I Bought a Vampire Motorcycle (1990)

 

I Bought a Vampire Motorcycle

(1990)

 

 

Un gang de bikers satanistes se préparent à invoquer le démon Ahriman pour vaincre un clan rival, les Road Toads, dont le gimmick est d’utiliser des armes médiévales. Pas de chance, leurs ennemis les retrouvent et les massacres jusqu’aux derniers. Mais le mauvais esprit a bien reçu le message et s’en va alors posséder l’un des engins de ses disciples, une jolie Norton Commando 850 qui devient du coup… une moto vampire ! Celle-ci échoue dans un garage d’occasions où elle est achetée par Nicky Oddy, dit Noddy (qui est le nom anglais de Oui-Oui pour ceux qui ne comprennent pas la blague), qui pense faire une belle affaire. Il commence à la retaper sans se rendre compte que le véhicule est hanté, ne fonctionnant que la nuit et au sang humain plutôt qu’au carburant. Et la créature va transformer sa vie en cauchemar, assassinant un ami à lui, jetant son dévolu sur sa petite copine et surtout cherchant à venger les satanistes en attaquant constamment la dangereuse bande de motards ennemie. La police commence à tourner autour de notre héros qui va du coup faire appel à un exorciste pour libérer sa bécane qui lui a quand même coûté un peu trop pour qu’il s’en débarrasse juste comme ça.

 

 

Cette comédie anglaise à certainement vu le jour suite à une blague lancée sur le plateau de tournage de Boon, série télé britannique très populaire où le protagoniste est une sorte de Lone Ranger moderne qui combat le crime en chevauchant sa moto. Une ode aux westerns redorant le blason des routards et présentant leur univers de façon positive. Réalisé entre les saisons 3 et 4 du show, I Bought a Vampire Motorcycle en recycle tant d’éléments, d’acteurs et de décors qu’il pourrait aussi bien en être un spin-off. Le scénariste, le compositeurs, deux des rôles principaux et plusieurs membres de l’équipe technique s’y retrouvent et les protagonistes des deux œuvres partagent la même maison. Certes le spectateur british qui aura connu Boon en son temps pourra avoir la sensation de regarder un téléfilm tant ces similarités peuvent amoindrir l’impact cinématographique du métrage, mais heureusement celui-ci se rattrape grandement en proposant un humour Monty Pythonesque, quelques fulgurances visuelles franchement réussies et des moments de folie de façon non-stop.

 

 

Il y a cet enterrement de biker en motos où le cercueil est trimballé dans un side-car, une bagarre de bar qui vire à l’affrontement médiéval lorsque les combattants se retrouvent dans une salle à thème sur le Moyen-Âge et le démon Ahriman qui vient faire coucou sous la forme d’un petit dessin animé tandis que l’exorciste conduit un chopper et utilise des crucifix-shuriken. Il y a le running gag du petit vieux qui passe son temps à se faire renverser dès qu’il traverse la route, ces flics qui aiment tabasser les suspects mais qui leur propose quand même une tasse de thé juste après, et ce voyou qui débarque à l’hôpital après avoir reçu une flèche dans le postérieur. “Sit down, please” lui dit l’infirmière peu regardante. Le script vient aussi lorgner du côté du Loup-Garou de Londres avec les cauchemars récurrent de Noddy qui voit revenir son copain assassiné sous la forme d’un étron qu’il vient d’évacuer. Le petit monstre saute alors de la cuvette pour entrer dans sa bouche dans une séquence parfaitement gratuite !

 

 

Mais bien sûr la vedette reste la moto-vampire et celle-ci est au cœur des meilleurs scènes. La caméra adopte son point de vue lorsqu’elle défile à toute vitesse dans les rues, à travers l’image déformée de son phare avant, elle joue les voyeuses en reluquant les fesses et la poitrine de l’héroïne, dévore un chien qui lui a pissé dessus et suis silencieusement une prostitué dans une allée sombre comme si elle se prenait pour Jack l’Éventreur. Les croix et la lumière du soleil la font évidemment fuir et toute une séquence vient parodier L’Exorciste dans un garage, où une bourrasque surnaturelle projette clés à molette et autres outils à la tête du curé. Celui-ci dérouille pas mal d’ailleurs, crucifié sur la porte avec des tournevis tandis qu’une bobine de fils de fer barbelés se pose sur sa tête façon couronne de lauriers. Car si l’heure est à la rigolade, cela n’empêche pas I Bought a Vampire Motorcycle de se montrer furieusement gore, accumulant les mutilations sans jamais rien se refuser ! Il faut voir à quoi ressemble l’appartement de la première victime, aux murs couvert de sang et de traces de pneu tandis que du cadavre, il n’en reste plus que la tête…

 

 

Au programme quelques grosses giclées de sang et démembrements, une pervenche se fait bouffer la main pour avoir collé une contravention à l’engin maléfique alors que la police aligne les têtes coupées sur le trottoir pour faire le compte. Ceux qui enfourche la bête sans sa permission se font trancher les doigts avec les freins qui se rabattent violemment sur la poignée, et des piques de métal émergent de la carrosserie pour les transpercer. Le véhicule peut même les projeter comme des flèches pour abattre ses proies tandis que des lames sortent de sa roue avant qu’il lui suffit de lever bien haut pour décapiter les motards de proximité. Du sang et des morceaux de viande giclent du pot d’échappement et l’engin escalade carrément la façade d’un hôpital pour mieux atteindre une victime qui s’y était réfugié ! Une aide-soignante, coincée entre la moto et son chariot, se retrouve coupée en deux, le haut de son corps s’affalant sur la nourriture qu’elle transportait tandis que le bas déverse ses tripes sur le sol. Il ne serait pas étonnant d’apprendre que le réalisateur livre ici un commentaire sur la violence au cinéma, alors bannie du pays avec force par cette connasse de Mary Whitehouse et la NVALA, évoquant d’ailleurs plus d’une fois les Video Nasties.

 

 

I Bought a Vampire Motorcycle ne se refuse rien. Pas même de jouer avec les codes du genre et de montrer son engin sous forme démoniaque avec ce guidon recourbé qui évoque les cornes d’un diablotin et ce phare brisé qui ressemble à des mâchoires et émet une lumière rouge sang. Hérissé de piques et grognant comme un animal, le monstre s’amuse même à imiter le requin des Dents de la Mer lorsque, jeté dans un canal, il n’existe plus que sous la forme d’une balise rouge visible sous les eaux qui suit le héros à la trace. La conclusion rend également hommage aux vieilles traditions puisque le vampire est tué par une lampe à rayon UV et va lentement liquéfier. Ajoutez à cela une bande-son rock du plus bel effet (mention spécial pour le theme song titré She Runs On Blood… She Don’t Run On Gasoline, plutôt catchy) et quelques guest stars inattendues (Anthony Daniels, le célèbre C3PO de Star Wars, dans le rôle du prêtre excentrique, et Burt Kwouk, alias Cato Fong dans les films de La Panthère Rose, en vendeur d’un fast-food chinois nommé le Fu King) et vous obtenez un véritable chef d’œuvre de la série B un rien satirique qui devrait fortement plaire à tous ceux qui aiment les publication 2000 AD.

 

 

 

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