mettre en place ce stratagème sans que personne n’interfère jamais. Car s’il reste facile d’appeler l’héroïne chez elle et de lui faire croire qu’elle a gagnée un jeu, notre pêcheur malveillant a quand même prit soin de lui procurer de véritable tickets d’avions (payé de sa poche ?) et d’avertir l’hôtel de l’île que les quatre arrivant de dernière minute sont bien les gagnants d’un jeu de radio. Et tout ça sans que personne ne vienne jamais fouiner dans ses affaires.

 

 

Mais il est vain de chercher la moindre logique dans Last Summer 2 puisque le film est intégralement constitué de ce type d’invraisemblances. Dois-je mentionner la police qui ne prend même pas la peine de vérifier les dires du héros lorsqu’il explique s’être fait attaqué par un tueur au crochet – celui de l’année précédente dont on a jamais retrouvé le corps ? Ou la vitesse incroyable avec laquelle les personnages semblent capable de faire le voyage USA / Bahamas ? Notre pêcheur fou est toujours un super nettoyeur, capable de faire disparaître corps et traînée de sang en l’espace de quelques minutes, et tout une scène de suspense repose sur le fait que l’héroïne se retrouve prisonnière d’une cabine UV réglée au maximum… La jeune femme hurle pour nous faire croire qu’elle risque de rôtir et ses amis tentent de casser la machine pour l’en faire sortir. Mais pourquoi est-ce que personne ne pense à éteindre l’appareil, tout simplement ? Ou même régler la chaleur au minimum ?
Enfin certaines séquences ne mènent nulle part, si ce n’est pour créer de faux suspects dans un film qui n’en a pas besoin: il ne s’agit pas d’un whodunit puisque l’on sait que Ben Willis est le coupable. Alors que vient faire ce prêtre vaudou jeteur de sorts ou cette vieille dame dans le bus, qui espionne notre héros lorsqu’il prend quelques médicaments ? Ces rajouts inutiles, que le scénariste pensait probablement utiliser pour complexifier son intrigue, aident surtout à rallonger la durée de vie du film et donner l’impression qu’il n’y a pas que du vide à l’écran. Un résultat assez simple à obtenir via des séquences de remplissage. On a droit à tous les genres: du karaoké où Jennifer chante (mal) I Will Survive, manière à faire sa promo car l’actrice vend aussi des disques, aux révélations sur le passé de Ben Willis (il bossait justement sur cette île, y a assassiné sa femme et on apprend qu’il a un fils), Last Summer 2 va jusqu’à réemployer quelques vieilles ficelles comme la scène de la “main” de La Maison du Diable !

Ne rigolez pas, c’est toujours mieux qu’une référence appuyée par Kevin Williamson.

 

 

Avec tout ça le film atteint une durée conséquente d’1h40. Oui, la même que celle du premier opus. Quand je vous dis que Last Summer est un produit formaté ! Tout y est calculé, jusqu’à la révélation finale qui vous fera pleurer. Car cette fois Ben Willis n’opère pas seul et, copiant ses aînés Scream et Scream 2, forme un binôme avec Will Benson… Will Ben’s son ! Un twist éhonté qu’on aura grillé longtemps avant et qui reprend jusqu’à l’idée de la fausse blessure pour éviter les suspicions.
Inutile de tourner autour du pot, I Still Know What You Did Last Summer est mauvais, prévisible et bat probablement des records en matière de stupidité. Un film qui succède donc parfaitement à son aîné déjà complètement creux. Rien à ajouter.

 

 

Alors pourquoi osais-je dire que la suite était supérieur à l’original ? Tout au plus les deux se valent dans leur médiocrité et il n’y a semble t-il rien ici qui puisse élevé un tant soit peu le niveau… Mais bien heureusement, il y a le casting ! Oh je ne parle pas des premiers rôles, tout aussi transparents que le “prestigieux quatuor” de Last Summer – quoique les personnages paraissent un tantinet moins détestable que ces derniers, et donc moins pénible à suivre. Je parle des rôles mineurs, les protagonistes qui ne servent à rien mais permettent quelques apparitions surprises bienvenues. Ainsi croise-t-on rien de moins que Jack Black lui-même (avec des dreads) dans un rôle qui lui va à ravir, celui d’un fumeur de joints lourdingue. Bill Cobbs vient trainer sa carcasse dans un rôle “spirituel” totalement cliché et Mark Boone Jr. passe dire bonjour le temps de vendre un flingue.
Mais le meilleur reste la présence de Jeffrey Combs en tenancier d’hôtel blasé, dont le regard vide et l’agacement semblent appartenir à l’acteur lui-même. Honte au réalisateur pour le faire mourir hors-champ comme ça ! Enfin Muse Watson, qui reprend le rôle de Ben Willis, semble avoir fait un effort pour paraître menaçant. Doté d’une voix profonde et de cicatrices plus apparentes (dont un œil de verre qui, je crois, n’était pas là la dernière fois), il est cette fois beaucoup plus crédible en tueur en série et évite soigneusement de porter une casquette. Ses meurtres sont toujours aussi efficaces et bien filmés, avec cette fois une petite pointe de gore en plus. Bon point.

 

 

Le réalisateur semble également avoir comprit que l’attrait principal de ses actrices étaient leur physique, et passe son temps à les faire déambuler dans les tenues les plus sexy. Bikini, débardeur moulant, brassière de sport. Un véritable festival de formes féminines qui rend le film certes plus racoleur, mais au moins un peu moins… plat.

 

 

Les deux seules raisons de regarder I Still Know What You Did Last Summer.

 

Alors ce sont des détails minimes, certes, mais voilà toujours un petit plus auquel se raccrocher durant la vision de cette série qui repose sur du vent. D’où ma conclusion que ce Last Summer 2, aussi risible soit-il, vaut un peu mieux que son très fade original.

 

 

Et pour les plus masochistes d’entre-vous, il est possible de “prolonger” la torture en s’infligeant le vidéo-clip promotionnel How Do I Deal de Jennifer Love Hewitt. Un “tube” entendu au générique de fin et à la qualité musicale toute relative, mais pour ceux qui apprécieraient le physique de la belle…

 

 

 

GALERIE

 

 

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