2001 Maniacs: Field of Screams (2010)

 

2001 Maniacs: Field of Screams

(2010)

 

– Huck ?
– Buck ?
– Fuck.
– That’s what I am trying to do !

 

 

La suite de 2001 Maniacs, c’est toute une histoire pleine de rebondissements et d’émotions. En gros une histoire beaucoup plus intéressante que le film lui-même, et c’est pour ça que je vais me concentrer sur le développement tourmenté plutôt que sur le résultat lui-même. Car privé de ces origines amusantes, 2001 Maniacs: Field of Screams est tout simplement inutile. Ce n’est même pas moi qui le dit mais le réalisateur, dans le commentaire audio: “This movie had no point”.
Donc, comme nous l’avons vu précédemment, Tim Sullivan est en passe de faire du film de H.G. Lewis une nouvelle franchise horrifique visant avant tout un public de fans spécifique. Celui qui a grandit durant les années 80 et lecteur de Fangoria. Après son premier opus, il voit grand, s’associe à la compagnie Avatar Press afin d’étendre son univers en bandes-dessinées et recrute divers acteurs reconnus et appréciés afin de s’attirer les faveurs de l’audience tout en rendant hommage à l’univers dont il s’inspire. C’est ainsi que Robert Englund doit être rejoint par ses collègues Tony Todd (inoubliable Candyman et impeccable Ben, dans la deuxième Nuit des Morts-Vivants) et Bill Moseley (Chop Top dans Massacre à la Tronçonneuse 2, mais est-il vraiment nécessaire de présenter ces gars là en fait ?), ce qui permet au réalisateur de marcher dans les traces de Robert Kurtzman et de faire des 2001 Sudistes sanguinaires une sorte d’Expendables de l’Horreur. Pas de nouvelles de Kane Hodder mais, si celui-ci a pu faire une petite apparition la dernière fois, gageons que sa présence était évidente.

 

 

Le projet grandit sans cesse au point de devenir un peu improbable: croisant Sullivan au détour d’une convention, Paul Reubens le complimente sur son film et lui demande s’il y a une plus pour lui dans le prochain opus ! Imaginez donc une version Gore de Pee-Wee Herman, sa fameuse Playhouse revisité façon Saw mais en plus rustique et cartoonesque… Nouvelle maniaque également prévue, la sexy Amy “Crybaby” Baniecki, catcheuse de type Lucha bossant dans le circuit indépendant (Lucha VaVoom).
Et tandis que le réalisateur prépare de nouveaux deals en terme de merchandising (on parle de collectibles à venir chez Horror Idols et Clayguy.com, de nouveaux comics chez Avatar Press où les Maniaques s’attaqueront à Bin Laden), c’est Robert Englund qui apporte une nouvelle pierre à l’édifice lorsqu’il croise rien de moins que Dee Snider lors d’une émission ! Si l’argent manque pour embaucher le compositeur de Twisted Sister à plein temps, celui-ci accepte néanmoins de s’occuper du thème musical, laissant la performance à quelques jeunes débutants moins gourmands découvert durant le reality show, et trié sur le volet avec l’aide de Englund lui-même…
Le script gagne en ampleur également, Sullivan préparant tout un tas de nouveaux meurtres créatifs et délirants qui n’étaient pas vraiment possible à réaliser durant les années 60. Il entend les plaintes et corrige un petit oubli de la dernière fois, la fameuse scène du tonneau clouté qu’il intègre cette fois-ci dans son scénario.

 

 

De nombreux personnages sont rajoutés afin de développer un peu les milliers d’habitants de Pleasant Valley, les premières déclinaisons comics permettant même une présentation rapide avant l’heure. Ce sont Jim Crow (Tony Todd), esclave Haïtien adepte du vaudou et grâce à qui la population peut revenir d’entre les morts, Scarlet Red (Amy Baniecki), la propre fille du Maire Buckman, lequel a préservé son innocence avec une ceinture de chasteté castratrice, Doc Tickles (Bill Moseley), le médecin de la ville, faussement infantile mais qui a vite fait de remplacer la plume par l’épée. Il y a aussi China Rose, la blanchisseuse chinoise qui fait grandement référence à Fu Manchu avec ses bagues-armures meurtrières.
La BD promotionnelle 2001 Maniacs: Hornbook, qui fonctionnait comme une sorte de teaser pour la séquelle à venir, montrait également le personnage du croquemort Coffin Harry, joué par Sullivan lui-même et déjà vaguement visible dans le film précédent, faire partie de la bande et jouer le rôle du chauffeur qui conduit les Maniaques hors de leur ville afin de trouver de nouvelles proies sur les routes.
Bref, tout semble aller pour le mieux en théorie. Même le point de départ de la nouvelle intrigue se montre différente de ce que l’on a déjà vu, afin de renouveler le concept et ne pas donner l’impression d’assister à un remake de plus. Comme l’indique le sous-titre du film (2001 Maniacs: Beverly Hellbillys) l’indique, le jeu de massacre se déplace géographiquement afin de confronter les Sudistes à de nouveaux types de victimes.

 

 

L’idée – stupide ! – est que les agissements des fantômes étaient jusqu’ici couverts par un shérif local. Seulement la multiplication des disparitions (souvenons-nous que dans cette version, le festival sanglant a lieu tous les ans) fait s’interroger de plus hautes autorités. La route menant à Pleasant Valley est fermée et nos Maniaques se retrouvent sans le moindre visiteur ! Loin de se démonter, ces derniers décident alors de monter une expédition et de partir à la recherche de Nordistes par eux-mêmes: si tu ne vas pas au Sud, le Sud viendra à toi !
Si le scénario original n’a pas été entièrement révélé, le pitch était qu’une poignée de Sudistes s’entassaient alors dans un bus scolaire afin d’arpenter les routes, attirant les badauds en formant une sorte de cirque itinérant ayant pour thème la reconstitution de la Guerre de Sécession.
Chaque meurtrier se retrouve avec une attraction, une exposition ou un numéro piégé, les visiteurs et participants se faisant éliminer à l’abri des regards puisque cachés par des tentes. Un petit côté fête foraine de l’Horreur qui conviendrait tout à fait à H.G. Lewis (il y a un peu de ça dans son Uh-Oh ! Show) et qui n’aurait pas fait tâche dans la bibliographie de la collection Gore de chez Fleuve Noir.
Bien sûr un tel concept soulève quelques questions de logique et on pourra notamment se demander où les revenants Sudistes ont appris à conduire. Eux qui avaient déjà du mal à comprendre le langage moderne sauraient maintenant se débrouiller en mécanique tout en respectant le code de la route ?

 

 

Qui plus est la fête sanglante est censé rassembler tous les spectres: si une poignée d’entre eux part sur les routes, que font les autres pendant ce temps ? Retournent-ils dans leurs tombent pour attendre, ou se tournent-ils les pouces à Pleasant Valley ? Et s’il y avait, pendant ce temps, des arrivants, organiseraient-ils un second festival de leur propre chef ?
On peut aussi se demander l’utilité de celui-ci si n’importe quel Sudiste peut quitter la ville fantôme à sa guise, prendre une voiture pour se rendre n’importe où et tuer autant de monde qu’il le désir. Si les Maniaques n’ont pas à prendre en considération le temps et le lieu, pourquoi ne vont-ils pas tous à l’assaut d’une grande ville jusqu’à ce qu’ils aient abattu 2001 personnes pour lever la malédiction ? Après tout ce n’est pas comme s’ils risquent quoique ce soit puisqu’ils sont déjà morts !
En tête honnêteté ce genre de soucis est très secondaire si le résultat est fun. Un film divertissant vous fera facilement oublier ce genre de détail, ou n’en sera que plus amusant justement parce qu’il ne s’agit que d’une grosse farce. Le 2000 Maniacs ! original se perdait déjà dans quelques absurdités de ce genre (le héros qui assommait un fantôme pour prendre la fuite !) mais personne n’y fait vraiment attention. Seulement voilà ce nouvel opus est particulièrement mauvais sur absolument tous les plans, et si l’on ne peut se raccrocher à la qualité technique, à l’humour, aux personnages ou aux acteurs, l’absence de cohésion narrative ne va faire que rajouter de l’huile sur le feu…

 

 

Car oui, 2001 Maniacs: Field of Screams est nul, mal foutu, insoutenable. Torché en vitesse par son créateur qui semble n’en avoir absolument rien à foutre ! La chose fut tournée au caméscope numérique type DV, qui confère à l’ensemble les mêmes valeurs de production qu’un Camp Blood, et de nombreuses scènes ont clairement été improvisées en cours de tournage, lesquelles se trainent (le montage ne nous épargnant rien) et mettent les nerfs à rude épreuve tant l’amateurisme de l’ensemble fait peine à voir.
Alors que s’est-il passé ? Sullivan semblait passionné, préparant même une director’s cut du premier volet et ayant déclaré que même si la saga tombait au plus bas, dans les tréfonds du DTV, il serait quand même là pour diriger le navire. Et bien de deux choses l’une: ou bien il a menti sur ce dernier point, disant cela pour affirmer sa volonté de faire naitre la franchise sans pour autant le penser vraiment, ou bien il disait vrai mais sur le moment seulement, dans l’excitation de voir son projet grossir et attirer toujours plus de partenaires. La réalité le rattrapant, il a peut-être baissé les bras, frustré ou déprimé que son nouvel opus se soit totalement cassé la gueule avec le temps.
Le fait est que Sullivan n’a pas réussi à trouver le financement nécessaire. Ses compagnies de productions ont renoncée à poursuivre la série, et même le distributeur (Lions Gate, pourtant pas la dernière pour taper dans la merde en vidéo) est remplacé. Peut-être n’ont-ils pas cru au potentiel de la franchise, peut-être que les ventes du premier volet ne furent pas à la hauteur de leurs espérances, mais toujours est-il qu’avec la perte de l’argent et de quelques droits, Beverly Hellbillys est tout simplement annulé.

 

 

Dès lors la situation va très vite empirer. Lions Gate empêche le réalisateur de retoucher à son remake, et le nouveau montage 2001 Maniacs: Redux tombe à l’eau. Jamais d’autres numéros du comic-book ne seront publié, malgré le script déjà prêt, pas plus qu’il n’y aura de figurines ou de statuettes du Maire Buckman pour les collectionneurs.
A cette perte de produits dérivés s’ajoute une coupe de budget colossale qui va tout remettre en cause. Forcément, passer du petit budget confortable du premier opus (entre 1,5 et 3 millions de dollars selon les sources) à seulement 500 000 billets en tout est pour tout, ça change les priorités. Sullivan n’a plus rien et doit tellement sacrifier que l’on se demande presque si cela valait vraiment la peine de continuer: il n’a pas de quoi payer le salaire de ses invités, et ainsi disparait tout le beau monde prévu. Exit Tony Todd, Amy Baniecki, Paul Reubens, Kane Hodder et surtout Robert Englund ! Le visage de 2001 Maniacs s’évapore aussi vite que son chèque et le réalisateur ne manquera pas de le faire savoir: “It was more about the buck that the Buckman”, déclarera t-il dans une interview. Freddy Krueger, lui, expliquera s’être fait remplacé sans même le savoir, Sullivan ne l’ayant apparemment jamais contacté directement pour reprendre le rôle.
Pour pallier au manque c’est Bill Moseley qui lui succède, le seul de la bande a avoir véritablement signé (apparemment pour une simple apparition à l’origine). L’acteur abandonne alors le personnage qui avait été développé pour lui mais cela ne change pas grand chose puisqu’il se retrouve à faire ce qu’il a toujours fait: cabotiner.

 

 

Le manque d’argent change évidemment beaucoup d’autres choses, et entres autres c’est l’intrigue qui est pas mal révisée. Plus question de se délocaliser à Beverly Hills ou même dans une véritable ville, ni de mettre en scène des attractions meurtrières élaborées. Désormais les Maniaques se cachent dans un coin de forêt perdu, quelque part en Iowa, et piègent les environs pour que des routards se retrouvent coincés avec eux. En l’occurrence les membres d’une équipe de télé réalité, en partance pour Beverly Hills justement.
Les évènements vont suivre leur cours habituel mais on perd alors en dépaysement et en originalité, puisque tout ceci aurait pu se dérouler en périphérie de Pleasant Valley. Tout aussi ennuyant sont les réécritures concernant les personnages des Maniaques, qui deviennent maintenant tous interchangeables. Ainsi Buckman, autrefois raciste, n’a plus aucun scrupule à draguer une jolie Black. Même chose pour Granny Boone, matriarche importante qui a désormais le feu au cul et passe plus de temps à vouloir s’envoyer en l’air qu’autre chose. Harper, alors le dandy de la ville qui servait à charmer les belles, est recyclé et fusionné avec Doc Tickles, se retrouvant avec tous ses dialogues et ses manières sans que cela ne colle avec le personnage que l’on avait découvert dans le film précédent. Milk Maiden, la laitière adepte du Moonshine acide, devient pour l’occasion son assistante sous forme d’infirmière (pas que ça change grand chose la concernant).

 

 

China et Scarlet apparaissent comme deux lesbiennes nymphomanes, remplaçant les cousines incestueuses du premier opus au détriment de leurs propres personnages, et Jim Crow fait littéralement de la figuration, n’ayant que deux ou trois lignes et n’utilisant ses poupées que pour un seul plan vers la fin du film. Sans effets notables.
Seuls Rufus, Lester et Huck, les trois fils de Buckman et Boone, sont respectés et agissent comme il se doit. Autant dire que la dynamique entre les Maniaques s’en retrouve chamboulée et qu’il n’y a plus grand chose d’intéressant à exploiter de ce côté là. N’importe lequel d’entre eux pourrait effectuer n’importe quel meurtre, cela n’importe plus: il y a une perte totale de personnalité et donc d’intérêt.
Ce n’est pas tellement mieux du côté des victimes – car il n’y a pas d’autres façon de les désigner, ceux-ci n’étant pas défini comme de véritables protagonistes). S’ils vous paraissaient insupportables dans 2001 Maniacs, et pour cause puisque appartenant à cette génération de personnages volontairement bêtes et méchants créant un rejet immédiat, autant dire qu’ici vous risquez de couper le son aussitôt qu’ils ouvrent la bouche ! Ceux-ci sont des parodies d’êtres humains, au sens propre, et Sullivan les dépeints volontairement comme des abrutis congénitaux irrécupérables. Ainsi suivons-nous la petite troupe de Tina et Rome, deux blondasses richissimes et starlettes d’un show totalement idiot. Le gag est évident: il s’agit évidemment des deux pétasses Paris Hilton et Nicole Ritchie, à l’époque de leur émission The Simple Life. Voilà qui date horriblement le film, d’autant plus que la référence est déjà de 10 ans trop vieille…

 

 

En fait de parodie, Sullivan livre une décalque exact de ces personnalités de la télé réalité, l’équipe évoquant beaucoup les insupportables braillards d’un Jersey Shore ou des équivalents français type Marseillais, Ch’tits et j’en passe. Ils se détestent tous, ne pensent qu’au cul, sont paresseux, ont une intelligence si basse qu’on se demande comment ils ont pu atteindre un tel niveau de vie et leur langage se résume à une série d’insultes. Autant dire qu’on souhaite leur mort le plus tôt possible, et lorsqu’une bande de fantômes racistes et homicides parait paisible et aimable en comparaison, c’est qu’il y a un grave problème d’écriture quelque part.
Quand ils ne s’envoient pas en l’air en public tout en s’offusquant facilement d’un rien, la bande de Tina et Rome déambulent entre les tentes en attendant qu’il se passe quelque chose. Et lorsque certains d’entre eux manquent à l’appel, ou que le danger éclate, c’est un peu la même chose ! 2001 Maniacs montrait au moins l’unification face à l’adversité et les héros montaient des plans pour fuir Pleasant Valley. Ici rien de tout ça. Ça beugle, ça s’engueule et ça se sépare, mais tous trainent dans les parages sans chercher à se défendre, à se cacher ou à montrer la moindre émotion humaine.
Le film préfère insister très lourdement sur un “comique” de situation à base de blagues gays (la directrice lesbienne et limite macho qui effraye son entourage), racistes (le producteur est Juif, pingre, et porte des bouclettes de Rabbin, China Rose semble tirée d’un sketch de Michel Leeb) et sexuelles (Huck se balade à poil et fait peur à un ménage à quatre).

 

 

D’autres séquences “hilarantes” consistent à parodier le “Ki-ki-ki ma-ma-ma” de Vendredi 13 sans véritable raison, montrer Granny Boone accoucher d’un petit garçon Noir dans une séquence post-générique, au grand dam de Buckman son mari (le gag c’est la couleur de l’enfant ou le fait qu’un spectre puisse avoir un bébé ?) et à utiliser une peluche en guise de Chihuahua pour Tina et Rome, car le budget ne permettait pas au film d’avoir un vrai chien. On nous expliquera par la suite qu’il s’agit en fait d’un animal empaillé afin de justifier son immobilité mais ça ne change rien: Jezebel le mouton de compagnie censé être un revenant, en est une également !
Ça devient vite lourd, et il y a de quoi se poser quelques questions: quand Sullivan décrète que Field of Screams est fidèle à sa vision alors qu’il reproche l’humour du premier volet, parce qu’en partie écrit par d’autres personnes, on peut se demander si 2001 Maniacs ne serait pas un heureux accident…
Toutefois il apparait que ces pathétiques tentatives de nous faire rire ne sont qu’une façade destinée à détourner notre attention. Il faut comprendre qu’en-dehors de ces quelques blagues, il n’y a aucun rythme, aucune progression dans l’intrigue: tout n’est que remplissage et ceci afin de retarder l’inévitable: cette séquelle n’a PAS d’histoire ! Et ce n’est pas une façon de parler. Hormis l’introduction, le premier meurtre n’intervient qu’au bout d’une demi-heure, l’argument de l’émission de télé sert à garder les personnages en laisse jusqu’au final, et une séquence montre même Buckman endormie sur un canapé en attendant qu’il se passe quelque chose !

 

 

Le gros du film, le massacre des invités par les Sudistes, est en réalité précipité dans le dernier quart d’heure du film. Le reste n’est que vide absolu, avec juste deux ou trois crimes disséminés ici et là pour maintenir l’illusion d’une structure narrative. Qui plus est, certaines de ces mises à mort peuvent s’avérer décevantes puisque n’entrant pas toujours dans l’univers de 2000 Maniacs !: un type est embroché par une fourche, une victime se fait broyer dans un moteur de bus en marche, une autre se fait arracher le cœur à mains nues… Cela conviendrait à un Détour Mortel mais c’est peu festif et haut en couleur.
Alors heureusement il n’y a pas tromperie sur le gore et le réalisateur prouve encore une fois qu’il peut faire quelque chose dans la même veine que H.G. Lewis avec ses Maniaques. Le peu d’argent dont il aura disposé semble avoir été investi dans les effets spéciaux, et les scènes de Grand Guignol valent bien celles de l’opus précédent. Du moins dans l’ensemble. Le meilleur est celui de la demoiselle coupée en deux à l’aide d’une scie circulaire géante. Il s’agissait à l’origine de la scène réservée à Bill Moseley pour son Dr. Tickes, débutant plaisamment avec de la torture à base de chatouilles (diantre, cela ferait concurrence à mon Dr. Poulet) avant de partir en vrille.
La reprise de la scène du tonneau est également mémorable, le fût s’envolant cette fois à l’aide d’une rampe pour venir s’éclater sur une cible géante. La victime, empalées par les clous et les débris de bois, y reste scotché. Autre séquence cartoonesque à souhait, qui semble provenir du Uh-Oh ! Show de Lewis: une reconstitution de l’assassinat de Lincoln avec un bâton de dynamite en guise de cigare. L’explosion de tête est perfectible et très loin de celles de Scanners ou L’Amie Mortelle, mais reste amusante jusqu’au détail du haut-de-forme qui retombe sur le moignon sanglant.

 

 

Drôle également cette séquence où Lester utilise son homosexualité pour attirer un bellâtre, lequel se laisse séduire, avant de lui arracher le cœur au sens propre. Plus tard, le bourreau prépare le cadavre pour le banquet et son frère viendra lui reprocher son orientation sexuelle tout en dévorant négligemment le pénis du mort !
Hélas certains meurtres sont moins soignés que d’autres et l’exécution n’est pas toujours au point. La ceinture de chasteté de Scarlet fonctionne de manière incompréhensible: frottant son entrejambe contre le visage d’une victime, elle le lui arrache alors que des tubes en métal sortent de nulle part, découpant la peau on ne sait trop comment. Deux autres activités sanglantes sont clairement victime du manque de budget: l’une est une exécution sur la chaise électrique qui s’annonce impressionnante mais qui ne nous donne rien qu’une paire d’yeux explosés et une main vaguement fondante, l’autre est une pendaison activée par un lancé de balles façon fête foraine. Le concept est reprit sur le jeu du rocher de l’original, mais le rendu se fait inoffensif.
Reste quelques petites choses ici et là comme un banquet cannibale qui parodie la Cène, le dernier repas du Christ, et l’idée que les Sudistes vont utiliser le matériel vidéo de leurs victimes pour tourner une publicité de leur attraction et s’attirer un nombre infini de victimes potentielles (et tant pis si cela nécessite un système de diffusion, ou même la compréhension de l’équipement technologique). Chez les Maniaques, deux figurants jumeaux sortent un peu du lot, éphèbes musclés et torses nus en salopette, et le crâne qui sert de levier de vitesse pour le bus est cliché mais prête à sourire.

 

 

Mais pour ces quelques minutes de divertissement, il faut non seulement endurer les réécritures incohérentes et la vacuité de l’intrigue citées plus haut, mais aussi les résultats d’un tournage inepte. Les contre-jours sont constant, l’image étant constamment surexposée ou sous-exposée, la qualité sonore est en dents de scie avec de très mauvais raccord ADR (doublage en post-production) et le cadrage n’utilise que des plans serrés afin de cacher le manque de décors. Les Maniaques apparaissent beaucoup plus propres qu’autrefois, la faute à des costumes nickel, impeccablement repassés et très propres, et aux acteurs qui ont une apparence soignée. La subtilité de la dégradation progressive des revenants passe à la trappe et ils ressemblent instantanément à des zombies dans les dix dernières minutes, quant à l’œil manquant de Buckman, il n’est plus au bon endroit !
La présence de Bill Moseley amène également un petit changement dans l’introduction, qui reprenait des images du comic-boo. Puisque le Maire y était représenté sous les traits de Robert Englund, l’artiste a dû changer le visage au dernier moment et cela se voit sensiblement. Par décence, je passerai sous silence l’horrible générique d’ouverture, qui résume le voyage en bus à l’aide d’une animation Flash et de photos extrêmement pixelisées. Les angles utilisés lors des (trop) nombreuses scènes de sexe montrent immédiatement quels acteurs avaient ou n’avaient as de close de non-nudité dans leur contrat, et pour une raison que je n’explique pas, Tim Sullivan semble insister pour nous montrer l’accouplement de Bill Moseley et Lyn Shane alors que l’on frise la gérontophilie.

 

 

Bref. 2001 Maniacs: Field of Screams est une purge, un film pratiquement irregardable et qualitativement à l’opposé total de son prédécesseur. Il n’y a rien à en retenir si ce n’est peut-être la présence de Nivek Ogre dans le rôle de Harper / Dr. Tickles. Chanteur du groupe indus Skinny Puppy, celui-ci semble véritablement s’éclater dans son rôle de psychopathe et affiche une trogne assez intéressante, quelque part entre celle d’Alice Cooper et du gars qui jouait le génial Calypso dans le reboot de Twisted Metal sur PS3.
The South Will Rise Again” nous prévient un message à la fin du générique. Vu le niveau, heureusement que ce ne fut jamais le cas ! Car malgré son enthousiasme, Tim Sullivan se montre limite coupable de publicité mensongère, promettant monts et merveilles pour nous refourguer un vieille étron. Sa section “special thanks” est dédié à tous les Grands, comme pour une fois de plus lécher les pieds du lectorat de Fangoria: Uncle Forry, Coscarelli, Argento, Carpenter, Craven, Del Toro, Dante, Cronenberg, Mick Garris, sans parler des “copains” via les sites et la presse spécialisé (Fangoria, Chud.com, Rue Morgue, Shock Till You Drop)… C’est facile, manipulateur, et surtout j’aimerai préciser qu’à défaut de Englund, Hodder et Todd dans un des rôles, on se retrouve ici avec Ahmed Best. Qui ? Oh c’est simple: il a joué un certain Jar Jar Binks…

Et avec tout ça j’ai complètement oublié de vous parler de ce numéro musical surprise, où mémé Lin Shane vient parodier la célèbre scène de Flashdance. Beurk !
Comme le disait Robert Englund la dernière fois: “One time, I had full confidence in a fart. Shit all over myself…”, et cette fois c’est vrai !

 

 

 

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