Octopus 2: River of Fear (2001)

 

Octopus 2: River of Fear

(2001)

 

 

Si les productions Nu Image sont au mieux de petits nanars (Spiders, Octopus) ou au pire de gros navets (Shark Zone), Octopus 2, lui, relève du supplice cinématographique. Une histoire qui ne décolle jamais et où il ne se passe quasiment rien, consternant toujours un peu plus ses spectateurs jusqu’au point de non-retour, lors d’un final qui n’entretient plus aucun rapport avec le genre concerné (fantastique / science-fiction) pour se vautrer dans un conformisme bien pensant digne des plus mauvais films patriotiques américains (pléonasme).

 

 

Après un Octopus pas très original mais franchement sympathique malgré une absence totale de moyens, le pitch de cette séquelle pourrait laisser à prévoir le meilleur: cette fois ce n’est pas à un sous-marin ou à un yacht que s’attaquera la pieuvre géante du film, mais à New York elle-même puisque ayant élue domicile en plein dans l’East River ! Du gros n’importe quoi en perspective que l’on imaginait franchement hilarant. Hélas Octopus 2 ne retrouve jamais l’ambiance détendue du premier opus, décidant de jouer la carte du sérieux et non du second degré, et sombre sans cesse dans la médiocrité la plus absolue à tel point que l’on se demande s’il est possible de faire encore plus mauvais (et on vous rassure: oui, c’est possible).

 

 

L’histoire nous montre l’enquête de deux membres de la brigade portuaire de Manhattan sur un double meurtre. Un pauvre clochard leur affirme que le responsable n’est pas un humain mais un céphalopode géant, et ils ne le croient évidemment pas. Alors que le maire s’inquiète quant à la sécurité du port puisque la fête nationale arrive bientôt, la pieuvre continue ses méfaits. Après visionnage d’un documentaire animalier, l’un de nos agents fini par être persuadé que le sans-abri avait raison mais il se heurte à l’incompréhension de son entourage…

 

 

Octopus 2 ne possède aucun rapport avec le premier opus, le monstre marin excepté. Nous n’avons pas affaire ici à une créature mutante mais tout simplement à une bestiole des grands fonds comme on en a rarement vu. Comment a t-elle pu se glisser dans l’East River, me demandez-vous ? Pas d’explication véritable, mais notre héros suppose que sa présence pourrait être due à un ouragan récent qui aurait apporté beaucoup d’eau de la Nouvelle Écosse, emportant le poulpe avec lui. Explication vaseuse et tirée par les cheveux notamment quand le final, repompé sur Lake Placid, nous montre une seconde pieuvre présente dans les eaux.

 

 

Passé l’irréalisme de la situation dont on se tape un peu (on est venu voir une pieuvre bouffer du monde quand même), attardons-nous sur le reste du film. Le scénario est signé Danny Lerner (le responsable de l’horrible Shark Zone) avec la participation de Boaz Davidson (aussi réalisateur de films comme American Cyborg ou LunarCop) et Michael D. Weiss, deux autres scénaristes et producteurs de Nu Image, et ceux-ci montrent qu’ils connaissent leurs classiques, lorgnant sur Les Dents de la Mer (pour la fête nationale et son héros devant lutter seul un bon moment) et même sur sa suite (toute une scène où l’on retrouve une fille terrifiée, cachée dans un bateau à la dérive). Le script s’attarde sur d’interminables scènes de dialogues inutiles à l’intrigue et limite les attaques de la pieuvre au point que celles-ci interviennent presque comme un cheveu sur la soupe, tant elles ne sont là que pour rappeler la présence du poulpe géant au sein du film (voir la mort d’un garde dans les égouts, étranglé par un tentacule). Et puis subitement, on expédie la mise à mort du monstre, sans tension ni rien, pour embrayer sur un remake de Daylight, chien inclut ! Durant un quart d’heure nous sommes contraint d’assister au sauvetage de petits enfants venus du monde entier pour voir la fête nationale américaine (à noter au passage que tous ces enfants sont très turbulents sauf bien entendu l’Américaine du groupe, adorable petite handicapée en fauteuil roulant, toute mignonne, qui suscite la sympathie et que l’héroïne aide fièrement à planter son petit drapeau américain en un geste maternel). Une séquence des plus dispensables qui achève le spectateur et lui fait immédiatement regretter la vision du film, d’autant qu’on sent le manque de budget. Et que dire de ce protagoniste qui se réfugie à l’abri dans le bus alors que tout s’écroule dans le tunnel, non sans ordonner au chauffeur Noir d’aller chercher le chien d’une vieille bourgeoise resté dehors ?

 

 

Outre ce scénario ridicule qui se fout de son public, on trouve des acteurs un peu mieux employé que d’habitude (le sympathique Frederic Lehne, vu dans Amityville 4 et Men in Black, en faux héros, Paul Vincent O’Connor et Duncan Fraser, deux acteurs de séries, dans les rôles du chef de police et du maire, et l’habitué Velizar Binev en gérant d’un hôtel miteux), mais un héros toujours aussi fade comme très souvent chez Nu Image. On dispose aussi d’un grand nombre de stock-shots pour économiser un peu (pas mal de plans reprit à Octopus, dont la destruction de la bête qu’on nous ressert ici deux fois de suite !) et quelques explosions de maquettes repassées sous différents angles… Octopus 2 c’est aussi beaucoup de plans (stock-shots) d’épaves de navires au fond de l’eau, au point que l’on se demande si l’East River ne serait pas qu’un cimetière de bateaux, et des séquences du plus bel effet: des tentacules en caoutchouc très mal animés (ou passés à l’envers) quand les comédiens ne les agitent pas eux-mêmes en se débattant pour faire croire à une attaque, des CGI tout lisses dont les incrustations au film sont des plus ratées, et…

 

 

…une scène qui vaut quand même le coup d’œil. Alors que la fête nationale bat son plein, la pieuvre se prend pour King Kong et escalade la Statue de la Liberté pour en arracher la tête ! Malheureusement cette séquence se révèle n’être qu’un cauchemar de notre héros (Danny Lerner nous rejoue ce coup là dans Shark Zone), et les effets spéciaux bien ridicules (le personnage chutant dans le vide via un blue screen notamment) donnent à la scène un cachet nanar des plus appréciables. A noter par ailleurs dans les plans de la foule en panique, en bas à gauche de l’écran, ce petit garçon obèse qui regarde stupidement en direction de la caméra, visiblement peu au courant de ce qu’il est censé faire mais affichant un sourire niais. Un figurant mémorable au même titre que le type au pénis à l’air dans Teen Wolf.

 

 

Scénarisé par les grands noms de Nu Image et mis en scène par un professionnel (Yossi Wein, réalisateur de Cyborg Cop 1 et 2, d’Operation Delta Force et de Shark Attack 2), Octopus 2 est une œuvre affligeant atteignant tout juste les 90 minutes de rigueur et n’offrant même pas le minimum syndical. Un navet absolument pas conseillé donc. On peut dire que sur ce coup, Nu Image à fait très fort.

 

 

 

   

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